
Le communiqué mensonger de la Convergence Infirmière à l'encontre des pharmaciens : quelle honte
Je viens de lire le communiqué de la Convergence infirmière et je suis outré.
Il commence par « Les petits arrangements entre amis, ça suffit ! », comme si le gouvernement nous offrait des passe-droits, comme si nous étions les petits copains de l’État. Nous avons vécu, il y a à peine un an, une grève historique pour sauver nos remises génériques auprès des laboratoires.
S’ensuit un dénigrement sans précédent, sur notre cursus universitaire. Les pharmaciens ne seraient pas passés par la faculté de médecine (en effet, nous sommes passés par la faculté de pharmacie, sur concours, où nous avons obtenu un diplôme d'Etat de docteur en pharmacie après 6 ans d'étude et une thèse), n'auraient jamais appris la clinique (nous avons des matières dédiées à la faculté) et n'auraient jamais été à l’hôpital (notre externat à l’hôpital dure un an).
Vient ensuite la question de la "vente". Passons sur la ligne ridicule qui insulte les pharmaciens de vendeurs. Il est question de "faire des pansements" à partir de matériel que nous "vendrions". Nous serions donc de méchants "vendeurs" qui factureraient des pansements chers au patient, non adaptés à la situation clinique.
On comprend que le communiqué fait référence aux protocoles OSYS qui permettent au pharmacien de faire des pansements simples.
Cependant, contrairement à ce que prétend la Convergence Infirmière, le produit (le pansement) n’est pas facturé : c’est l’acte qui l’est. Le pansement (le produit) est donc gratuitement dispensé au patient. L’évaluation de la situation clinique d’une plaie est évidemment enseignée pendant le (long) cursus universitaire obligatoirement suivi par le pharmacien. Cet enseignement est rattrapé, pour les professionnels ayant quitté les bancs de la faculté il y a longtemps, par la formation continue obligatoire.
Le coup de grâce : les pharmaciens confieraient des actes médicaux à des "assistants" qui ne seraient pas des "professionnels de santé". Mais qui sont ces assistants ?
Elle parle des pharmaciens assistants, docteurs en pharmacie au même titre que les titulaires ?
Elle parle des préparateurs en pharmacie ? Titulaires d’un bac+2/+3, soit autant d’années d’études qu’un infirmier ?
Les préparateurs sont, au même titre que les pharmaciens, des professionnels de santé selon le Code de la santé publique. Depuis plusieurs années, les préparateurs ont droit à un RPPS. Personne d’autre n’a le droit de seconder un pharmacien dans les actes médicaux ou pharmaceutiques. Il s'agit d'un mensonge ayant vocation à effrayer les lecteurs de ce communiqué qui ne connaitraient pas le secteur de la pharmacie.
La plupart des pharmacies réalisent les actes cliniques en toute confidentialité, dans des locaux adaptés qui leur ont coûté cher. Les pharmaciens titulaires se tiennent au courant et financent la formation continue de l’ensemble de leurs collaborateurs pour s’adapter aux nouvelles missions.
En aucun cas, la mise en place de toutes ces missions cliniques est non sécuritaire pour les patients.
Quelle honte de mentir ainsi au public. Qu’espèrent-ils ? Que les patients se disent que le personnel en pharmacie n’est pas qualifié ? Sans diplôme ? Qu’il n’y a aucune réglementation qui encadre les actes pratiqués ?
C'est quoi le but ? Faire peur ? Détériorer la santé publique ?
J'ai honte pour eux, j'ai honte pour les IDEL qui se sentent représentés par ce syndicat, sincèrement.
Nos syndicats ont répondu, l'Ordre a porté plainte, nous attendons la suite.