Est-ce qu’on peut perdre son “joie de vivre” sans s’en rendre compte ?
Bonjour à tous,
J'ai l'impression d'avoir compris quelque chose sur ma rupture récente et même ma situation récente en générale, et j'aimerais avoir votre avis, et si possible qu'on discute un peu ensemble de la stagnation.
Je suis rentré d'Australie fin 2025 après y avoir passé plusieurs mois. Là-bas, je me sentais vraiment vivant. J'étais optimiste, je rencontrais des gens, je découvrais de nouvelles choses, j'avais plein d'idées de projets (ouvrir un café, entreprendre...), et je parlais beaucoup de tout ça avec une fille que je connaissais déjà avant mon départ.
À mon retour en France, on s'est mis ensemble.
Le problème, c'est que mon retour ne s'est pas passé comme je l'avais imaginé.
J'ai repris un travail de bureau, censé être temporaire, le temps de réfléchir à la suite. Je suis retourné vivre chez mon père pour économiser un peu d'argent. Je me disais que tout ça durerait quelques mois.
Sauf que les mois ont passé.
Le travail me vidait moralement. Je me plaignais souvent. Je ne lançais plus aucun projet. Je voyais toujours les mêmes personnes. Je n'ai quasiment pas développé de nouvelle vie sociale. J'allais à la salle 4 fois par semaine, donc physiquement je me sentais bien, mais mentalement j'avais l'impression de stagner.
Pendant ce temps, ma relation se dégradait.
Ma copine souffre de dépression, est suivie par un psychiatre et prend un traitement. Elle devenait de plus en plus distante. Il arrivait qu'on ne se voie pas pendant près de deux semaines alors qu'on habitait dans la même ville. À la fin, on a beaucoup discuté. Elle m'a dit qu'elle avait l'impression de ne plus ressentir grand-chose, plus vraiment d'émotions, et qu'elle pensait que le problème venait d'elle.
Sur le moment, j'ai accepté cette explication.
Mais aujourd'hui, je me demande si je n'ai pas une part de responsabilité plus importante que je ne le pensais.
Je ne parle pas de mon physique. Au contraire, je prenais soin de moi, je faisais du sport et j'étais en meilleure forme qu'avant.
Je parle plutôt de l'énergie que je dégageais.
En Australie, j'étais quelqu'un qui avançait, qui avait des projets, qui était curieux et enthousiaste.
Quelques mois plus tard, j'étais devenu quelqu'un qui subissait son travail, vivait encore chez son père, se plaignait souvent et attendait que les choses changent.
Je me demande si ce n'est pas cette stagnation qui a progressivement éteint quelque chose chez elle. Pas forcément consciemment, mais parce qu'elle ne retrouvait plus la personne qu'elle avait connue quelques mois auparavant.
Évidemment, je sais que sa dépression a probablement joué un rôle important. Je ne cherche pas à réécrire l'histoire ni à dire que tout est de ma faute. Je me demande simplement si je sous-estimais jusqu'à quel point notre manière de vivre influence l'image que l'on renvoie dans une relation.
Depuis cette rupture, beaucoup de choses ont changé.
J'ai enfin quitté ce travail !!!
J'ai été accepté dans plusieurs masters et je vais probablement partir vivre à Aix-en-Provence.
Je vais enfin quitter le domicile de mon père. Pas parce que vivre chez lui est un problème en soi, mais parce que, symboliquement, j'ai besoin de construire ma propre vie.
J'ai aussi désinstallé Instagram. J'en avais marre de fantasmer la vie des autres. Aujourd'hui, j'ai plutôt envie de construire une vie qui me donne envie à moi.
J'ai envie de rencontrer de nouvelles personnes, de reprendre des projets, de faire plus de randonnée, d'essayer de nouveaux hobbies et de retrouver cette curiosité que j'avais en Australie.
Je ne cherche pas spécialement à récupérer mon ex. Je crois surtout que je suis triste d'avoir laissé mon quotidien devenir aussi plat.
C'est pourquoi j'ouvre la discussion sur ces quelques questions, mais je suis même juste intéressé par vos histoires, vos manières de reprendre votre vie en main...
Est-ce que certains d'entre vous ont déjà vécu cette sensation de "stagnation" ? Celle où l'on ne se rend même plus compte que l'on est devenu une version moins enthousiaste de soi-même ?
Et concernant la relation, pensez-vous qu'une personne puisse progressivement perdre son attirance non pas à cause du physique, mais parce qu'elle sent que l'autre a perdu son élan, sa curiosité ou sa direction dans la vie ? Ou est-ce que vous pensez que je fais simplement un lien qui n'existe pas pour essayer de donner un sens à cette rupture ?
Je serais vraiment curieux d'avoir vos expériences et vos avis, et surtout j'aimerai qu'il en ressorte énormément de positivité et d'optimisme !