Est-ce que les sentiments reviennent quand on sort de la dépression ?
Bonjour, j'ai vraiment besoin d'avis sur ce que je traverse en ce moment. Je remercie d'avance ceux qui prendront le temps de lire. Je (f26) suis en pleine rupture qui est difficile à vivre car elle survient à une période déjà difficile pour moi. En effet je cumule deux jobs et je prépare le barreau.
Mon besoin d'avis porte sur cette rupture. Mais avant je précise que cette relation était très saine, sans aucun problème particulier, très forte, qu'on se projettait très loin et qu'on s'aimait plus que tout. Cela allait faire trois ans de relation.
Le truc c'est qu'il est en dépression depuis un an voire plus longtemps à cause du deuil de son papa, il ne suit pas de traitement mais voit un psy. Cette année sa dépression l'a vraiment rongé, il a arreté de travaillé, a arreté ses études alors qu'il en était passionné, il a cessé de voir des gens en dehors de moi. Je précise qu'il n'a eu aucun soutien sauf le mien. Ni sa famille ni ses amis ne prenaient des nouvelles de lui. Aussi, il a commencé à avoir une estime de lui même complètement déplorable ce qui perdure actuellement. Et il acceptait de moins en moins l'idée qu'on puisse l'aimer, il disait que j'avais juste l'impression de l'aimer ce qui est totalement faux...
Février dernier (donc assez récent) : il allait de plus en plus mal et a commencé à avoir un besoin viscéral d'être seul. Le problème c'est qu'on habite ensemble. Je lui ai répondu qu'on ne pouvait pas déménagé tout de suite mais dans quelques mois. de toute façon notre cohabitation était prévue pour être temporaire car on fait juste notre dernière année d'études dans la même ville. Avec le recul, j'ai minimisé son besoin, je n'ai pas vu qu'il allait aussi mal.
Problème : il a commencé à être de plus en plus désagréable, constamment sur les nerfs alors que ça ne lui ressemblait pas du tout à cause de cette cohabitation. Je l'ai appris plus tard mais c'est classique dans une dépression.
Et en moins de deux mois il s'est complètement détaché et a souhaité arreté cette relation. Il a expliqué qu'il ne ressent rien de manière générale, que ce qu'il aime d'habitude il n'en ressent plus aucun plaisir aujourd'hui. Lui qui était passionné de littérature depuis petit, a l'impression de flotter quand il lit un livre. Il était porté par des convictions politiques fortes et aujourd'hui : il est incapable d'aller dans l'association politique ou il se sentait vraiment utile, porté par quelque chose.
Il dit qu'il sait que c'est moi et personne d'autre, qu'il a conscience qu'il pensera toujours à moi et qu'il est rempli de nostalgie. Il dit qu'il ne comprends pas cette perte de sentiments, qu'il s'est battu pour les faire durer jusque la dernière seconde, qu'il ne se rend pas compte que c'est fini mais qu'il s'en rendra compte quand on aura déménagé dans quelques jours maintenant, quand il sera seul face à l'absence... Aussi il dit qu'à cause du deuil, il a du mal à voir les choses de manière "temporaire" et donc qu'il avait du mal à se dire "ok j'attends quelques mois, j'aurais mon appart, je serai seul et voila". Il dit aussi qu'il me trouve géniale, qu'il trouve que j'ai tout ce qui lui plait et qu'il sait que c'est une erreur d'arrêter, qu'il regrettera toute sa vie etc... Ce paradoxe est incompréhensible pour moi.
C'est d'une violence inouïe pour moi d'entendre quelque chose de pareil. Cette relation était tellement saine et rempli d'amour sans aucune perte, jamais. Je vous avoue que mon cerveau déjà épuisé par le travail a du mal à supporter la perte de mon repère, de ce que je pensais être mon avenir. Et je plonge dans une tristesse profonde depuis cette annonce, j'ai même appelé le 3114 ce qui m'a d'ailleurs beaucoup aidé. Je ne comprends pas cette situation qui dépasse toute logique pour moi. Pour moi c'est comme si je me prenais un camion en pleine tronche. Voir cet avenir s'éffondrer est la réalisation de ma plus grande peur.
sachant qu'il vient juste de recommencer à travailler, qu'il a trouvé un appartement. J'en suis ravie et rassurée car je vois qu'il fait ce qu'il faut pour aller mieux. Même s'il ne va pas mieux, il dit qu'il n'est plus rien.
J'ai conscience qu'il a besoin d'être seul et d'ailleurs moi aussi. Mais je ne comprends pas cette rupture brutale, ce détachement.
J'aimerais avoir l'avis de personnes ayant vécu une situation similaire, est-ce une vraie perte de sentiments ? Est-ce temporaire ? Et à votre avis : que dois-je faire face à cette situation ?