Les cris étouffés
D’un pas posé, je marchai sans but particulier. Vêtu d’un manteau de feuilles vertes, l’arbre à ma droite dansait au souffle du vent. Je profitai de cette fraîcheur matinale pour laisser s’enfuir mes pensées négatives.
Affalé au bord d’une bâtisse en ruine, un homme était assis. Son dos courbé par l’inconfort de la rue, il tenait un pauvre pot de yaourt qui contenait toute sa fortune. Il souriait aux passants, espérant une simple discussion. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’en avait pas eu. Lui qui avait été abandonné par sa propre famille.
À cadence rapide, les piétons marchèrent avec leurs écouteurs dans les oreilles. Ils estompèrent le bruit de leur pas par de la musique bien trop forte. La prison de leur propre pensées.
Aucun de leur regard ne se posaient sur le vieil homme, trop stimulés par leurs oreillettes.
Affligé par ce manque d’humanisme, je versai le restant de mes pièces dans son petit pot.
Quelques pas plus loin, je sortis mes écouteurs.