u/tournesol_947

Je me suis fait voler mon CO.

Hier, ma mère m'a out auprès de mon beau-père en pleine dispute assez musclée, qui n'avait rien à voir avec ma transidentité.

Petit contexte des 5 secondes précédentes : je lui disais qu'ils ne me respectaient pas, et là, elle a cru que je parlais seulement du mégenrage de sa part et non de TOUT le reste, en dehors de ma transidentité. Et elle a dit : « Ah bon ? Je te respecte pas ? Bah t'as qu'à lui dire que tu veux qu'on t'appelle il. Il est juste là ! »

Il était vraiment juste à côté de nous. Il m'a regardé avec incompréhension et du coup, je lui ai dit ça de la pire des manières, en lui disant que j'étais transgenre et que je voulais être un homme. Mais ce n'est pas du tout comme ça que je voulais le faire, et encore moins le dire de cette manière là, car ce n'est pas correct non plus à 100 %. En plus, mon beau-père est un macho lgbtqiaphobe.

Je pars dans ma chambre. Je ne pourrai pas vous dire sa réaction puisque j'ai dit qu'on en reparlerait plus tard, parce que là, ce n'était pas le sujet. Et suite à ça, ma mère est revenue me voir en disant qu'elle ne m'avait pas out, que je l'avais dit tout seul et qu'elle ignorait que je « voulais devenir » un homme.

MAIS C'EST DU PUTAIN DE FOUTAGE DE GUEULE, COMMENT ÇA ELLE SAVAIT PAS ??????????????????

Je lui ai littéralement fait mon CO en juin. Elle sait exactement pourquoi je voulais un binder. (D'ailleurs, elle ne s'est pas non plus gênée pour le raconter à ma sœur et à ma grand-mère en disant que je n'aimais pas ma poitrine. Je trouve ça très intime et je n'étais pas au courant ni d'accord avec ça, putain.) Mais je suis obligé de lui dire tout ça de façon douce, sinon elle se braque et joue la victime. Puis genre, elle m'a même poussé à le dire à mes psy , merde. Me prenant toujours au dépourvu.

(D'ailleurs, elle a dit que je ne pouvais pas « imposer » aux gens de me genrer au masculin.MAIS ÇA S'APPELLE DU RESPECT. BREF—)

J'ai fui et j'ai passé la nuit chez une amie. Elle m'a redéposé aujourd'hui chez moi. Ma mère est partie avec ma sœur sans mon beau-père, qui est resté à la maison. Je suis seul avec lui.

Il est très énervé et s'embrouille avec ma mère, ce qui est vraiment hyper rare. Ce n'est pas arrivé depuis un an. J'ignore totalement la raison, ni ce qu'il s'est passé.

Juste, je me chie dessus, quoi.

J'ai pas d'asso LGBTQIA+ près de chez moi et j'ai pas les moyens de m'y rendre. Je crois que je vais rester enfermé dans ma chambre. Je ne suis pas prêt à lui parler de ça, comme je n'étais pas prêt à le lui dire hier.

Je sais pas quoi penser..

reddit.com
u/tournesol_947 — 11 days ago

Est-ce que c'est un peu de la transphobie ?

Hey,

Je suis triste ce soir, et j'aimerais un peu me livrer. Il y a t-il des parents de personnes transgenre qui passent par la?

Ça fait maintenant une bonne semaine (ou plus, j'ai perdu la notion du temps) que j'ai demandé à ma mère de me genrer au masculin. Elle a d'abord dit « ok », mais elle ne m'a jamais genré correctement. Alors je lui ai redemandé. Elle avait presque l'air choquée.

« Il ? » a-t-elle répété, les yeux écarquillés.

Elle m'a expliqué qu'elle détestait les hommes et qu'elle ne pensait pas que je « souhaitais » me rapprocher de cette figure masculine. Elle m'a même dit qu'elle pensait que mon géniteur m'avait suffisamment traumatisé pour que je ne veuille jamais devenir un homme... Comme si j'avais choisi de ne pas être cis.

D'ailleurs, elle a peur qu'on pense que c'est de sa faute à elle , et qu'elle m'aurait montré une figure maternelle et féminine si mauvaise qu'elle m'en avait dégoûté.

(Comme si être transgenre était un mal. La conséquence de quelque chose de mauvais.)

Elle m'a dit qu'elle était d'accord pour me genrer au neutre, parce que, selon elle, elle avait toujours su que j'étais « non genré ». Un « iel », mais pas un « il ». Elle refuse que je fasse une torsoplastie ou que je prenne de la testostérone avant mes 24 ans minimum, afin d'être sûr de ne pas faire une « connerie ». Elle ne veut pas non plus entendre parler d'un changement de prénom pour l'instant.

Puis, il y a deux jours, elle m'a acheté deux jeans baggy dans mon « rayon préféré », selon ses mots, pour éviter de dire devant la famille : le rayon homme.

C'était une attention vraiment mignonne.

Elle est d'accord pour le binder, pour une nouvelle coupe de cheveux et pour les vêtements masculins. Mais, à côté de ça, elle me mégenre constamment, sans faire le moindre effort... Même quand je lui fais comprendre que ça m'a blessé, elle soupire simplement de fatigue.

Je crois qu'il y a quelques jours, j'ai fait une grosse crise de dysphorie. Et ce soir, c'était moins violent, mais ça m'a quand même fait pleurer.

Je n'ai pas arrêté d'être mégenré : par ma mère, à qui j'ai pourtant fait mon coming out, par mon beau-père et ma petite sœur, qui ignorent ma transidentité, puis par le serveur du restaurant qui m'a appelé « mademoiselle ».

Ils ne pouvaient pas savoir, mais ça m'a quand même blessé. Je me retenais de pleurer tout le long, mais ma petite sœur a l'œil et elle l'a remarqué.

J'ai dit que j'étais fatigué, mais je n'avais qu'une seule envie : leur dire. M'affirmer. Ne plus être mégenré. Je n'en pouvais plus...

Chaque mot était comme un coup de poignard qui me rappelait sans cesse que je n'étais pas un homme cis. Que je n'en avais pas l'apparence. Que je serais encore longtemps vu comme une « mademoiselle » ou une « sœur ».

Mais je ne pouvais rien dire. Ma mère souhaite l'annoncer elle-même à mon beau-père, quand elle sera prête. (Est-ce normal ?). Et surtout qu'elle ne voulait pas perturber ma petite sœur avec des choses d'adultes, qu'il fallait qu'elle garde son innocence.

Je comprends totalement que tout cela puisse être compliqué pour elle. Mais quand elle m'a parlé de « deuil », ça m'a blessé.Je ne suis pas mort.

Au contraire, j'ai l'impression de prendre vie.

Je comprends qu'elle ait besoin de temps pour s'adapter, pour se préparer elle-même à affronter tout ça, elle qui était si fière de n'avoir eu que des filles.

J'ai parfois l'impression qu'elle est à la fois très soutenante... et maladroitement transphobe.

Elle me parle comme si elle était plus renseignée que moi sur le sujet, alors que ce n'est pas le cas. Elle a encore beaucoup de préjugés.

Je lui ai envoyé plusieurs vidéos et des liens, pour qu'elle puisse les regarder quand elle se sentira prête.

Je me demande simplement... combien de temps cela prendra.

Je sais que j'ai de la chance qu'elle me soutienne et qu'elle ne me rejette pas.

Mais malgré ça, il y a beaucoup de choses qui me font mal.

Après tout, cela ne fait qu'une bonne semaine, un peu plus peut-être.

Je dois sûrement être plus patient.

Mais, en ce moment... je me sens mal.

Peut-être que je suis un peu trop dramatique mdr.

Merci d'avoir lu jusqu'au bout.

reddit.com
u/tournesol_947 — 3 months ago

Désolé c'est très long 🙏🏼🥹

Hey guys,

Je crois que je suis flippé. Non, en fait, je suis totalement flippé, mais aussi happy. C'est si weird.

J'ai peur de je ne sais pas quoi... Bon, oui, j'ai énormément de mal à exprimer avec des mots ce que je ressens, et même à l'identifier. C'est tellement abstrait. Comment décrit-on des sensations physiques qui portent des couleurs, des vibrations et des images abstraites, hein ?

Mais voilà, pour faire bref, je suis transmasc agender. Enfin... je crois. Et si, avant, j'avais extrêmement peur de me questionner là-dessus parce que je redoutais de découvrir quelque chose, ces derniers mois, je ne fais que ça : me questionner, essayer de comprendre. Beaucoup de peur aussi, mais plus j'avance, plus ça m'ouvre d'autres voies que je ne pensais pas franchir.

Tout d'abord, il y a les pronoms. Je pensais que ça ne me dérangerait pas qu'on continue de dire « elle » quand on parle de moi. Mais depuis que j'ai rejoint un serveur trans et qu'on me genre au masculin, et que moi-même je me genre au masculin à l'écrit, entendre les gens me genrer au féminin ou me décrire comme une « fille », ça me fait tout drôle. Je ne sais pas... mais je pense que ça m'agace ? Une sensation d'injustice ? Je ne suis pas d'accord. Je crois que ça me fait sentir un peu mal.

Mais avant, ce n'était pas le cas, avant que je me pose toutes ces questions. Même si, lorsqu'on me genrait au féminin, je me demandais toujours : « Pourquoi ? Pourquoi "elle" et pas "il" ? Comment ils savent ? » Puis j'ai chassé ces pensées « idiotes », parce que j'étais une fille cis et que ça se voyait, et je me disais que j'avais juste un esprit de contradiction.

Quand on a commencé à me genrer au masculin, il y a quelques semaines, par des inconnus, eh bien... ça m'a rendu euphorique ? Tu sais, ce truc léger qui te donne envie de pousser un petit cri de joie ou d'excitation ? Et me genrer moi-même au masculin à l'écrit, c'était beaucoup plus simple que d'habitude. Avant, j'avais toujours un temps de réflexion, ce n'était pas naturel. Et dans ma tête, je n'ai également aucun mal à me genrer au masculin. Genre, c'est naturel. Avant, il y avait toujours un écho dans les mots genrés au féminin que je prononçais mentalement. Et là, je ne sais pas... mais ça me rend happy.

À l'oral, j'avais peur de le faire une fois que j'ai conscientisé la chose. Il faut savoir que je ne me suis jamais genré correctement de base : je me mélange toujours les pinceaux avec les pronoms. Donc, à l'oral, me genrer au masculin, ça me faisait peur. Mais une peur par rapport à la réaction de mon interlocuteur. Peur des réactions et de l'invalidation.

J'ai demandé à ma meilleure amie de me genrer au masculin. Elle a accepté direct (ça m'a fait méga plaisir), puis on s'est appelés, et j'étais euphorique. J'avais même envie de dire des mots juste pour pouvoir me genrer au masculin.

Alors, j'ai décidé d'en parler à ma mère, elle qui avait eu une très bonne réaction lors de mon coming out agender. Je lui ai demandé de me genrer au masculin. Elle m'a répondu « ok », avec un regard mi-incrédule, mi-choqué, mais aussi amusé. Mais elle ne m'a pas genré une seule fois correctement depuis. TvT (elle a sûrement besoin de temps)

Je me demande si elle a déjà oublié nos conversations. Ou bien si elle ne s'en rend pas compte. Elle a peut-être peur de le faire devant mon beau-père et ma petite sœur ? Ou bien elle ne prend pas ça au sérieux ?

Je me souviens que, lors de mon coming out, elle avait comparé mon vécu au sien en disant qu'elle aussi ne se sentait « rien » , quelle s'en fichait avant, parce qu'elle ne portait pas de robes, mais qu'une fois adulte, elle avait CHOISI d'être une femme. Grand bonheur à elle si ça résonne en elle et qu'elle se sent bien d'être une femme. Mais... maman, ce n'est pas pareil...

Elle m'avait dit oui pour un binder lorsque, le soir de mon coming out, on a beaucoup parlé et que je lui ai expliqué pourquoi j'avais autant de problèmes avec les vêtements qu'elle m'achetait et que j'étais mal à l'aise avec mon corps (je n'ai pas parlé de dysphorie, car je ne sais pas si il faut se faire diag).

Mais je n'ai rien pour prendre mes mesures... et elle ne m'aide pas vraiment... Pas de coup de pouce, elle attend. Et j'ai besoin d'être guidé, accompagné. J'aimerais également me couper les cheveux, faire la coupe dont je rêve depuis environ trois ou quatres ans. Elle n'a pas dit non, au contraire, elle m'encourage à le faire, mais ne m'aide à faire aucune démarche. Le coiffeur se trouve à plus de cinq minutes de chez moi, ça demande un peu de temps et de disponibilité... Donc il faut que les astres soient alignés pour qu'elle ait la motivation ou le courage mental de m'accompagner.

D'ailleurs, un truc qui me chiffonne beaucoup, c'est mon apparence. (Je ne sais pas si je peux parler de dysphorie, peut-être que j'expliquerai ça plus en détail après.)

C'est la canicule, et genre je refuse de lâcher mon jean baggy, car c'est le seul bas qui ne me donne pas envie de crever et qui me donne une apparence un peu plus masculine.

Alors, quand elle a insisté ces derniers jours pour que je porte des shorts ou des ROBES (après mon coming out, en plus), je me suis senti tellement incompris. J'avais enfin trouvé le courage de lui en parler la dernière fois, sans rentrer dans les détails... mais on dirait qu'elle a oublié.

Donc je lui ai dit que je ne pouvais mentalement pas mettre ça, et elle a commencé à ramener ça à de « simples » complexes.« Ce ne sont que des jambes. » « D'habitude, c'est toi qui me dis qu'on s'en fout du regard des autres. » YES MOM. BUT LÀ, CE N'EST PAS ÇA LE PROBLÈME.

Ce ne sont pas que des jambes, ni le regard des autres. C'est ma propre putain de perception de moi-même. I can't.

Pour ma santé mentale, non. Je ne porterai pas ça. Ce n'est pas un putain de caprice, je ne reste pas en pantalon sous 37 degrés parce que ça me fait plaisir ! C'est parce qu'un short ou une robe me mettrait extrêmement mal.

Je repense à toutes ces fois où j'ai fini en pleurs dans ma chambre à me frapper parce que je me dégoûtais tellement dans ce corps... dans ces vêtements féminins. La honte de sortir habillé comme ça, l'envie profonde de disparaître. Alors non, je ne veux plus revivre ça avec cette intensité-là.

Déjà que c'est dur en ce moment... Ma poitrine, même ma voix commencent à me rendre fou depuis que je commence à me genrer au masculin. Je me sens bloqué dans ce corps qui n'est pas moi. Je ne me reconnais pas dedans et je ne supporte pas sa vue. Et c'est depuis toujours.

Je ne vais même pas parler du mal que j'ai avec le fait de prendre des douches. Me retrouver face à ce corps, bloqué, sans vêtements... pitié, je me sens si mal. Rien que d'y repenser, je pleure.

J'ai mis en place des techniques qui prennent ÉNORMÉMENT de temps, comme me laver toutes les parties du corps une par une et séparément en me cachant sous une serviette ou des vêtements. Au moins, je me lave encore...

Et puis je ne parle même pas des règles. L'enfer.

Dans ma tête, ça ne m'a jamais été destiné, donc je découvre avec horreur que je suis dans cette période à chaque fois. Et puis le pire, c'est qu'après, je retombe dans un déni où je me dis que je ne les aurai plus jamais. Je suis con ou quoi ?

Mais putain... qu'est-ce que ça me rend heureux de me genrer au masculin. Hier, je me suis attaché les cheveux et je me suis déplacé dans un magasin en me disant que je n'étais pas une fille. Et c'était libérateur, car je me sens toujours si mal à l'aise avec moi-même : comme des vibrations en décharges électriques instables et orange rouge foncé.

Mais j'ai aussi réalisé que j'étais jaloux des autres hommes, de leurs corps. « C'est injuste », je me suis dit.

Et depuis hier, depuis que j'ai concrétisé tout ça (les pronoms, la transmasculinité...) eh bien, la question du prénom m'est venue. Parce que ça sonnait bizarre. Encore cette vibration, un peu plus discrète. Un rose pastel mélangé à un bleu-gris qui sonne comme les trois cordes aiguës de ma guitare désaccordées.

Donc, est-ce que ça me ferait du bien de changer de prénom ?

Je vais être honnête : mon propre prénom m'a toujours semblé inconnu. Vous voyez lorsque vous êtes au travail et qu'on vous bip pour vous appeler ? Eh bien, il me fait cet effet-là et résonne dans ma tête en écho, comme une question. Comme si j'essayais de l'associer à moi ou bien de le comprendre.

En fait, parfois, c'est comme si je ne l'entendais pas. Je n'ai pas vraiment l'impression que c'est le mien, c'est trop bizarre à expliquer. Je l'aime bien, je le trouve joli et plutôt rare. Mais maintenant que j'ai réalisé tout ça, il ne sonne pas juste. Et je m'en rends compte.

Est-ce un signe que je dois me pencher sur la question ? Essayer de chercher d'autres noms ? Ou bien tout ça va trop vite et je m'emballe pour un rien ?

Car oui, même si j'ai mis dix-sept ans avant d'avoir le courage de réellement me questionner et d'ouvrir les yeux, j'ai l'impression que ça va très vite ces derniers mois. Ou plutôt, ces derniers jours, ça devient très fluide, comme dans un courant d'eau rapide, sans obstacle.

Est-ce que j'approche de quelque chose de vrai ? Est-ce que je me trompe ? Est-ce que l'anxiété va me rattraper et que, d'un coup, je vais réellement flipper et rejeter tout ça ? Même si, pour l'anxiété, elle ne m'a étonnamment pas frappé comme ça alors que ça fait plusieurs mois que j'avance dans mes questions.

Bref, je ne sais encore une fois pas ce que j'attends en écrivant tout ça. Il n'y a pas de question précise... Je cherche peut-être juste des personnes qui peuvent un peu éclairer ma lanterne, valider ce que je ressens ou bien me dire que je suis dans le faux. Peut-être aussi lire vos expériences personnelles vis à vis du changement de prénom ou autre.. je suis preneur de tout !

Merci de m'avoir lu ! <3

reddit.com
u/tournesol_947 — 4 months ago

Besoin de comprendre ce qui ne va pas..(désolé pour la longueur)

Bonjour, excusez-moi de vous déranger membres de cette communauté, mais j'aurais peut-être besoin d'aide ou juste de trouver des personnes qui comprennent ce que je ressens… Je suis complètement perdu et je flippe.

Je ne sais pas si je suis une personne transgenre ou juste difficile mdr. Ou bien lié à l'autisme (avec les textures que je ne supporte pas et si ça me serre ou non) ?

Tout d'abord, je tiens à préciser que je me fiche d'être genré au masculin ou au féminin, voire au neutre, et que moi-même, je parle de moi avec les 3. (Même si ça m'a toujours fait un mini malaise quand les adultes me genraient automatiquement au féminin sur des papiers, je me disais toujours « pourquoi pas "il" ? » « Comment ils savent ? » Ça m'agaçait un peu jusqu'à ce que je me souvienne que je suis une fille assigné de naissance. )

Pour vous mettre un peu en contexte, j'ai récemment accepté d'enfin me poser des questions sur mon genre (chose que j'avais très peur d'explorer plus jeune par peur de découvrir que je ne suis pas cisgenre), et j'ai compris que je me reconnaissais plus dans le terme « agenre » que femme ou homme. Je n'en parle pas à ma famille, car je sais qu'ils ne vont pas forcément comprendre sans forcément être méchants, mais j'ai peur des réactions négatives.

Le problème, c'est que je me sens hyper mal dans mon corps et je ne sais pas si c'est lié à ça. Depuis que je suis enfant, je me suis toujours senti très mal dans mes vêtements : envie de vomir, dégoût de moi-même extrême, pleurs, envie de disparaître et parfois même, je me frappais. Mais je n'avais pas d'autres choix que de porter ces vêtements-là. Je n'osais pas dire à ma mère ni même à quiconque que ces vêtements me faisaient sentir mal. Et ça a toujours été comme ça. Toujours du dégoût de moi-même à longueur de journée, de la honte, du mal-être constant.

Donc, au début, je pensais que c'était lié à mon poids, mais avec du recul et une année à flirter de près avec les TCA, il n'y a aucun problème de ce côté-là. Je m'étais donc dit que si je m'habillais comme les filles de mon âge, plus "fémininement", je serais peut-être aussi heureuse qu'elles.

Spoiler alerte : c'était le pire choix que j'ai pu faire. Je me dégoûtais x 100, j'étais obsédé par mon image, je ne comprenais pas ce qui clochait. Pourquoi ça me faisait sentir mal ? Pourquoi j'avais l'impression de faire tâche au milieu des autres filles ? Pourquoi j'arrivais pas à me sentir bien? Ça me flinguait le moral et j'avais si honte et tant de dégoût de moi-même que j'évitais les événements sociaux, faire du sport, aller à la piscine (quelle horreur.) etc, etc... Le fait que je ne m'habillais pas aussi fémininement que ma mère le souhaitait ni aussi "bien" (Car oui, j'avais des combos qui ne suivaient pas ensemble, car c'étaient les seuls dans lesquels je n'avais pas envie de me faire du mal. C'était effectivement très laid, mais je préférerais sortir avec ça qu'avec des vêtements féminins.) provoquait souvent des disputes. Je m'isolais très clairement et je ne voulais ni me voir, ni être vu.

Puis par une bénédiction du ciel, ma mère a ENFIN dépassé sa propre peur du jugement et m'a acheté mes premiers vêtements dans le rayon masculin, car elle était désespérée par le fait que je déteste tout. Et là… WOAH. INCROYABLE. Un pantalon baggy HYPER confortable, le seul pantalon dans lequel je n'ai pas envie de pleurer dès que je croise un miroir. Au contraire, j'étais toute contente et je me sentais bien. Vraiment. Quand j'ai piqué les t-shirts de mon beau-père et j'ai compris que plus jamais je ne porterai de vêtements féminins. Je me sens plus moi dans ces vêtements et je n'ai plus l'impression d'étouffer. Je ne lâche plus le pantalon, je ne mets rien d'autre et les jours où il est à laver, je ne vous dis pas à quel point je me sens mal. J'ai aussi encore un peu de mal avec les t-shirts, je fais toujours une fixette dessus et je ne sais. pas pourquoi, mais là, je me demande si ce n'est pas par rapport à ma poitrine. Et plus je me pose la question, plus j'ai l'impression que c'est le cas.

Hormis les vêtements, ma relation avec mon propre corps est aussi complexe, car je suis tellement gêné dedans. Très pudique avec moi-même, extrêmement mal à l'aise aussi. Ça peut vous sembler dégueulasse et cracra, mais le fait est que prendre de vraies douches est un calvaire. Un événement que je redoute et que je repousse de plus en plus. Je ne peux pas. Ce que j'ai entre les jambes me gêne énormément, et même ma poitrine me met si inconfortable. Impossible de croiser un miroir sans vêtements (et encore). Pour me laver au quotidien, je dois employer des techniques ancestrales sorties tout droit du Turfu XD. Et la condition est que personne ne soit au même étage que moi, je ne sais pas pourquoi. Peut-être que je me sens tellement insecure que je ne veux pas prendre le risque d'être vue par qui que ce soit (ne parlons même pas du vestiaire après le sport).

Je ressens la même gêne et dégoût de moi-même lorsqu'on me prend dans les bras ou même quand ma petite sœur me fait un câlin en me serrant par la taille. Lorsque je fais du sport, même en solo, le seul truc qui me fait sentir ok, c'est le gainage en planche lol. Bref, il y a toutes sortes de situations qui me ramènent cet "inconfort" d'un coup. En pleine face et bim dans les dents ! Ça détruit le reste de ma journée.

Aujourd'hui, on a été au magasin pour acheter des shorts et malgré le fait que ce soit le rayon homme, je me suis senti mal. Mes hanches m'embêtent. Je vais encore finir en pantalon cet été. (À une époque, lorsque j'étais en 6e, j'aimais tellement pas mon corps que je suis restée en habits hivernaux.)Je n'en ai parlé à personne, même pas avec mon amie la plus proche, qui, je sais, ne me jugera pas du tout, car elle est elle-même concernée par la transidentité.

Mais je ne sais pas… Je n'arrive pas à verbaliser ça à l'oral. Comme tout ce qui concerne mon corps, ça me gêne terriblement. J'ai honte. J'aimerais bien tester un binder pour voir si ça me ferait me sentir mieux, mais je dois passer par la case "maman" obligatoirement, car je n'ai pas d'autres moyens. Et je ne me sens pas capable de lui en parler, je crains le jugement ou le fait qu'elle dise que ce n'est qu'une phase, ou bien qu'elle s'emballe. Ou encore qu'elle me pose un tas de questions, ou bien qu'elle se moque en disant que je n'en ai pas besoin (petite poitrine sur nous). Je sais qu'elle est ouverte d'esprit et d'ailleurs, elle a hyper bien réagi lorsque j'ai fait mon coming out bi, mais j'ai peur. Je ne me sens déjà pas à l'aise avec moi-même, alors demander de l'aide à quelqu'un irl… Pfiou…

Ce que je demande où cherche à savoir est peut-être flou pour vous mais ça l'est aussi pour moi mdr, désolé.

Alors c'est pour cela que je m'adresse à vous. Dans l'espoir de trouver des personnes qui se reconnaissent, partagent mon ressenti et qui puissent peut-être éclairer ma lanterne ? (SVP). En tout cas, ça m'a fait énormément de bien d'écrire tout ça, merci de m'avoir lu ! <3

reddit.com
u/tournesol_947 — 5 months ago