u/Beautiful_Contest611

Je suis sortie confuse et désorganisée du cabinet de mon thérapeute

Bonjour,

J'ai vécu beaucoup de violences psychologiques dans ma famille et du harcèlement scolaire (dont un épisode avec des menaces de mort, lynchage et brûlure de ma capuche au briquet).

Mes ressentis étaient toujours moqués ou remis en question, ou on m'engueulait. J'étais perçue comme étant un problème depuis ma naissance. Mes besoins de réassurance (sous forme de questions) étaient perçus comme du harcèlement.

Le pédopsy que je voyais à l'époque m'a considéré délirante (car je m'étais créé un monde imaginaire pour survivre psychiquement, tout en sachant que ce n'était pas réel, il y avait une certaine dimension dissociative) et il disait que c'était de ma faute si j'étais malmenée et que c'était les conséquences de ma "maladie", que c'était à moi de trouver la solution pour apaiser ma famille (je précise qu'aucun fait concret (je n'étais pas violente) ne m'était attribué qui justifiait que l'on me traitait ainsi).

Ce diagnostic de "délire" a été invalidé par la suite, j'ai été reconnu comme autiste et j'ai été indemnisé à l'amiable près de 18000 € pour la faute médicale commise (j'ai eu des traitements antipsychotiques avec des effets neurologiques indésirables).

Aujourd'hui, ces souvenirs me hantent encore et j'ai des flashbacks et des cauchemars ainsi qu'un sentiment d'insécurité persistant. Je doute de tout et j'ai besoin d'un avis extérieur. Je n'arrive pas à percevoir mes signaux internes. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais pas ce qui est acceptable ou non. J'ai une vision du monde très pessimiste.

J'en viens au problème actuel :

J'ai été consulté un psychiatre thérapeute et il relativise énormément alors que j'ai besoin que l'on reconnaissance mon vécu en tout premier lieu.

Je lui ai raconté des faits très marquants, des exemples de propositions insultantes et mes pires "souvenirs" qui sont très nets.

Il m'a dit que si mes parents avaient été là, ils auraient une autre version. Il laisse entendre que je dois retrouver une relation apaisée avec eux.

Il a dit que j'étais la "personne symptomatique" de ma famille, le bouc émissaire en quelques sortes. Je lui ai dit que dans le passé ce qui m'a traumatisé ce ne sont pas les violences en elle même mais l'absence de protection des adultes et le déni total des adultes. Ainsi que le pédopsychiatre de l'époque qui disait que c'était moi le problème. Je lui ai dit qu'à l'époque ça me soulageait d'entendre que c'était moi le problème car ça permettait pour moi de conserver une idée de famille normale et cela donnait du sens aux violences que je subissais.

Je lui ai dit que maintenant j'avais besoin d'avoir une reconnaissance. Il m'a dit : "reconnaissance de quoi et par qui ?". Je lui ai dit "reconnaissance que ce que j'ai vécu n'était pas normal et par vous car mes parents ne reconnaîtront jamais, ce n'est pas faute d'avoir essayé".

Il m'a dit : "je ne peux pas t'apporter cette reconnaissance car les normes c'est selon chaque famille, mais je te crois". Ensuite il a dit que la reconnaissance devait venir de moi et pas d'autrui et que c'était à moi de travailler et de puiser dans mes ressources.

A un autre rdv il avait dit de faire bien confiance à mon père pour le choix d'une nouvelle voiture alors que je lui avait confié des propositions très problématiques de mon père à ma rencontre.

Il nuance beaucoup mes propositions et semble minimiser. C'est exactement ce que faisait mon ancien pédopsychiatre et je suis sortie de son cabinet complètement dans le mal, la honte totale, l'impression de ne pas être légitime et de faire un caprice. Sachant que toute ma vie sur a nié les violences que j'avais vécues.

A un moment je lui ai dit "j'ai besoin d'être crue" il m'a dit "je t'ai dit que je te croyais mais tu ne m'as pas écouté". Sauf qu'il avait dit "je te crois mais je ne peux pas reconnaître que ce que tu as vécu n'était pas normal car les normes dépendaient de chaque famille".

Aussi il m'a dit que je devrais changer mes croyances pour être plus dans la spiritualité, que j'étais très matérialiste. Et que je devais me remettre en question. Que mes pensées étaient toxiques.

Pourquoi ne pas reconnaître et nommer la violence ?

Je suis sortie du cabinet dans un état de confusion, de désorganisation et surtout je me sentais honteuse comme jamais.

reddit.com