Les minorités sont hypocrites d'isoler les Québecois blancs francophones comme oppresseurs:
Un individu appartenant à une minorité au Québec subit certes des dynamiques de pouvoir locales, mais bénéficie simultanément d'infrastructures, de services publics et d'un pouvoir d'achat financés indirectement par des chaînes d'approvisionnement mondiales qui exploitent souvent le travail et les ressources naturelles du Sud global (mines en RDC, usines textiles en Asie du Sud-Est, etc.).
Ignorer ce fait crée une dissonance où l'on dénonce l'oppression dont on est l'objet sans reconnaître celle dont on est le bénéficiaire passif à l'échelle mondiale et je pense que les Québecois francophones ont RAISON de pointer cette hypocrysie.
Pourquoi les politiques identitaires sont inutiles selon moi
Les politiques identitaires se concentrent sur des caractéristiques immuables (race, sexe, origine). En pointant des groupes entiers comme coupables par essence, cette approche risque de transformer des alliés potentiels en adversaires politiques.
Au lieu de favoriser l'empathie, la focalisation sur le prisme de la race ou les privilèges identitaires nuit à la cohésion sociale nécessaire pour tout projet de réforme sociale d'envergure.
L'alternative
La politique identitaire tend à créer des conflits horizontaux (entre membres de la classe moyenne ou ouvrière de différentes origines). La politique de classe propose un conflit vertical (les travailleurs contre l'élite économique).
En se concentrant sur des enjeux universels : logement abordable, accès aux soins de santé, conditions de travail, inflation on crée une base de solidarité qui transcende les origines ethnoculturelles.
L'amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière bénéficie aux minorités (qui y sont souvent surreprésentées) sans déclencher la réactance liée aux discours culpabilisants.
Mon expérience personnelle et pourquoi j'aborde ce problème:
Habitant à hochelaga-maisonneuve, je côtoie majoritairement des Québecois francophones blancs de la classe ouvrière et beaucoup d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté de Montréal. Beaucoup de mes amis d'Hochelaga ont des familles dysfonctionnelles (parents avec antécédants judiciaires, usant de la drogue ou avec peu de scolarité).
Je trouve que j'ai beaucoup plus en commun avec ces personnes qui ont peut-être pas la même ethnie que moi, mais qui partagent un quotidien beaucoup plus proche du mien (la réalité de payer des factures, difficulté à se loger ou se nourrir) qu'un Québecois d'origine Algérienne qui est dans le top 5% économique.
Et vais-je sérieusement prétendre que ces Québecois qui ont vécu dans des conditions précaires ont soudainement plus de privilège qu'un Algérien avec une famille fonctionnelle qui a eu la chance de fréquenter l'université juste parce qu'ils sont blancs? C'est totalement stupide.