Les évènements metal (festivals, concerts) sont-ils plus concernés par les VSS que les autres milieux de la fête ?
Je (F23) vais souvent en festival et concert depuis que j’ai 13 ans. Depuis quelques temps (peut-être depuis l’affaire de v*ol au Hellfest 2019 ?) j’entends de plus en plus dire que le metal est un milieu particulièrement hostile envers les femmes en comparaison aux autres milieux de la fête : prédateurs pédo (gros nounours^^), sexisme ("name 3 songs"), les festivals comme nids à violences se*uelles. Je vois cette idée comme surtout partagée sur les réseaux dans des sphères militantes et par mes amis, étudiants plus ou moins engagés, mais qui ne fréquentent pas le milieu metal.
D’un autre côté, j’ai fait pas mal de festivals, dont quelques généralistes (i.e., le Mainsquare, Arras), voilà *mon* expérience (car un témoignage ne vaut jamais pour preuve) : j’ai été agressée et harcelée dans les deux (metal et généraliste), mais de manière quasi systématique dans les festivals généralistes (surtout étant ado), et bien plus rarement dans les festivals de metal, où j’étais de toute façon rapidement défendue et protégée par les personnes témoins (là où j’étais beaucoup plus livrée à moi-même dans les festivals généralistes, du moins de mon ressenti).
Cet écart entre mon expérience et la représentation des fests metal comme dangereux pour les femmes m'amène à me poser plusieurs questions :
Est-ce que les personnes qui relaient cette idée pensent avant tout au Hellfest (orga qui a montré son mépris pour la question des VSS à plusieurs reprises) et généralisent aux autres festivals ? Est-ce que je suis particulièrement "chanceuse" de ne pas avoir été plus emmerdée que ça en fest metal, et mon expérience n’est pas représentative de celle des autres femmes ? Est-ce que l'association metal-VSS est spécifique à la France, ou on la retrouve dans les autres pays ? Est-ce que je me voile la face parce que je suis prise dans un conflit de loyauté, entre mon féminisme et une envie inavouée de défendre le metal que j’ai souvent ressenti comme plus safe que les autres milieux de la fête ?
Concernant la question des gros nounours, j’ai été active sur feu l’appli Amino qui regroupait les utilisateurs pas commu, et j’étais quotidiennement abordée par des pédo dans la commu metal de l’appli, mais reste à savoir si ça aurait été moins le cas dans les autres commus.
Dans la mesure où il n’existe pas de données scientifiques ou d'enquêtes robustes sur le sujet (j’ai cherché), je crois qu’il va falloir se contenter du ressenti des un.e.s et des autres.
Cela va sans dire, mais je crois fermement les personnes qui témoignent de violences et mon objectif ici n’est certainement pas de dire quelque chose comme : "Il n’y a pas plus sympas que les metalleux, et les personnes qui racontent des expériences de violences le font pour nuire à la communauté" ou que sais-je.
Vous comprendrez que je m’adresse surtout aux femmes qui évoluent également dans le milieu, ou aux personnes qui connaissent plusieurs milieux différents du monde de la fête et qui peuvent comparer. Les commentaires type : "C’est la chouinerie de la nouvelle génération" ou "Les féministes ne savent plus à quoi s’attaquer" ne m’intéressent pas.
J’aurais aimé posté ça dans un sub plus spécifique (genre un sub spécial metal en France), je suis ouverte aux suggestions.
EDIT :
J'ajoute que pendant longtemps, avant que le sujet des VSS en festival metal commence à faire débat, je m’expliquais à moi-même mon sentiment de sécurité dans le metal par le fait que les festivaliers y venaient avant tout pour la musique, et donc qu’on retrouvait statistiquement moins de mecs qui se retrouvaient là "par hasard" ou dans l’idée d’aller frotter des petites jeunes comme ce dont j’avais l’impression dans les fests généralistes. Je croyais aussi en une sorte de système implicite de vigilance et de protection des festivaliers entre eux, par solidarité (solidarité renforcée par le fait que fut un temps les hardos étaient souvent victimes de discriminations, alors en se retrouvant dans un espace communautaire il y avait peut-être cette démarche de "entre nous on se comprend, alors on prend soin les uns des autres"). En tant que jeune fille j’avais sincèrement le sentiment d’être très bien accueillie et protégée s’il le fallait. Cela n’invalide évidemment pas les expériences différentes !!!
Je précise aussi que je considère le Hellfest comme non représentatif de ce qu’est un festival metal, dans la mesure où d’année en année la population metal le déserte tandis qu’il est de plus en plus fréquenté par des personnes extérieures à cette culture. Mais c’est un autre débat et je comprendrais que beaucoup ne soient pas d’accord ou ne partagent pas ce ressenti.