r/philosophie

Qu’est-ce qui fait qu’une personne est “bonne” ou “mauvaise” ?

Bonjour à tous,

J'ai une réflexion que j'ai du mal à développer seul, donc je me dis qu'échanger avec vous pourrait m'aider à aller plus loin.

Ma question de départ : qu'est-ce qui fait qu'une personne est quelqu'un de bien, ou au contraire quelqu'un de mauvais ?

Mon point de départ, c'est qu'un acte isolé ne peut pas définir une personne. On ne peut pas dire "cette personne est bonne" simplement parce qu'elle a fait une bonne action, ni la qualifier de mauvaise pour un seul acte négatif. Ce serait réducteur : la veille ou le lendemain, elle aurait très bien pu agir différemment. En plus, quelqu'un de "bien" peut se faire passer pour quelqu'un de mauvais, et inversement. Donc un acte seul ne suffit pas comme critère.

Ça m'amène à me demander : si ce n'est pas l'acte isolé, qu'est-ce qui définit vraiment le caractère "bon" ou "mauvais" d'une personne ?

On peut appliquer cette question à plein de domaines. Par exemple, on dit de Lionel Messi qu'il est un excellent joueur parce qu'il répète, jour après jour, des actions qui prouvent son niveau. Est-ce que c'est la répétition d'actes similaires qui construit une "identité" (bon joueur, bonne personne, etc.), plutôt que l'acte unique ?

Mais ça pose d'autres questions, et je précise que je ne cherche à défendre ou accuser personne ici : est-ce qu'une personne qui commet un acte d'agression devient automatiquement "un agresseur", et le restera-t-elle toute sa vie ? C'est cette question qui m'intéresse vraiment, parce qu'elle me semble utile pour mieux nuancer les jugements qu'on porte sur les gens, et peut-être se rapprocher un peu de la vérité sur ce qui définit réellement quelqu'un.

Merci d'avance pour vos avis !

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u/No_Flatworm_1381 — 16 hours ago

conseil lecture

Bonjour,

Je suis tombé sur un résumé de philo de terminale de bordas qui aborde 17 notions et qui est super bien fait je trouve. J'ai fini mes études il y a longtemps, c'est juste pour le loisir. Il y a certaines idées qui me restent et me font réfléchir longtemps après les avoir lues.

Je l'ai terminé et j'aimerais poursuivre mes lectures. Auriez vous un livre à me conseiller avec plusieurs notions abordées de manière synthétique, pourquoi pas niveau études supérieures ?

Il y a le dictionnaire philosophique d'André Comte-sponville mais c'est trop gros pour moi

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u/wallulu — 13 hours ago

Recommandations philosophiques

Bonjour,
J’ai actuellement terminé ma classe de terminale où j’ai découvert la philosophie, matière que j’ai beaucoup appréciée !
En voulant en apprendre davantage, j’ai cherché différentes ressources (podcast, vidéos YouTube ) sauf qu’à chaque fois je tombais sur du contenu de révisons du bac.

Comme je suis débutante, je ne sais pas vraiment par où commencer et où donner de la tête, serait il donc possible d’avoir des recommandations de toutes sortes ? (Livres, podcasts, reportages, peu m’importe )

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u/Ok-Concept8239 — 1 day ago

L'obsession de la « guérison intérieure » a-t-elle détruit notre capacité à faire l'expérience de l'altérité ?

Bonjour à tous, j'aimerais soumettre à votre réflexion une critique structurelle du mouvement contemporain du développement personnel. Sous ses apparences bienveillantes, ce milieu repose sur une contradiction philosophique majeure : on y parle d'amour en permanence, mais cet amour tourne en boucle fermée. Il fonctionne comme un Ouroboros émotionnel où le concept d’amour a été vidé de son objet essentiel : la rencontre avec une altérité réelle, résistante, imprévisible et potentiellement blessante. Ce qui s'est structuré comme un refuge temporaire face à la violence de l'époque néolibérale s'est transformé en une véritable idéologie de la sécession narcissique.

D'un point de vue généalogique et épistémologique, il est fascinant (et tragique) d'observer le détournement des concepts de la psychologie humaniste des années 1950-60 (Maslow, Rogers). À l'origine, le « regard positif inconditionnel » de Rogers était une qualité de présence dirigée vers l'autre (le patient). Au fil des décennies, par un glissement conceptuel et marchand, ce regard s'est retourné sur le sujet lui-même. Le soin clinique est devenu un lifestyle, et le self-made man du capitalisme originel a muté en self-healed man. L'individu est désormais appréhendé comme un chantier perpétuel d'optimisation émotionnelle, gérant ses traumas et ses chakras avec la même rationalité qu'une entreprise gère ses actifs. L'attention étant une ressource finie, cette hyper-focalisation sur le Moi sature l'espace psychique, ne laissant plus aucune place pour l'Autre.

Plus grave encore, cette idéologie a redéfini notre vocabulaire relationnel. Les espaces de bien-être confondent allègrement l'absence de friction (la non-agression) avec l'amour. Or, l'amour véritable exige la vulnérabilité de la rencontre ; il implique d'être affecté, modifié, voire contredit par la réalité rugueuse de l'autre. Aujourd'hui, la moindre friction est pathologisée sous le terme de « relation toxique », et l'établissement de « boundaries » (frontières) sert de forteresse pour fuir la complexité inhérente à toute relation humaine profonde. L'autre n'est plus qu'un miroir fonctionnalisé pour « travailler sur ses propres blessures », jamais une fin en soi.

Enfin, l'usage frénétique des états modifiés de conscience (breathwork, psychédéliques, etc.) illustre le triomphe de la chimie sur la relation. Ces pratiques génèrent d'authentiques décharges d'ocytocine et de sérotonine, offrant l'illusion d'une connexion cosmique et d'un amour universel, mais sans aucune des exigences concrètes qu'implique l'amour au quotidien. C'est ce que je nomme une « anomie joyeuse » : une déliaison sociale profonde rendue tolérable par des shoots d'expériences hédoniques déguisées en éveil spirituel. Le citoyen parfaitement méditant, aligné dans sa bulle filtrante (renforcée par les algorithmes de la tech), devient politiquement inerte, incapable d'éprouver l'amor mundi cher à Hannah Arendt – cet engagement pour le monde commun dans toute sa pluralité exigeante. 

Question pour le sub : Dans votre propre parcours ou au sein de votre entourage, avez-vous observé cette dérive où la quête d'optimisation et de « guérison intérieure » finit par produire de l'isolement sous couvert d'élévation spirituelle ? Comment, philosophiquement et socialement, pouvons-nous réhabiliter la valeur de la friction et de la relation véritable face à cette injonction du confort émotionnel absolu ?

👉 Lien vers l'article complet et détaillé :https://onirissmetaxia.substack.com/p/legoite-triomphante-le-developpement

u/Aurele_Montclar — 1 day ago

Est-ce qu’on choisit vraiment ce qu’on devient, ou est-ce qu’on se raconte juste une histoire après coup ?

Je me pose une question assez simple, mais elle me travaille pas mal.

Quand on dit “j’ai choisi ça”, est-ce qu’on parle vraiment d’un choix ? Ou est-ce qu’on parle plutôt d’un mélange de notre enfance, de notre caractère, de nos peurs, de notre corps, de notre époque, et ensuite on appelle ça “moi” parce que c’est plus supportable ?

Je ne dis pas que le libre arbitre n’existe pas. Ce serait trop facile. Mais j’ai du mal à voir où il commence exactement.

Par exemple, si quelqu’un devient méfiant parce qu’il a vécu des choses dures, on dit parfois “il a choisi d’être comme ça”. Mais est-ce qu’il a vraiment choisi ? Ou est-ce qu’il a juste appris à fonctionner comme ça, parce que son histoire l’a poussé dans cette direction ?

Et à l’inverse, si on dit que tout vient de nos causes, de notre passé, de notre cerveau, de notre environnement, est-ce qu’on ne retire pas aussi toute responsabilité aux gens ?

Je trouve ça bizarre, parce que les deux idées me semblent vraies en même temps.

D’un côté, on est clairement influencés par plein de choses qu’on n’a pas choisies. De l’autre, on a quand même l’impression de pouvoir réfléchir, changer, se retenir, regretter, recommencer autrement.

Du coup je vous demande vraiment :

Pour vous, on est libres à quel moment exactement ?

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u/Maxxximeeee — 3 days ago
▲ 2 r/philosophie+2 crossposts

D’esenvoutement / Esprit

Bonjour,
J’ai besoin d’aide et je me sens super mal.
Partout où je pars on me dit qu’on m’a lancé un sort ou que j’ai un esprit de mari de nuit.
Je commence à douter parce que je penne à avoir le mariage. Quand je commence une relation ça se termine de manière obscure. Quand quelqu’un pense à moi pour une mise en relation tout s’arrête et pas d’explication.
Quelqu’un a des bains, rituels de desenvoûtement à me proposer svp?

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u/Mina_Pular — 5 days ago

La présomption fatale : critique de l'utopisme politique

I. La proposition 

Il existe deux visions du politique, et elles ne se réconcilient pas. La première, appelons-la la vision contrainte (Sowell), part de ce constat : l'homme est limité dans son savoir, sa vertu et sa rationalité ; les ressources sont rares ; tout choix a un coût d'opportunité ; il n'existe pas de solutions, seulement des arbitrages. La seconde, la vision illimitée, postule que les maux sociaux sont des anomalies corrigibles, que la nature humaine est plastique, et qu'une intelligence bien intentionnée peut redessiner la société.

La seconde vision, chaque fois qu'elle a été appliquée avec conséquence, a produit des désastres, et elle continue, sous des formes adoucies, de produire des politiques qui échouent de manière prévisible. Non parce que ses partisans sont des enfants ou des fous, mais pour trois raisons structurelles.

II. Les trois raisons structurelles

  1. Le problème du savoir (Hayek) :  Le savoir nécessaire à la coordination sociale est dispersé dans des millions de têtes, tacite, local, changeant. Aucun planificateur, aussi intelligent, aussi bien intentionné soit-il, ne peut le centraliser. Les prix sont le seul mécanisme connu qui agrège ce savoir. Toute politique qui remplace ce mécanisme par un dessein central ne se contente pas d'échouer : elle échoue nécessairement, car elle prétend savoir ce qui ne peut pas être su. C'est la « présomption fatale » : non un excès d'ambition, mais une erreur épistémologique.

  2. Le problème des incitations : Les hommes répondent aux incitations, pas aux intentions du législateur. Une politique se juge à ses effets, pas à ses buts. Le contrôle des loyers vise à loger les pauvres et raréfie le logement. Le salaire minimum trop élevé vise à protéger les faibles et les exclut de l'emploi. La vision illimitée juge les politiques à ce qu'elles proclament ; la vision contrainte, à ce qu'elles produisent. « Il n'y a pas de solutions, il n'y a que des trade-offs » (Sowell), et celui qui promet une solution sans coût cache le coût, toujours.

  3. Le problème de l'irréfutabilité (Popper) :  L'utopisme est structuré pour ne jamais avoir tort. Si la politique échoue : sabotage, moyens insuffisants, « ce n'était pas le vrai socialisme ». L'échec ne réfute jamais la doctrine, il justifie sa radicalisation. C'est le mécanisme exact par lequel les meilleures intentions débouchent sur la coercition : puisque le plan est bon par définition, la résistance du réel devient la faute de quelqu'un, et il faut bien traiter ce quelqu'un.

III. Cas d'école : la discrimination positive

La discrimination positive est le laboratoire parfait, parce qu'on dispose de données mondiales sur un demi-siècle (Inde depuis 1950, Malaisie, Sri Lanka, Nigeria, États-Unis). Les résultats convergent (Sowell, 2004) :

- Les bénéfices vont au sommet des groupes bénéficiaires, pas à leur base. Aux États-Unis, les Noirs des classes moyennes et supérieures ont capté l'essentiel des places ; la situation des plus pauvres a stagné. L'outil censé corriger l'inégalité entre groupes accroît l'inégalité au sein des groupes.

- L'effet de mismatch : orienter des étudiants vers des institutions au-dessus de leur niveau de préparation augmente leurs taux d'échec, là où les mêmes étudiants auraient réussi dans des institutions adaptées. On sacrifie des réussites réelles à une statistique de façade.

- Les préférences temporaires deviennent permanentes et s'étendent : En Inde, les quotas prévus pour dix ans durent depuis soixante-quinze ans et de nouveaux groupes réclament sans cesse leur inclusion, jusqu'à des émeutes pour obtenir le statut de « défavorisé ».

- Le coût invisible : la suspicion jetée sur les réussites authentiques des membres du groupe bénéficiaire, et le ressentiment documenté des groupes exclus, au Sri Lanka, ce mécanisme a contribué à une guerre civile.

Cette critique condamne l'utopisme rationaliste, historiquement dominant à gauche, du jacobinisme au communisme en passant par l'ingénierie sociale contemporaine. Elle frappe aussi ses variantes de droite : l'anarcho-capitalisme intégral qui déduit la société parfaite de trois axiomes est un constructivisme comme un autre ; les nationalismes de la régénération ont fracassé le réel avec le même zèle que les communismes.

Et elle ne condamne pas toute réforme. Popper opposait à l'ingénierie utopique l'ingénierie fragmentaire : des réformes limitées, testables, réversibles, jugées sur leurs effets. L'abolition de l'esclavage, la mutualisation du risque maladie, l'école publique furent des réformes contestées, ajustées, évaluées, pas des utopies. La ligne de partage ne passe pas entre gauche et droite : elle passe entre ceux qui acceptent que le réel puisse leur donner tort, et ceux qui ont immunisé leur doctrine contre l'expérience.

V. Conclusion

Le progrès réel, espérance de vie, sortie de la pauvreté, est venu d'institutions qui canalisent l'imperfection humaine au lieu de prétendre l'abolir : propriété, contrats, prix, État de droit, science falsifiable. Chaque fois qu'on a voulu court-circuiter ces mécanismes au nom d'un idéal, on a payé en famines, en pénuries ou, dans les versions douces, en politiques qui blessent ceux qu'elles prétendent servir. L'adulte politique n'est pas celui qui appartient au bon camp. C'est celui qui demande, avant toute politique : *et ensuite ? à quel coût ? payé par qui ? et comment saurons-nous si nous nous sommes trompés ?*

L'utopiste est celui qui n'a pas de réponse à la dernière question.

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u/Brilliant_Willow1311 — 3 days ago

Philosophes supplémentaires pour ces notions de cours ?

Bonjour, pardonnez ce long message, j'étudie la philo niveau terminale.
Les cours que je reçois ont ces 13 notions.
Je souhaitais obtenir des noms (encore mieux si on peut m'aiguiller vers un texte/ouvrage) de philosophes supplémentaires à lire pour chaque notion.
Je prends également des écrivains, s'ils entrent dans une des notions.

Voici en amoindri, mon cours et les penseurs étudiés
(X & Y + Z.
X & Y sont les auteurs majeurs du cours, Z est un supplément qui nous est donné):

  • Conscience/Inconscient (Pascal & Freud + Alain commentant Freud)
  • Désir (Hegel & Schopenhauer +Épicure)
  • Temporalité (Sénèque & Pascal + Camus)
  • Bonheur (Platon & Aristote + Schopenhauer)
  • Culture/éducation (Lucien Malson & Lévi-Strauss + Kant)
  • Langage (Hegel & Bergson + Gorgias défendant la persuasion et Martinet)
  • Travail (Marx & Nietzsche)
  • Art (Aristote & Hegel + Kant sur le génie et Bergson)
  • Autrui (Hobbes & Sartre + Aristote et Freud)
  • Loi/Législation (Platon & Pascal + Hegel et Thoreau)
  • l'Etat (Hobbes & Bakounine + Hegel et Locke)
  • Religion (Spinoza & Pascal + Freud et Marx)
  • Vérité (Platon & Malebranche + Einstein)

Les cours que je reçois ont toujours le même schéma,
I) penseur X qui est en faveur de bidule; puis II) penseur Y qui s'oppose à bidule. Thèse VS Antithèse.
Je me vois facilement pouvoir faire un plan en 2 parties lors de mes dissertations ("Le désir est-il source de joie ?" I- oui, II- non) mais difficile d'aller plus loin, dans l'idéal je voudrais faire 3 parties quand le sujet s'y prête.

Je me sers de wikipédia FR et EN qui ont svt des articles sur les notions, d'anciens manuels de philo que je trouve en ligne, des blogs de profs de philo, des cours YT Fr/En; des podcasts de france culture quand ça me semble qualitatif, tout ce que je peux trouver comme conférences sur X notion; et j'ai déjà pu ajouter des penseurs pour qques notions mais dans l'ensemble c'est vraiment compliqué quoi.

Mettons le travail, j'ai ajouté Weil (qui jeune semble parler de hiérarchie nécessaire sous influence de platon peut-être, puis plus tard son journal d'usine et ses écrits sur la condition ouvrière),
Foucault et Illitch (critiques des institutions reproduisant le système capitaliste, le rôle de l'école et des universités; en quoi c'est parfois analogue au monde du travail je crois),
Kierkegaard (déjà hors-sujet, mais il critique l'ennui, l'oisiveté; de même pour Kant qui dit qu'Adam et Eve vivant sans travailler ne seraient pas enviables du tout).
Bloy (son mépris des bourgeois, défense des travailleurs) ou Goncharov (Oblomov le fainéant) comme références littéraires.

Et c'est tout, ça ne suffit pas à me sentir confiant en une très bonne note; je trouve d'autres noms mais rien que les bêtes résumés wikipédia me font peur, la pensée semble trop compliquée, et je ne parviens pas à compléter mes cours..

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u/ErikiFurudi — 5 days ago

L’art et l’écologie

Depuis quelques temps je me pose la question, l’art (Littérature, dessin, peinture ect) pourra t-il subsister si l’humain prenait des mesures écologique bénéfique pour la planète ?

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u/Embarrassed-Author34 — 4 days ago

Comment justifier le positivisme juridique de manière non circulaire et auto-contradictoire ?

Le positivisme juridique est aujourd'hui tellement mainstream que c'est ce à quoi presque tout le monde se réfère lorsqu'on parle du droit ou de la loi. Il nous paraît si évident que nous n'avons généralement pas conscience que c'est une position relativement récente dans l'histoire des idées : le droit doit être respecté parce qu'il est produit conformément aux normes juridiques fixées par les hommes. La loi est valide parce qu'elle respecte la Constitution etc.

Grosso modo, le positivisme juridique nous dit que la loi est une convention sociale, qu'elle est faite par les hommes aux moyens de procédés définis de manière collective. Nous devrions obéir à la loi parce que le législateur l'a créée de manière conforme à la constitution. La loi est légitime parce le peuple a consenti au procédé qui lui permet d'émerger. Ce consentement est exprimé au moyen d'un contrat social, qui malgré son nom n'est pas exactement un contrat au sens où le terme est utilisé dans le langage courant et juridique puisque le contrat en question est métaphorique et présumé accepté par chaque citoyen. C'est là que j'ai le sentiment de voir une première contradiction :

  1. Le contrat social est ce qui fonde la légitimité du pouvoir politique, or les institutions judiciaires tirant leur légitimité de ce 'contrat' refuseraient l'argument d'un plaignant qui affirmerait avoir conclu avec quelqu'un un contrat métaphorique qu'il serait incapable de montrer.

En d'autres termes les institutions fondées sur la théorie d'un consentement hypothétique/métaphorique donné par la population rejettent ce même argument si on le leur soumet. Si un contrat n'est valable qu'à condition d'être bien matériel, rédigé, et signé par les parties dans des conditions de consentement libre et éclairé, il devrait s'en suivre que le juriste qui soutient cette thèse devrait immédiatement démissionner car il affirmerait alors sa propre illégitimité ?

Ensuite, je vois un souci d'impossibilité logique à l'idée selon laquelle la loi naîtrait d'un accord formalisé par les hommes. La loi serait valide dans la mesure où elle se conforme à la Constitution. La Constitution est ce qui fonde le gouvernement et lui donne la légitimité de faire la loi qui s'impose à la population sur un territoire donné. Elle nous dit par ailleurs que les hommes sont égaux devant la loi. Or, quelques problèmes encore :

  1. Si les hommes sont égaux devant la loi, comment certains hommes ont acquis le droit de faire la loi ? Si notre droit naît de la Constitution, de quel droit la Constitution tire-t-elle son autorité ? Comment peut-on faire la loi sans être au-dessus de la loi ? Si les hommes sont égaux devant la loi, soit le législateur possède des attributs faisant de lui + qu'un homme (et donc on est dans la croyance religieuse), soit le législateur ne dispose pas réellement de l'autorité qu'il prétend avoir et sa loi n'est qu'une opinion posée sur du papier.

Si l'on est égaux devant la loi et que je n'ai aucun droit d'écrire un texte et d'affirmer que son contenu oblige un certain nombre de personnes ne l'ayant jamais lu ni signé, cela signifierai donc que la Constitution n'est qu'un contrat passé entre un petit nombre d'hommes et qui ne peut avoir aucune autorité sur les autres ?

En d'autres termes, mon intuition est que le droit positif est injustifiable sans postuler un droit antérieur, sans lequel il ne pourrait avoir de point de départ. Donc pour argumenter un droit créé par les hommes, on doit nécessairement admettre un méta-droit qui permet à des hommes de créer le droit, ce qui rendrait le positivisme auto-contradictoire : il est obligatoire d'admettre un droit non créé par l'homme pour affirmer que le droit est créé par l'homme. Puisque le positivisme prend forcément un point de départ arbitraire qui fonde le droit (pour nous, la Constitution), cela revient à dire que les auteurs de la Constitution avaient des droits que les autres n'avaient pas, sans quoi le document qu'ils ont écrit ne peut être la source d'aucune autorité et la loi fondée sur ce document n'en est pas vraiment une. Si ces hommes avaient le droit de faire la Constitution, alors la Constitution n'est pas réellement la source du droit puisque ces hommes avaient déjà ce droit de la créer et de lui transmettre une autorité. Mais alors d'où vient cette autorité qu'ils ont conféré à ce texte et qui le rend sacré ? Peut-on arriver à une justification qui ne soit pas une variante de "ils étaient des prophètes portant une parole divine" ? Car s'ils n'en étaient pas alors nous pouvons rejeter leur Constitution. Si la Constitution est la source du droit, alors elle doit tirer son autorité d'autre chose qu'elle-même. Si le droit provient de la Constitution, alors le droit n'existait pas avant la Constitution, et donc les auteurs de la Constitution n'avaient aucun droit de prétendre que leur document puisse fonder un droit. La Constitution fonde le droit, mais si elle fonde le droit il doit donc déjà exister un droit de fonder le droit. Donc la Constitution ne peut réellement fonder le droit sans qu'un droit n'existe déjà. Pour moi c'est similaire aux problèmes logiques des textes religieux : La Bible est la parole de Dieu parce que c'est écrit dans la Bible. La Constitution est la source du droit parce que c'est écrit dans la Constitution. Mais la Constitution parle elle-même d'un droit naturel, donc elle admet elle-même un autre droit que celui qu'elle prétend créer. Cependant elle ne fournit aucune justification pour sa prétention que le "droit naturel" lui confèrerait le droit de créer un droit positif, de même que le roi n'a jamais démontré tirer son pouvoir d'un mandat divin. J'y vois simplement une sécularisation de cet argument : le roi prétendait sans démonstration tirer son pouvoir de Dieu, et la Constitution prétend sans démonstration tirer son pouvoir d'un autre droit qui reste vague, et on ne sait pas bien pourquoi ce "droit supérieur" aurait donné la mission à ces prophètes autoproclamés d'écrire une Constitution qui en serait la matérialisation. En résumé la Constitution est un texte qui reprend tout en tentant de le maquiller la justification du droit divin qui lui serait tombé dessus par magie. Elle n'offre pas de source rationnelle à l'autorité qu'elle s'auto-attribue

Cela est confus mais ce que j'essaye d'exprimer est qu'il me semble impossible de poser des bases rationnelles au droit positif. Il est au contraire nécessaire de postuler des attributs déïques aux hommes qui auraient fait naître le document initiateur du droit. En cela, la thèse mainstream actuelle sur laquelle se base le droit que nous connaissons n'est en réalité pas différente de la thèse religieuse selon laquelle le prophète ou le roi tire son autorité d'une source intangible et surnaturelle (il transmet la parole divine). Si les auteurs du texte fondant le droit n'étaient pas des dieux, alors leur texte n'a aucune autorité et la Constitution n'est rien d'autre qu'un contrat qui n'engage que les personnes qui l'ont explicitement validée. Je ne vois pas comment on peut justifier le droit positif sans postuler d'attributs sur-humains aux hommes ayant posé le point de départ de ce droit.

Si le droit est une création humaine, on ne peut le justifier de manière non circulaire : à un moment donné, des hommes se sont donnés à eux-mêmes le droit de faire le droit qu'ils imposent aux autres ? Mais d'où tirent-ils le droit de se donner ce droit ? Comment ce droit est-il soudainement apparu ?

C'est en ça que je ne vois pas en quoi la Constitution est ontologiquement différente d'un texte religieux : à un moment donné, un homme ou un groupe d'hommes ont "eu la vision", ils ont écrit leur opinion sur du papier et c'est devenu un crime pour les autres de ne pas s'y conformer. Je ne trouve aucun moyen d'arriver à une justification non-surnaturelle de l'émergence de ce droit. Si les auteurs de la Constitution étaient des hommes, ils étaient donc "égaux en droit" avec les autres et leur Constitution n'est donc qu'un contrat qui n'engage qu'eux. Si la Constitution a l'autorité de fonder le droit, alors puisque nous sommes égaux en droit je peux moi aussi écrire une Constitution et prétendre qu'elle oblige autrui. Si je ne peux pas faire ce que ces hommes ont pu faire, alors soit ces hommes étaient au-dessus de la loi (et donc le droit se contredit lui-même), soit ils n'étaient pas réellement des hommes mais des messagers d'un droit supérieur qui leur serait tombé dessus et leur aurait conféré l'autorité de faire apparaître un texte ayant des pouvoirs magiques (et dans ce cas la Constitution est d'un statut similaire à tout autre texte religieux et son autorité peut être niée avec les mêmes arguments). BREF : je suis incapable de trouver à la loi telle qu'elle est conçue aujourd'hui une source de légitimité non circulaire et non contradictoire. Cela me paraît une impossibilité logique et par conséquent signifierait que le droit tel qu'il existe ne dispose d'aucune légitimité supérieure et aucun fondement rationnel qui devrait lui conférer un statut au-delà du religieux. On ne peut pas poser un droit positif sans supposer un droit antérieur permettant à ce droit d'émerger.

Je visualise déjà un certain nombre d'objections qui devraient être proposées (être né sous un droit préexistant, faire le choix de rester, accepter implicitement, utiliser les services fournis par l'état) et je ne trouve aucune de ces objections convaincantes mais j'attendrais qu'elles arrivent pour éventuellement les traiter. Par exemple j'entends déjà que le droit provient des élections démocratiques, mais ça ne me dit pas 1. Comment l'élection tire son droit de faire le droit (il doit y avoir un droit antérieur qui donne le droit au résultat de l'élection de s'imposer à tous) et 2. Si le droit provient du vote, alors il serait injustifiable de l'appliquer aux personnes n'ayant pas voté. On revient toujours au point de départ : de quel droit la procédure faisant émerger le droit tire-t-elle elle-même son droit de le faire ?

Je vois aussi venir des rapprochements potentiels avec les fameux individus qui "ne contractent pas", mais d'après ce que je sais d'eux, leur argumentation se baserait elle même sur des choses qui seraient écrites dans la DDHC ou je ne sais où, et donc le même problème de circularité se pose à leur idéologie : de quel droit antérieur le texte qui prétend fonder le droit tire-t-il son droit de le faire ? Le droit positif ressemble tout simplement à une impossibilité logique puisqu'il est obligé de postuler ce qu'il rejette pour se justifier (il doit nécessairement y avoir un droit "non-positif" permettant l'émergence d'un droit positif sans quoi aucun homme ne peut avoir le droit de faire le droit). En d'autres termes les gens qui rejettent avec mépris les gens qui "ne contractent pas" utilisent pour ce faire des arguments similaires à ceux qu'ils réfutent.

Comprenez bien que je ne prétends pas détenir la vérité et que je pose tout ça depuis un niveau de certitude très modéré

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u/vrsatillx — 5 days ago

l'origine du concept de création

Bonjour. J'aimerais partager une idée concernant l'origine du concept de création. Pour plus de clarté, je vais l'illustrer par un dialogue entre deux personnes discutant de l'origine de ce concept.

-A : Tous les concepts ont une origine, et la plupart proviennent d'une expérience sensorielle. Par exemple, le concept de rayons X était inimaginable avant leur découverte, tout comme celui du magnétisme et de bien d'autres. Alors, d'où vient le concept de création si nous n'avons jamais vu personne créer ?

-B : C'est simple, nous avons vu des gens créer des choses. On peut prendre un long bâton, une pierre taillée, et fabriquer une lance.

-A : Ce n'est pas créer, mais transformer. Transformer consiste à utiliser ce qui existe déjà pour créer quelque chose, tandis que créer consiste à créer quelque chose à partir de rien. Autrement dit, imaginez le néant absolu, où rien n'existe, pas même l'obscurité. Former/créer quelque chose à partir de quelque chose, c'est créer, quelque chose d'inédit, d'inédit, d'inédit. Comment peut-on alors concevoir un tel concept ?

-B : C'est une bonne question, mais comment expliquer que je puisse imaginer un cochon volant si personne n'en a jamais vu ?

-A : C'est une dérivation mentale à partir de quelque chose que tu connais déjà. Ton esprit prend des concepts que tu connais et les transforme en de nouveaux ; par exemple : Cochon + Ailes = Cochon Volant.

Ce qui est intéressant, c'est que le concept de création n'est pas la somme de concepts existants ; en fait, c'est probablement le seul concept connu qui ne peut être dérivé d'aucun autre.

-B : Ça ne marche pas comme ça. Les gens sont plus intelligents que tu ne le penses.

Même si c'était comme vous le dites, les anciens seraient arrivés à cette idée à un moment donné, en se disant quelque chose comme : « Les écosystèmes se sont formés par la nature, peut-être l'univers aussi, mais d'où cela vient-il ? Peut-être d'un autre univers, mais à quoi ressemblait le premier univers ? » Peut-être a-t-il simplement été créé.

-A : Cela semble être un argument solide, qui semble réfuter l'idée que le concept de Création ne peut pas surgir naturellement ; mais il comporte une faille : ils n'auraient jamais pu dire : « Peut-être a-t-il simplement été créé », car la Création implique un Créateur. Ils auraient tout au plus pu conclure que l'Univers a eu une Origine, ce qui est différent de la Création, car la Création implique une Origine, mais aussi un Créateur. Nous n'avons apparemment jamais vu, entendu ni été témoins de quelque manière que ce soit de quelqu'un possédant le Pouvoir de Création, il serait donc impossible de l'attribuer à une autre personne, puisqu'il s'agit d'un Pouvoir que nos sens n'ont jamais perçu, et nous l'attribuerions à une Personne que nous n'avons jamais vue non plus.

Nombre de concepts liés aux différentes conceptions de Dieu pourraient être une dérivation mentale de quelque chose que nous connaissons déjà, mais le concept de Création est unique.

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u/Llaha14 — 4 days ago

Demande de recommendations

Bonjour, je suis un jeune lycéen et je m’intéresse à la philosophie. J’ai récemment étudié personnellement Marc Aurele et j’admire ses pensées stoïciennes, c’est pourquoi je vous demande aujourd’hui des recommendations de philosophes et ouvrages sur le stoïcisme. Merci d’avance !

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u/Frogz_off — 7 days ago

Questionnement sur les débats

J’ai remarqué, très souvent sur les RS, à chaque fois que y’a une question, un débat, une discussion, un désaccord, les gens dérivent super facilement vers la politique. Comme si c’était une sorte d’argument valable pour contredire, et même carrément descendre l’interlocuteur d’en face.

Or, dans énormément de contexte on peut mener une discussion sans en venir à parler de politique. Je trouve ça fatigant et même un peu bête : ça permet trop de raccourci et efface les nuances, ça élève pas trop le débat en général c’est même plutôt contraignant car les gens finissent pas sengueuler sans qu’il n’y ai de véritables raisons pour en arriver à ce stade.

Ensuite, j’avais une question : pourquoi être de droite c’est aussi mal vu ? Est-ce que dans les autres pays les gens se sentent aussi concernés par la politique ?

Perso après avoir fait moult recherche pour me « positionner », la réponse c’est que j’arrive pas à choisir de camp. Y’a des schémas très similaires dans des régimes opposés, et des « aspects » positifs et négatifs dans chacun, j’arrive pas a trancher et à choisir un « packaging complet » avec lequel je suis en parfait accord.

J’ai aussi beaucoup l’impression que les politiques n’en ont rien à foutre de nous quel que soit le bord, donc je vois pas pourquoi je devrais me prendre la tête à défendre corps et âmes un parti qui m’écoute pas spécialement, ou de loin.

On peut avoir des valeurs, une morale et une réflexion sans pour autant être forcément de DROITE ou de GAUCHE. Du coup un peu lassée de voir les gens se catégoriser entre et contre eux, et aller au jugement facile.

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u/britney-spritz — 9 days ago
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Question pertaining absurdism

I’m very new to the domain of philosophy pardon my ignorance

Camus opined that no branch or thought of philosophy,science or teleology can discern the purpose and meaning of existence and this boundless perpetual quandary is axiomatic hence best accept it by making truce with it you also understand that there will irresolvable emptiness

At least according to me if you concede that there will be irresolvable emptiness you are lowkey giving meaning and purpose to you life … since I’m new to to this i also have another question
Whenever I have philosophical questions how to do I answer them or expand the question further to better understand it

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u/Bubbly-Brick9591 — 7 days ago

Dans un Etat injuste ou sans justice, le citoyen a-t-il le devoir de faire justice soi-même ?

Pour illustrer l'idée je prendrai simplement l'exemple d'Ulysse rentrant en Ithaque pour y trouver sa femme et son fils pris au piège par les prétendants qui pillent son domaine et convoitent sa femme.
Aidé par son fils et un ou deux amis il met au point un stratagème pour tous les tuer et récupérer son bien légitime.

D'après cette histoire, quels sont vos avis sur ces questions.

Ulysse a-t-il agit justement? Ou légitimement?
Ou alors aurait-il du abdiquer et accepter la ruine de sa famille et de ses amis? L'emploi de la force pour garantir notre bien et notre liberté est-il nécessaire? Jusqu'à quelle point?
Existe-t-il des situations dans lesquels faire justice soi-même est un choix rationnel?

Bref, donnez votre avis ou vos solutions j'ai hâte de les lire.

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u/An71h3r0 — 8 days ago

Un souvenir rêvé est-il moins réel ?

Je me demande parfois ce qui distingue réellement un souvenir vécu d’un souvenir rêvé.

Instinctivement, nous répondons que l’un appartient au réel et l’autre à l’imagination. Pourtant, lorsque le temps passe, tous deux finissent par se ressembler. Les souvenirs s’effacent, se déforment, se recomposent. Notre mémoire nous trompe parfois au point que nous ne savons plus exactement ce qui a été et ce que nous avons simplement imaginé.

Je pense souvent à ma marque de vêtements. Dans le monde réel, elle n’a jamais connu le succès auquel je la destinais. Pourtant, combien de fois ai-je vécu son existence ? J’ai imaginé les défilés, les interviews, les soirées, les rencontres avec des artistes, les conversations, les plateaux de télévision. Je les ai imaginés avec une telle intensité qu’ils ont fini par prendre une place dans mon histoire.

Alors je me demande : ces moments n’ont-ils vraiment jamais existé ?

Ils n’ont certes jamais eu lieu dans le monde des autres. Mais ils ont existé dans le mien. Ils ont été vécus par ma conscience, ont suscité des émotions, nourri des désirs, façonné une part de celui que je suis devenu. À quel moment pourrait-on dire qu’ils ne sont rien ?

Cette pensée m’est venue en lisant Le Rêve d’un homme ridicule de Dostoïevski. Lorsqu’on meurt, notre monde disparaît avec nous. Non pas le monde des autres, mais le nôtre : celui que nous avons habité toute notre vie. Il n’y a plus d’après pour cette conscience qui a porté nos joies, nos peines, nos rêves et nos souvenirs.

Alors, au dernier instant, quelle importance restera-t-il entre ce qui s’est réellement produit et ce qui n’a vécu qu’en moi ? Tout cela aura constitué mon monde. Tout cela aura été.

Peut-être que la différence entre un souvenir vécu et un souvenir rêvé n’est finalement pas aussi grande que nous le croyons. Car l’un comme l’autre auront laissé une trace dans la seule réalité dont je puisse être absolument certain : celle de ma propre conscience.

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u/Happy-Injury-6527 — 8 days ago

Le positivisme de Comte

Bonjour, je me demandais pourquoi le positivisme, surtout d'Auguste Comte, semblait avoir échoué en tant que système philosophique. A ce que j'ai vu, il a influencé beaucoup de domaines comme la sociologie, politique, l'histoire mais dans ce qu'il proposait philosophiquement, à savoir un rejet de la métaphysique et des religions j'ai l'impression qu'il n'a pas eu la prétention d'accomplir ce qu'il voulait. Est-ce qu'avoir considérer la religion comme une étape de l'histoire est de l'homme est une des causes principales à cet échec ?

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u/SilentResolution8761 — 10 days ago