u/Every_Oven_3269

L'intérêt personnel

Petite réflexion sans plus grande prétention que de coucher sur le papier ce que vous savez peut-être instinctivement

Tout le monde n'agit qu'en fonction de ce qu'il pense être dans son intérêt. Il n'y a d'ailleurs pas non plus de morale ou de valeurs transcendantes, "d'humanité" ou d'altruisme désintéressé.

Si je mange une pomme, c'est parce que j'ai faim; si je travaille correctement en entreprise, c'est pour percevoir un salaire, si on a soif mais que l'eau à notre disposition est marron, on juge alors que ça ne vaudra pas le coup de boire l'eau en raison du désagrément qu'elle pourrait apporter etc. Jusque là des exemples plutôt banals.

Contre cette thèse on pourrait parler de : -de l'altruisme, preuve que l'on met son intérêt de côté au profit d'autrui -de l'empathie, preuve que l'on est sensible au bien être d'autrui naturellement, par instinct, sans calculer froidement son intérêt, en souffrant tout simplement de la souffrance d'autrui.

Mais on peut démonter ces deux arguments (qui se résument à l'existence de valeurs morales): si l'on est altruiste, c'est soit par signalement de vertu (reconnaissance sociale d'être quelqu'un de "bien", reconnaissance de ses pairs, intégration etc) ou, s'il n'y a personne dans les parages, on peut tout simplement gonfler notre propre ego en pensant avoir quelque chose d'altruiste, et donc de mériter les honneurs réservés aux gens vertueux. À noter lorsqu'on commet une bonne action dans le dos de tout le monde, on ne manque souvent pas de faire savoir à tout le monde justement que c'est nous qui avons commis cette action.

Du côté de l'empathie, lorsqu'on ressent de la compassion pour un rat qui se noie par exemple, c'est qu'on ne peut s'empêcher de s'imaginer à la place du rat, suffoquant et mourant en souffrant. L'empathie n'est que la manifestation de la souffrance d'autrui qu'on se projette. On a juste peur que la souffrance que l'on observe nous arrive à nous. De ce fait, plus un tort est susceptible de nous arriver, plus on a de compassion envers ceux à qui ce tort arrive. On a par exemple pas beaucoup de compassion envers des fourmis qu'on écrase : on a du mal à s'imaginer se faire écraser par un enfant. A contrario voir quelqu'un se faire découper par une tronçonneuse nous paraît tout à fait horrible : on a pas de mal à s'imaginer ce que cela doit faire. Cela explique qu'on ait à circonstances égales plus d'empathie pour les êtres humains que pour les animaux.

Il est donc dans notre intérêt d'être empathique, le but de pouvoir s'identifier à l'autre est de nous inviter à éviter des situations qui n'iraient pas dans notre intérêt personnel. Ce n'est pas par réel intérêt pour autrui ou par valeur morale : c'est dans notre intérêt.

Comme on a peur que nos pairs n'aient pas grand-chose à faire de notre intérêt, on invente les lois, les valeurs et les codes sociaux. "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse à toi". Si l'on respecte ces règles c'est parce que l'on sait que si tout le monde les respecte, alors l'intérêt personnel de chacun sera relativement intact. Du moins personne n'ira gravement à l'encontre de notre intérêt personnel : les lois garantissent, à condition qu'on les respecte, que personne n'ira gravement à l'encontre de notre intérêt personnel. On interdit aux autres de faire quelque chose de "mal" (allant contre mon intérêt si cela m'arrivait) car on a peur que cela puisse nous arriver.

Se pose alors la question suivante: d'où vient notre intérêt ? Nous pouvons nous en tenir à la volonté de grandir, d'être reconnu socialement et d'avoir une descendance d'un point de vue anthropologique. On peut aussi parler de volonté de puissance, d'élan vital, de poursuite de la supériorité etc.

Nous agissons donc tous dans notre intérêt personnel, et seulement en fonction de celui-ci. Il n'y a pas de valeurs morales supérieures ou quoi que ce soit.

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u/Every_Oven_3269 — 3 days ago