u/East-Priority-7673

Pour une raison personnelle, je vais censurer une partie de mon récit. L'histoire restera la même, juste des noms modifiés.

J'ai souvent eu une relation assez compliquée avec S, ma mère, depuis mon enfance jusqu'à l'âge adulte. Une relation fusionnelle et infantilisante qui m'handicape dans ma vie d'adulte.

Je suis née en Suède, je suis venue en France à l'âge de 9 ans après avoir passé 2 ans en Suède, de ma naissance jusqu'à mes 3 ans, 3 ans en Angleterre et 3 ans en Afrique, dans le pays natal de mes parents. Les raisons de ce déplacement étaient dues à un éloignement de la relation toxique que ma mère avait avec Dave, mon père. Elle s'est mariée à 24 ans avec mon père qui avait 28 ans et ils se sont installés en Suède au milieu des années 90. J'ai un frère et une sœur qui ont 2 à 5 ans d'écart avec moi, je vais avoir 27 ans ( M ) cette année.

J'ai souvent changé d'établissements scolaires petit, car ma mère avait entendu des rumeurs de pédophilie dans les écoles et ne faisait pas totalement confiance au personnel blanc. Je n'ai jamais été scolarisée à la maison pour cette raison, mais j'avais remarqué qu'à l'école, les enfants traînaient souvent à l'extérieur en dehors de l'école. Moi, je n'avais pas cette possibilité, car elle n'aimait pas certains parents et à cause des rumeurs à propos d'eux, je ne cherchais jamais loin. En France, j'ai changé 2 fois d'école seulement pour le CM1, et à partir de la sixième, j'ai remarqué un écart d'âge entre les élèves de ma classe, qui avaient 1 an de moins que moi. La raison pour cela est probablement due au fait que j'ai effectué une partie de ma primaire en Afrique entre le CP et le CE1, mais je ne sais pas si j'ai redoublé à cette époque.

Au collège, j'avais un seul ami et deux personnes que je connaissais avec qui, parfois, j'ai traîné. Je n'ai jamais eu de sorties entre amis ou été chez eux, ma mère refusait, car elle n'aimait pas la mère de mon ami qu'elle croyait être une prostituée à cause du maquillage exagéré de cette dernière. Pour une grande partie de ma vie au collège, mes relations sociales se faisaient à l'intérieur de l'école et non à l'extérieur. Je n'étais pas la meilleure élève, plutôt discrète et à l'écoute en cours. J'ai excellé en langue vivante grâce à mon enfance en Angleterre et j'aimais bien l'histoire. J'avais des difficultés avec le reste des matières comme le français, les maths, la SVT, etc.

Nous avons eu des difficultés financières en France et j'ai eu droit au passage dans un lycée professionnel agricole après la troisième, car je n'avais pas obtenu de super notes au brevet. Durant les vacances scolaires de 2015, ma famille a décidé d'aller en Suède pour la première fois depuis des années, pour les vacances et pour que mes sœurs obtiennent des documents pour leur inscription à l'université en France.

Nous sommes restés 1 mois là-bas. Pour le retour, seules mes sœurs pouvaient partir, car leurs dossiers étaient acceptés. Je n'ai pas eu de confirmation de ma demande d'inscription au lycée, donc j'ai passé la rentrée scolaire en Suède. Établie dans le sud, il y avait un lycée et un collège à Stockholm, mais c'était loin. Durant l'automne, j'ai intégré un programme pour les enfants nouvellement arrivés en Suède, en l'occurrence les immigrés. Ce qui est ironique à cause de ma nationalité suédoise, mais vu que je ne maîtrisais pas la langue, c'était logique. J'ai fait 6 mois et j'ai décroché, car j'avais du mal à m'adapter aux changements qui se faisaient à mon gré.

J'ai passé une période de vide l'année suivante sans aucune scolarité et avec des demandes d'école dans des établissements anglais qui m'ont refusé, car j'avais 2 ans de trop par rapport à ce qui était autorisé. J'ai intégré un programme pour les jeunes déscolarisés et sans travail. J'ai trouvé un stage à Lidl, mais ça n'a pas marché, car c'était très tôt pour moi, genre à 6h du matin. Ensuite, j'ai suivi des cours d'apprentissage de la langue suédoise pour adultes. J'étais sous le régime des aides sociales qui me soutenaient dans mes démarches en Suède.

J'ai souvent pensé que je me retrouvais dans cette situation à cause de ma mère qui voulait me garder près d'elle, étant donné que j'étais la dernière de la famille et qu'elle pensait que j'étais harcelée à l'école, ce qui faisait que je ne réussissais pas, mais c'était tout à fait différent. J'ai eu une dépression à ma majorité et il m'a fallu deux ans pour me sentir mieux, et à cette époque, ma mère était inquiète pour ma santé. Car j'ai eu des problèmes de poids et ma santé mentale était fragilisée par ces événements. J'ai eu un psy, cela a pu régler une partie du problème, mais pas la totalité.

Aujourd'hui, bien que j'aie terminé l'apprentissage de base du suédois, je reste en stagnation. J'ai enchaîné des stages ces dernières années sans jamais être embauchée parce que je n'étais pas assez présente et que je ne comprenais pas les instructions données en suédois. Je vis toujours d'aide sociale et je me pose vraiment des questions sur la direction que va prendre ma vie. Je pense que je suis venue au mauvais moment en Suède, sans diplôme et ne connaissant pas suffisamment la langue, c'est compliqué. Je m'approche de la trentaine et je n'ai pas totalement résolu mon problème.

J'ai pensé à la France régulièrement à cette époque, mais cela ne m'aide pas à avancer en Suède ; je lis et regarde essentiellement en français et peu en suédois. Mais je réalise que, statistiquement, j'avais plus de chances de réussite en France qu'en Suède, mais je suis restée à cause de ma mère, qui nous a élevés et a traversé des galères pour subvenir à notre famille. Mais je ne veux plus être vue comme un enfant qui a besoin de son aide et je souhaite qu'elle me traite comme un adulte.

reddit.com
u/East-Priority-7673 — 18 days ago

Pour une raison personnelle, je vais censurer une partie de mon récit. L'histoire restera la même, juste des noms modifiés.

J'ai souvent eu une relation assez compliquée avec Sarah, ma mère, depuis mon enfance jusqu'à l'âge adulte. Une relation fusionnelle et infantilisante qui m'handicape dans ma vie d'adulte.

Je suis née en Suède, je suis venue en France à l'âge de 9 ans après avoir passé 2 ans en Suède, de ma naissance jusqu'à mes 3 ans, 3 ans en Angleterre et 3 ans en Afrique, dans le pays natal de mes parents. Les raisons de ce déplacement étaient dues à un éloignement de la relation toxique que ma mère avait avec Dave, mon père. Elle s'est mariée à 24 ans avec mon père qui avait 28 ans et ils se sont installés en Suède au milieu des années 90. J'ai un frère et une sœur qui ont 2 à 5 ans d'écart avec moi, je vais avoir 27 ans ( M ) cette année.

J'ai souvent changé d'établissements scolaires petit, car ma mère avait entendu des rumeurs de pédophilie dans les écoles et ne faisait pas totalement confiance au personnel blanc. Je n'ai jamais été scolarisée à la maison pour cette raison, mais j'avais remarqué qu'à l'école, les enfants traînaient souvent à l'extérieur en dehors de l'école. Moi, je n'avais pas cette possibilité, car elle n'aimait pas certains parents et à cause des rumeurs à propos d'eux, je ne cherchais jamais loin. En France, j'ai changé 2 fois d'école seulement pour le CM1, et à partir de la sixième, j'ai remarqué un écart d'âge entre les élèves de ma classe, qui avaient 1 an de moins que moi. La raison pour cela est probablement due au fait que j'ai effectué une partie de ma primaire en Afrique entre le CP et le CE1, mais je ne sais pas si j'ai redoublé à cette époque.

Au collège, j'avais un seul ami et deux personnes que je connaissais avec qui, parfois, j'ai traîné. Je n'ai jamais eu de sorties entre amis ou été chez eux, ma mère refusait, car elle n'aimait pas la mère de mon ami qu'elle croyait être une prostituée à cause du maquillage exagéré de cette dernière. Pour une grande partie de ma vie au collège, mes relations sociales se faisaient à l'intérieur de l'école et non à l'extérieur. Je n'étais pas la meilleure élève, plutôt discrète et à l'écoute en cours. J'ai excellé en langue vivante grâce à mon enfance en Angleterre et j'aimais bien l'histoire. J'avais des difficultés avec le reste des matières comme le français, les maths, la SVT, etc.

Nous avons eu des difficultés financières en France et j'ai eu droit au passage dans un lycée professionnel agricole après la troisième, car je n'avais pas obtenu de super notes au brevet. Durant les vacances scolaires de 2015, ma famille a décidé d'aller en Suède pour la première fois depuis des années, pour les vacances et pour que mes sœurs obtiennent des documents pour leur inscription à l'université en France.

Nous sommes restés 1 mois là-bas. Pour le retour, seules mes sœurs pouvaient partir, car leurs dossiers étaient acceptés. Je n'ai pas eu de confirmation de ma demande d'inscription au lycée, donc j'ai passé la rentrée scolaire en Suède. Établie dans le sud, il y avait un lycée et un collège à Stockholm, mais c'était loin. Durant l'automne, j'ai intégré un programme pour les enfants nouvellement arrivés en Suède, en l'occurrence les immigrés. Ce qui est ironique à cause de ma nationalité suédoise, mais vu que je ne maîtrisais pas la langue, c'était logique. J'ai fait 6 mois et j'ai décroché, car j'avais du mal à m'adapter aux changements qui se faisaient à mon gré.

J'ai passé une période de vide l'année suivante sans aucune scolarité et avec des demandes d'école dans des établissements anglais qui m'ont refusé, car j'avais 2 ans de trop par rapport à ce qui était autorisé. J'ai intégré un programme pour les jeunes déscolarisés et sans travail. J'ai trouvé un stage à Lidl, mais ça n'a pas marché, car c'était très tôt pour moi, genre à 6h du matin. Ensuite, j'ai suivi des cours d'apprentissage de la langue suédoise pour adultes. J'étais sous le régime des aides sociales qui me soutenaient dans mes démarches en Suède.

J'ai souvent pensé que je me retrouvais dans cette situation à cause de ma mère qui voulait me garder près d'elle, étant donné que j'étais la dernière de la famille et qu'elle pensait que j'étais harcelée à l'école, ce qui faisait que je ne réussissais pas, mais c'était tout à fait différent. J'ai eu une dépression à ma majorité et il m'a fallu deux ans pour me sentir mieux, et à cette époque, ma mère était inquiète pour ma santé. Car j'ai eu des problèmes de poids et ma santé mentale était fragilisée par ces événements. J'ai eu un psy, cela a pu régler une partie du problème, mais pas la totalité.

Aujourd'hui, bien que j'aie terminé l'apprentissage de base du suédois, je reste en stagnation. J'ai enchaîné des stages ces dernières années sans jamais être embauchée parce que je n'étais pas assez présente et que je ne comprenais pas les instructions données en suédois. Je vis toujours d'aide sociale et je me pose vraiment des questions sur la direction que va prendre ma vie. Je pense que je suis venue au mauvais moment en Suède, sans diplôme et ne connaissant pas suffisamment la langue, c'est compliqué. Je m'approche de la trentaine et je n'ai pas totalement résolu mon problème.

J'ai pensé à la France régulièrement à cette époque, mais cela ne m'aide pas à avancer en Suède ; je lis et regarde essentiellement en français et peu en suédois. Mais je réalise que, statistiquement, j'avais plus de chances de réussite en France qu'en Suède, mais je suis restée à cause de ma mère, qui nous a élevés et a traversé des galères pour subvenir à notre famille. Mais je ne veux plus être vue comme un enfant qui a besoin de son aide et je souhaite qu'elle me traite comme un adulte.

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u/East-Priority-7673 — 18 days ago