Bonjour à toutes et à tous,
Je remercie tout d’abord sincèrement celles et ceux qui prendront le temps de me lire.
H27, ingénieur dans l’informatique dans une petite société de service informatique (< 20 salariés), non syndiqué. La hiérarchie : un directeur opérationnel/chef de projet, un autre chef de projet, et le reste une DRH et mon patron (Français) qui vivent au Canada car nous sommes une antenne Française d’une boîte Canadienne.
Cela fait presque quatre années que j’y travaille, c’est mon premier emploi après école.
Cela fait quatre ans aussi, que je supporte de moins en moins le management autoritaire de mon directeur opérationnel et de scènes qui me pèsent de plus en plus. Paternaliste, donne des surnoms rigolos, mais aussi parle mal dans les situations « tendues » (livraison d’un projet, etc.), a toujours raison. Ces scènes, qui me mettent mal à l’aise, me pèse (j’y pense en dehors du travail, cela me génère de l’anxiété), je les note sur mon téléphone pour m’en souvenir.
La semaine dernière, ce directeur m’a demandé de l’aide sur un projet sur lequel j’avais travaillé. J’étais sur complétement autre chose, je n’ai pas compris le contexte de son problème et il a prononcé les mots suivants : « si tu continues de te justifier sur ton travail, ça va vite me casser les couilles ». Ça peut paraître anodin, mais ces mots m’ont vraiment marqués car je les trouve absolument pas approprié en entreprise (nous ne sommes pas potes), j’ai vraiment été mal à l’aise, je ne trouvais plus mes mots, je n’osais plus le regarder.
Cette semaine, je n’en pouvais plus de ne pas pouvoir en parler, donc j’ai décidé d’en discuter dans un premier temps à mon autre chef de projet, avec qui je m’entends beaucoup mieux (nous n’avons pas encore de représentant du personnel). Je lui ai dit à quel point nombre de situations avec le directeur opérationnel me mettait mal à l’aise, qu’il m’arrivait de venir avec la boule au ventre au travail, au point que je notais ces faits sur mon téléphone. Il m’a dit que la situation nécessitait absolument d’en discuter avec la direction (ce dont j’étais d’accord).
Le lendemain, nous avons donc fait une réunion entre ce chef de projet et mon directeur opérationnel. J’ai expliqué calmement les situations qui me mettaient mal à l’aise, et qu’il me faisait souvent peur. Je souhaitais simplement que cela change et de repartir sur des bases "saines". Il n’en convenait absolument pas, aucune excuse, lui a beaucoup de stress en tant que responsable, fait beaucoup d’heures (contrat jour) par rapport à moi (35 heures), donc tout ça peut être justifié. L’existence de mes notes sur mon téléphone est très mal prise, voyant cela comme une « trahison » et des « preuves » pour que j’aille aux prudhommes (ce n’est absolument pas mon intention).
Puis la situation se retourne complètement contre moi, mon mal être n’est absolument pas pris en compte, et au contraire, tout est de ma faute, les situations de rush, les collègues qui finissent à 20h (par la qualité de mon travail). Au point qu’un « avertissement » écrit des RH plane actuellement sur moi. On termine la réunion en reconsidérant « ma place dans l’entreprise » sur l’avenir. On en reparle lundi avec le patron qui sera là et la RH.
Je tremble de partout, j’ai chaud, et je ne suis absolument pas bien.
Le lendemain pas une parole ni un regard de mon directeur, il m’ignore totalement et je suis effrayé de mon côté de ce qui peut m’arriver (le patron et le directeur sont potes).
Depuis, je suis dans une angoisse totale sur ce qui peut m’arriver. Je suis terrifié à l’idée de perdre mon emploi, d’être au chômage, et de ne pas réussir à « rebondir ».
J’en ai parlé uniquement avec une collègue, qui partage à 100% les dérives de management autoritaire et auquel j’ai tout son soutien.
Il y a deux ans, lors de ma visite, j’ai déjà mentionné à la médecine du travail le fait que mon manager me faisait souvent peur et me mettait mal à l’aise. Je ne l’ai pas partagé à ma direction.
Je ne suis pas non plus syndiqué (grosse erreur…), mais je ne sais pas s’il est trop tard pour que cela puisse m’aider d’une quelconque manière.
Merci à tou.te.s celles et ceux qui me liront.