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The Moon and the Nightspirit - Seed of the Formless
Pour fêter la défaite du Viktor Orban en grandes pompes (un facho de moins), je vais vous parler aujourd’hui d’un groupe hongrois, enfin d’un duo. The Moon and the Nightspirit est né en 2003 de la rencontre de Agnès et Mihaly et Seed of the Formless dont nous allons parler est leur huitième album. Huit titres de quatre à six minutes qui donnent dans le folk doom pagan
D’après Wikipedia, “leurs chansons parlent principalement de contes fantastiques païens et de chamanisme”. Agnès chante en anglais comme en hongrois d’une belle voix claire et Mihaly joue d’un growl très modéré sur quelques titres comme ‘The First Tremor’.
Si à leurs débuts, le duo jouait plus de world music et de folk comme dans l’album Osforras, il semblerait qu’il prenne un virage doom au fil des années.
Mais au fait, comment suis-je arrivé à écouter ce groupe hongrois ? C’est Alice qui a adoré leur dernier album et l’a même comparé au groupe Kalandra.
Et puis, ne nous mentons pas, la pochette dessinée par Agnès, qui en plus d’être chanteuse et multi-instrumentaliste, peint à ses heures perdues, m’a tapé dans l’oeil. D’ailleurs toutes les pochettes des albums de ce groupe sont des petits bijoux graphiques.
Seed of the Formless est un album lent, pas loin du doom, où les instruments acoustiques ont laissé place aux guitares électriques et claviers. Il y a bien un peu d’électro-acoustique, sur ‘The First Tremor’ par exemple, mais ce n’est pas l’esprit de l’album.
‘Fount of Everlight’ est peut-être le morceau le plus “agité” des huit, une sorte de single pour disque de doom qui réveille les morts. Le chant clair d’Agnès domine la musique ponctuée des quelques cris de Mihaly tout particulièrement sur ‘Olden Resonance’, un titre qui s’énerve bien dans les dernières secondes.
Mais au final, je me suis souvent ennuyé en écoutant Seed of the Formless. L’album est trop monotone pour sa durée. Il s’écoute bien en musique de fond, installant une ambiance pesante et sombre, mais j’ai du mal à rester concentré dessus pendant trois quarts d’heure qui me paraissent une éternité.
Je vous conseille toutefois d’aller écouter d’autres albums du groupe, comme Osforras ou Holdrejtek, des disques à l’écriture plus folk qui méritent le détour.
RPWL - World Through My Eyes Live
Je sais, j’ai dit que je ne chroniquerai plus les promotions venant des artistes ou des labels. D’ailleurs j’ai largement communiqué dans ce sens depuis la fin du magazine auprès des intéressés, jusqu’à me rendre injoignable sur les réseaux sociaux.
Mais Gentle Art Of Music ne veut rien entendre et je reçois toujours leurs albums par la poste. Par chance, il n’y en a pas souvent. Du coup, je considère ces disques comme des cadeaux, et plus des promotions, c’est main n’est-ce pas ? Ne prenez pas ce prétexte pour m’envoyer des disques, de toute façon je ne vous donnerai pas mon adresse postale.
Bref, tout ça pour dire que je vais vous parler aujourd’hui du double live de RPWL, World Through My Eyes Live. Oui encore un live, on aurait préféré un nouvel album studio. Mais bon, c’était un cadeau.
World Through My Eyes Live reprend en live l’album World Through My Eyes sorti en 2005 et revisité l’an passé. Deux CDs et dix-huit morceaux, largement de quoi occuper vos longues soirées d’hiver d’autant qu’il y a pas mal de titres à rallonge. Le premier disque reprend l’intégralité de l’album et le second reprend des tubes de RPWL comme ‘Hole In The Sky’ ou ‘What I Really Need’.
En 2005 Ray Wilson chantait dans RPWL au côté de Yogi Lang, on se souvient tous de ‘Roses’ que l’ex chanteur de Genesis joue régulièrement en live. Personnellement, dans les anciens albums du groupe allemand, j’ai une préférence pour Trying To Kiss The Sun sorti en 2002, mais bon, puisque c’était gratuit…
Un live reste un live, donc je ne vais pas vous faire la retape des morceaux. Par contre je vais vous parler du son et du jeu des musiciens et pas forcément pour être très gentil.
Commençons par le jeu. Je trouve que tout ça manque de mordant. D’accord, les musiciens ne sont plus tout jeunes mais on s’ennuie un peu par moment. Il y a bien quelques digressions à la guitares ou aux claviers mais franchement rien de vraiment tripant.
Pour le son, ben c’est un peu le même problème, ça manque de relief. La captation est pourtant précise, limite ciselée, mais il faut pousser les potentiomètres pour profiter pleinement de l’ambiance live. Après c’est un live, ce n’est pas toujours facile de bien faire ressortir le son.
World Through My Eyes Live n’est pas mon live préféré de RPWL. Il n’arrive pas à la hauteur du magnifique A New Dawn ou de God Has Failed Live & Personnal, mais bon, c’était cadeau, alors je ne vais pas me plaindre.
#photographie #noiretblanc #lanzarote #ville #route
En tant que progueux repenti, je continue de regarder régulièrement ce que sort le label Inside Out Music. Il ne signent d’ordinaire que des valeurs sûres ou bien des dinosaures de la scène métal progressive, mais de temps en temps ils nous surprennent avec une petite prise de risque.
L’EP Look Up du jeune groupe Holosoil est justement une de ses trop rares surprises. Initialement formé en 2019 sous le nom R3VO, la jeune formation berlinoise se réinvente avec la chanteuse finlandaise Emelie Sederholm et ce premier EP cinq titres de vingt minutes.
Hosoloil joue d’un rock progressif alternatif électro moderne dominé par la voix fabuleuse de Emelie. Prenez une Anneke période Mandylion, une Bjork énervée, une Dolores O’Riordan pas facho, une touche délicate orientale, et vous aurez une petite idée de ce que peut dégager cette chanteuse.
Mais soyons clair, Holosoil, ce n’est pas qu’une voix, c’est un mélange de djent, électro, pop, expérimental totalement décoiffant qui sort des sentiers battus et nous offre une bouffée de jouvence dans un monde musical assez sclérosé.
‘Look Up’ est un titre punchy construit sur une base rythmique de guitare parfois complètement détricotée autour de laquelle la voix d’Emelie s’enroule, tel un serpent. Il est à la fois dérangeant et très vendeur.
‘Cracks’ démarre calmement sur la basse de Victor et la voix d’Emelie. Il explose sur le court refrain où des motifs à la Tool surgissent ici où là pour revenir aussitôt à forme épurée du début. Une écriture relativement simple mais d’une grande efficacité.
‘Spirals’ joue des Milles et une Nuit pour nous ensorceler. Et ce n’est pas parce que les paroles parlent de cosmos et de galaxies qu’il s’agit de mon morceau préféré. J’ai toujours aimé le mélange métal orientalisant avec le chant féminin et ici c’est un pur régal.
‘Freakshow’ est juste derrière dans mes préférés. Le titre change sans cesse de configuration, sautant de la world music à la balade en passant par le métal.
Et puis, pour conclure ce trop court EP, ‘Animal’ revient avec une formule accrocheuse et rythmée sur laquelle on aurait presque envie de danser (je déteste danser). Une délicieuse accalmie laisse quelques secondes aux couples pour s’enlacer avant de se séparer pour fouler furieusement une nouvelle fois la piste de danse. Le titre est tout particulièrement éblouissant pour la performance vocale de Emelie.
Je trouve toutefois la pochette de l’EP vraiment très moche, très loin des canons du genre, mais c’est sans doute parce que je suis un vieux con. N’empêche, je vous recommande vivement la découverte de ces nouveaux venus chez Inside Out.
J’attends évidemment beaucoup de la sortie de leur futur album et comme de bien entendu, je serais probablement déçu, mais passons.
La galaxie du tourbillon photographiée à Illkirch en deux nuits pour le fun. La première série avait servi pour tester ma nouvelle lunette alors hier soir, avant que les nuages élevés arrivent, j’ai ajouté quelques images. Askar SQA70, caméra ASI533MC Pro, filtre UvIRCut, 2h40 d’intégration avec des poses unitaires de 300s et un gros crop sur le drizzle.
Samedi dernier, avec Seb et Clovis, nous partions en Allemagne pour un triple concert joué par seulement deux groupes : Mars Red Sky, Monkey 3 et leur fusion, Monkeys on Mars.
J’y allais principalement pour écouter Monkeys on Mars dont j’ai adoré le premier EP, mais j’ai finalement découvert avec bonheur deux autres groupes, un trio stoner et un quatuor space rock.
La grande salle du P8 était bien remplie et muni de mon pass presse, il n’a pas toujours été facile de bouger pour photographier les trois formations.
Un immense écran rond à la Pink Floyd dominait la scène où deux batteries se dressaient telles des tours. Entre les deux, les claviers de Monkey 3 et juste devant le public, des machines à fumée étaient disposées de manière à créer des piliers de brouillard.
C’est Mars Red Sky qui ouvre le bal. Le trio stoner français est assez statique. Il joue devant des vidéos vintages un rock psyché épais sur le chant fragile de Julien. Le spectacle vient principalement de leur batteur qui toute donne la dynamique à leur musique. Pour faire bonne figure, les éclairages sont principalement marsiens et je galère pour faire des images acceptables, le rouge étant l’ennemi du photographe.
A la fin du set de Mars Red Sky, Monkey 3 rejoint le groupe et c’est un fondu enchaîné improbable que nous offrent les deux formations. Les français s’effacent pour laisser les quatre suisses prendre la relève, tout ça sans interruption. Oui, Monkey 3 ce sont quatre musiciens, comme l’indique le nom du groupe : un bassiste, un guitariste, un claviériste et un batteur…
Le groupe est un quatuor space rock instrumental souvent inspiré par les Floyd. Et si leur dernier album studio ne m’a pas franchement inspiré, en live c’est une toute autre histoire. En live, ça déchire !
Les gars se donnent en spectacle, un peu à l’opposé de Mars Red Sky, et leur musique me parle vraiment maintenant. L’écran projette des motifs psychédéliques et les lumières varient les couleurs. C’est un peu moins la galère pour shooter, sauf pour le batteur haut perché sur la gauche que je n’arrive jamais à choper. dB, au look Led Zepp, derrière ses claviers vapote entre deux soli, secoue sa crinière et harangue le public. Jalil sur sa basse joue de manière démonstrative et Boris semble en transe avec sa guitare. Bref il y a du spectacle.
Et puis c’est au tour de Mars Red Sky de rejoindre Monkey 3 pour former un groupe de sept musiciens, Monkeys on Mars. Deux batteurs, deux bassistes, deux guitaristes et un clavier sur scène. C’est juste énorme et en plus maintenant je suis en terrain connu puisque je connais par coeur leur EP.
Après une reprise des plus western, Monkeys on Mars tire sa révérence, 2h30 de concert grand spectacle, la dernière date de leur tournée européenne. Bravo !
Le son était bon, les musiciens excellents, la bière allemande (tout ne peut pas être parfait), ce fut un superbe concert comme il y en a souvent au P8. Je ne regrette pas d’y être allé malgré la fatigue.
Merci Mars Red Sky et Monkey 3 pour la musique, à Bert pour l’accréditation et à Seb et Clovis pour m’avoir accompagné, mention spécial à Seb qui revenait juste de Normandie le matin même.
Karmamoi est un groupe italien que je suis l’album Odd Trip en 2013. J’ai même leur premier album éponyme que vous aurez peut-être du mal à trouver aujourd’hui.
Il s’agit d’une de ces multiples formations que j’ai découvert du temps du magazine Neoprog et que j’ai continué à suivre alors que je ne faisais plus la promotion des groupes. Car Karmamoi a tout d’un grand, même s’il n’a toujours pas rencontré le succès qu’il mérite.
Le groupe est né de la rencontre entre le batteur Daniele Giovanni et le guitariste Alex Massari autour desquels se sont greffés plusieurs chanteurs et musiciens au gré des albums. Il y a beaucoup de turn over derrière le micro mais depuis 2021, Valerio Sgargi impose sa voix et son style à la musique de Karmamoi.
L’album Eternal Mistake parle d’une histoire d’amour entre un humain et une machine dans un monde au bord de l’effondrement, la rencontre entre l’amour et la raison, la chair et le code. Un concept album qui joue avec les frontières floues du rock progressif, hésitant entre symphonique et rock.
Aux côtés de Danielle, Alex, Valerio et Alessandro vous entendrez également les contributions de célébrités du prog comme Adam Holzman et Randy McStine ainsi que deux voix moins connues, celles de Susanna Brigatti et de Gabriele Giovannoni.
L’album est ambitieux avec ses dix morceaux sans parler du titre bonus offert à ceux qui ont précommandé Eternal Mistake. Plus d’une heure de musique, avec trois titres dépassant joyeusement les huit minutes.
Mais croyez-moi, il n’y a aucune longueur dans Eternal Mistake. L’album est varié tout en restant d’une grande cohérence, bref un concept album très bien composé.
Eternal Mistake est un savant mélange de Blade Runner, de Pink Floyd, de prog, de symphonique et de rock…