Liberté sans égalité n'est que privilège
La liberté est une valeur immuable. Tout être humain, tout peuple y a droit, sans condition, sans hiérarchie.
Mais la liberté sans égalité n'est qu'un mot vide. Pire : c'est un mensonge. Ce que la droite appelle « liberté individuelle », c'est en réalité la liberté de dominer. La liberté du propriétaire sur son employé. La liberté du plus fort sur le plus vulnérable. Ce n'est pas la liberté c'est un privilège qu'on défend avec becs et ongles en lui donnant un beau nom.
Pour que la liberté soit réelle, il faut trois égalités, et aucune n'est négociable.
L'égalité des individus d'abord. Tant qu'une classe dirigeante concentre le pouvoir économique et politique, la liberté reste hors de portée du plus grand nombre.
L'égalité des peuples ensuite. Le Québec a droit à sa liberté comme n'importe quel peuple sur terre. On nous a jadis posé le choix : égalité ou indépendance. On n'a eu ni l'un ni l'autre. Je crois que ces deux objectifs sont indissociables qu'on ne réalise pas pleinement l'un sans l'autre.
L'égalité des genres enfin. Discriminer selon le genre, l'identité ou l'orientation sexuelle, c'est amputer la liberté collective. Une société où des femmes accomplies et fières n'occupent pas toute la place qui leur revient n'est pas une société libre c'est une société à moitié réalisée.
Ni maître, ni esclave. C'est à ce prix-là seulement que la liberté existe vraiment.