Je ne soutiens pas les « chasseurs de pedophile »
Bonjour,
Je réagis suite à l’intervention de « Finizy » dans Quotidien, un jeune streamer qui a pour job de chasser les pedophiles en live sur twitch, ainsi qu’à la vague d’indignation visant l’émission depuis, certains accusant les journalistes présents sur le plateau de « défendre les pédophiles » simplement parce qu’ils ont osé questionner les méthodes de ce streamer.
Personnellement, cette “chasse aux pédophiles” menée sur les réseaux me met profondément mal à l’aise, et cette interview n’a fait que renforcer ce sentiment.
D’abord, j’ai l’impression que beaucoup de ces créateurs de contenu agissent avant tout pour le buzz et la visibilité. Pendant l’interview, il semblait incapable d’expliquer clairement la portée ou les motivations de sa démarche, tout en refusant d’admettre que la mise en scène en direct de ses “traques” participe évidemment à sa notoriété.
Ensuite, même lorsque les éléments paraissent accablants, je reste attaché au principe fondamental de la présomption d’innocence. Je suis également opposé à l’idée d’un tribunal populaire où les réseaux sociaux remplaceraient la justice.
Au-delà de ça, ce type d’initiative peut nuire à de véritables enquêtes judiciaires : diffusion prématurée d’informations, destruction potentielle de procédures, contamination de preuves, les conséquences peuvent être graves.
Enfin, je suis profondément mal à l’aise avec le lynchage public et médiatique que cela entraîne. On parle souvent du prédateur exposé, mais beaucoup moins des répercussions sur sa famille ou sur les victimes elles-mêmes. Une médiatisation massive peut raviver des traumatismes sans leur consentement et les replonger brutalement dans des événements qu’elles essaient parfois de reconstruire ou de dépasser.
Et avant qu’on me tombe dessus ou qu’on dise que je défende les pedophiles (franchement ça me donne envie de vomir de lire des trucs comme ça sous les commentaires des publications de Quotidien, désolée de vouloir encore croire en notre système judiciaire), ce poste ne vient surtout pas à minimiser la gravité de la pédocriminalité. Au contraire : c’est justement parce que ces faits sont extrêmement graves qu’ils devraient être traités avec rigueur, dans un cadre judiciaire, et non transformés en contenu viral.