STB d'essayer de rendre la pareille à ma femme?

Bonsoir à tous.

Mon épouse et moi sommes tous deux fans de jeux de société depuis très longtemps.

Il est à noter que je suis ce que l'on appelait autiste asperger, et que pour le type de réflexion demandé par les jeux en général je suis très très performant, et que j'ai une mémoire qui me fait mémoriser les coups ou cartes jouées par chacun sans y réfléchir. En conséquence, et je le comprends bien, je ne peux pas jouer à de nombreux jeux (les neurotypiques ont généralement moins de 2-3% de chance d'y gagner).

Il est à noter que mon épouse n'est pas "standard" non plus. Par exemple, elle a réussi médecine haut la main du premier coup, elle a toujours été dans le top 3 de ses classes, elle a une mémoire long terme très très impressionnante, etc...

En conséquence, que ce soit avec mon épouse ou mes amis, on joue à des jeux où le facteur chance a une grande importance, ou bien des jeux où appliquer la "bonne méthode" suffit pour gagner. Bref, à minima des jeux où elle a 20% de chances de gagner.

Nos enfants, malheureusement pour eux et pour elle, sont comme moi. Depuis qu'ils ont environ 10 ans, ils ont dépassé les capacités standard d'un adulte aux jeux. En conséquence, à la maison, ma femme se fait rétamer à quasiment tous les jeux tout le temps.

Mon épouse s'est donc mise à jouer en ligne, contre des inconnus, grâce à des sites comme boardgamearena. Là-bas, elle gagne les trois quarts du temps, et je comprends tout à fait que ce soit nécessaire pour son estime d'elle-même. En général, elle joue d'ailleurs à ses jeux préférés.

Enfin, elle se servait également de ces sites pour s'entraîner et voir quelles tactiques employaient les meilleurs joueurs, afin d'améliorer ses chances face à moi. Bref, gagnant-gagnant.

Perso, ça ne m'intéresse pas du tout. J'ai testé, les joueurs sont majoritairement très mauvais, il n'y a aucun challenge, malgré le système de côte.

Bref, tout allait bien, jusqu'à récemment. Ma femme préfère jouer en ligne plutôt qu'avec moi. Je peux lui proposer de jouer avec moi, elle va refuser puis jouer en ligne avec des inconnus devant moi. Pire, à mes jeux préférés, même pas aux siens.

Quand je lui demande pourquoi, elle me répond:

- Que le jeu est beaucoup plus rapide sans mise en place physique, car tout est automatisé,

- Qu'elle préfère jouer contre des gens qu'elle a de grandes chances de battre.

Ca me rend triste. Je suis jaloux de ces inconnus qui peuvent jouer avec ma femme, et j'ai l'impression d'être trompé. Genre je suis là, dispo, demandeur, et elle va faire ça avec des inconnus.

Ce n'est pas que le jeu en lui-même qui fait que j'aime jouer avec elle. C'est du temps passé ensemble, du temps où je peux être moi-même sans me limiter, et chaque fois qu'elle me bat, même si c'est rare, je pourrai lui faire l'amour directement sur le plateau de jeu tellement je suis admiratif et fier d'elle.

Je lui ai communiqué ma tristesse et même ma jalousie (en minimisant, je ne veux pas la faire culpabiliser) mais elle prend ça comme de la jalousie banale, ou comme si je voulais restreindre sa liberté.

Je ne lui demande pas de ne pas jouer en ligne, surtout à ses jeux préférés ou quand je ne suis pas dispo, mais quand je suis là, dispo, demandeur, qu'elle joue à mes jeux préférés devant moi avec d'autres... Je trouve ça abusé.

Du coup, comme elle avait l'air de ne pas comprendre ce que je ressentais, j'ai décidé de lui rendre la pareille.

Je joue à SES jeux préférés devant elle avec nos enfants. Elle commence une partie en ligne? J'en fais une avec les gosses.

A la fin de sa partie, elle demande si elle peut se joindre à nous pour la suivante. Ou d'en faire une avec moi.
Et là je lui réponds, retournant ses arguments:

- Que rien n'est automatisé, qu'il faut tout mettre en place, qu'elle ferait mieux de jouer en ligne où tout est plus rapide.

- Qu'elle n'a presque aucune chance de gagner contre nous, qu'elle ferait mieux de s'amuser en ligne.

Mon but, c'est qu'elle comprenne ce que l'on ressent dans un tel cas, qu'elle accepte de discuter, de trouver un compromis.

Cependant, elle me dit que je suis cruel/méchant. Que je me venge.

Ca me sidère un peu, car je ne fais que la même chose qu'elle, j'agis en miroir. Pour elle, c'est différent car nos chances de victoires sont disproportionnées.

Perso, gagner m'indiffère et perdre ne me pose aucun souci. Au contraire, je trouve ça hyper stimulant. Mais je comprends que beaucoup de gens se sentent "bêtes" ou "nuls" quand ils perdent. Face à moi, ça n'a pas de sens, c'est juste un de mes points forts.

Je me plante souvent quant à savoir s'il faut faire la bise ou serrer la main, tutoyer ou vouvoyer, si une personne est sérieuse ou sarcastique, je suis inférieur à plus de 99% de la population à ce jeu là, et j'en fais pas un drame. Je mémorise en espérant faire mieux la prochaine fois. Chacun ses talents et ses faiblesses, c'est la vie.

Etre triste ou vexé de perdre contre moi à un jeu, c'est aussi con qu'être content d'avoir remarqué que X était en colère contre Y alors que moi pas. Et à la base, c'était justement mon intellect qui l'avait séduite.

Bref, vu que je ne saisis pas tout, suis-je le trou de balle dans cette histoire? Est-ce que je me représente mal les choses, j'ai manqué un tort?

Edit précision:

- Mme commence une partie de MES jeux en ligne (longs) devant moi alors que je suis dispo

- Je joue à SES jeux (courts) avec les enfants pendant ce temps.

- Les enfants partent refaire leur vie avant qu'elle ne termine sa partie

- Je laisse le jeu prêt et ouvert sur la table. J'attends qu'elle termine et vienne me demander de faire une partie de son jeu avec elle. Et là je lui dis non, en lui retournant ses arguments, mais que si un jour elle veut jouer avec moi à mes jeux je serai ravi de rejouer aux siens avec elle.

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u/Nemris86 — 6 days ago

En quoi notre société a t-elle évolué en mieux depuis votre enfance?

Allez, un petit sujet feel good.

Donnez ici vos exemples d'améliorations de notre société entre votre enfance et maintenant. Citez ce qui vous fait plaisir, que ce soit une toute petite amélioration ou une très grande.

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Pour ma part, j'en citerai une car je suis tombé pile à la bonne période et j'ai suivi cette évolution en direct: la place des pères.

Quand ma grande est née, le congé parental (y compris le temps partiel) était réservé aux mères. C'est ma femme qui a mis sa carrière en pause les six premiers mois après son arrivée. Logique, no-brainer, une évidence.

Par contre, quand le dernier est arrivé, la loi avait changé. Afin de pouvoir récupérer les enfants à temps entre nounou et école, il fallait que l'un de nous lâche du lest, et j'ai voulu prendre ma part.

La moitié du personnel des RHs ne savait pas que les hommes y avaient droit, j'étais le premier homme de l'histoire de la boîte (2000 salariés) à demander un congé parental (en pratique, un temps partiel à 80%). Tous les formulaires étaient au féminin, "Mme" "Nom de la mère" etc...

Emmener ses enfants au parc, ça a complètement changé.

Quand j'ai eu ma grande, j'étais le seul homme, les mères et les nourrices me souriaient et me faisaient des "compliments". "Ho, vous aidez votre femme, c'est bien!" "Ha, c'est Papa qui fait du babysitting?" C'était bienveillant, mais ça montrait bien que dans l'esprit des gens, ce n'était pas du tout le rôle naturel d'un père.

Et je n'étais pas un parent, mais un "aidant".

La société a vite évolué: quand mon fils est né, je croisais d'autres papas. Très minoritaires, mais présents. Les mamans et les nounous m'ignoraient, j'étais juste un adulte comme un autre qui emmenait ses enfants jouer, pas une exception.

L'école aussi... Quand ma fille est entrée en maternelle et que je la récupérais le lundi (mon jour de repos) on était trois hommes à la sortie pour +-200 femmes.

Ce nombre n'a fait qu'augmenter, et massivement, en l'espace de 10 ans. Aujourd'hui, à la sortie des écoles, on aperçoit un bon 40% d'hommes. Ce n'est certes pas une parité absolue, mais comparé au 1% de l'époque, c'est ultra massif.

La perception de la place du père aussi a changé. Pour Noël quand il avait deux ans, mon fils a commandé une poussette pour poupées. J'avoue avoir eu un serrement de cœur inquiet et rétrograde face à cette demande hors-normes, mais on lui a pris sans dire un mot.

Quand il a ouvert son cadeau, il était tout heureux. Il a mis son doudou dedans et a commencé à le promener. "Je suis un Papa maintenant".

Je ne vous dis pas à quel point j'ai été surpris, puis à quel point ça m'a fait chaud au cœur.

J'ai l'impression que les gens oublient à quel point les pères avaient un rôle restreint en tant que parents jusqu'il y a une quinzaine-vingtaine d'années. Et à quel point nous, les pères, avons été heureux et rapides à prendre notre place quand la possibilité nous a été offerte.

Et je ne vois que du positif à cela, pour les mères, les pères et nos enfants.

A vous 😉

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u/Nemris86 — 1 month ago
▲ 37 r/AskMeuf

Coucou à toutes!

Ma question s'adresse principalement aux femmes hétéros en couple depuis au moins une bonne décennie.

Pour contexte, pendant nos premières années ensemble, ma femme et moi nous étions répartis les taches ménagères, en apparence à 50-50% en temps et en pénibilité. On se croyait modernes et équitables.

Mais la douille, vous la voyez venir: quand c'était mon tour de faire les courses, il fallait que Mme me fasse une liste. Se souvenir de tous nos rendez-vous, tout planifier au quotidien comme pour les vacances, c'était Mme. Le petit post-it pour rappeler qu'il y avait une machine qui tournait et qu'il faudra penser à étendre le linge, c'était signé Mme évidemment.

Puis il y a presque 10 ans, une révélation: une BD courte sur Facebook (Emma l'artiste je crois), évoquant un concept révolutionnaire: la charge mentale. On s'est complètement retrouvés dedans: Mme qui comprenait pourquoi elle était exténuée alors qu'elle et moi consacrions le même effort pour les tâches ménagères, moi réalisant à quel point je me reposais sur elle et laissais toute la pression, tout le stress, sur ses épaules.

On a décidé de prendre le taureau par les cornes afin de se répartir cette charge mentale.

Exemples basiques de ce qu'on a décidé:

- J'ai pris la gestion des rendez-vous médicaux des enfants, que ce soit dentistes, vaccins etc... Mme ne connaissait même plus les dates, je ne lui communiquais que si ça devait être à elle d'emmener l'enfant. Puisqu'elle ne connait même pas les dates, elle ne peut pas avoir de charge mentale dessus.

- J'ai pris mes responsabilités concernant les tâches qui étaient les miennes: faire en sorte d'y penser seul, de gérer seul, sans mot de sa part.

- Activer mon "radar". Faire en sorte, régulièrement, de faire le tour de la maison pour remarquer les anomalies (pyjama du dernier sur le canapé, tâche sur le sol de la cuisine, jouets dans le couloir etc...) pour y remédier de moi-même sans qu'on ait rien à me dire. Veiller à ce qu'il y avait à faire, aux évènements à venir etc...

En gros... Devenir adulte co-responsable du foyer, et plus un "aidant".

J'ai tenu ma part "sans erreurs". Mais pour ma femme, c'était une souffrance. L'impression de perdre le contrôle, la peur que je ne fasse pas bien, que j'oublie. Quelque part, la sensation d'être nulle car elle se reposait en partie sur un homme pour gérer "son" foyer.

Au départ, je me disais qu'il fallait qu'elle s'y fasse. Que c'était dur de lâcher prise. Mais là, ça fait 10 ans et ça n'avance pas.

Je ne sais pas, exemple type: cela fait plus de quinze ans que je fais le repassage et le pliage du linge de la famille, toujours le lundi à 14h00 pile, sauf quand on est en vacances à l'extérieur sans possibilité de le faire. Jamais eu le moindre raté.

Ma femme est toujours incapable de ne pas stresser à ce sujet. Une remarque le dimanche sur la quantité de linge, un appel "mine de rien" le lundi pour savoir si telle jupe de la grande était dans le linge ou égarée, etc... Quand je râle, elle va se retenir fort la semaine suivante, mais va foncer dans une chambre en rentrant le lundi soir pour vérifier si le linge a été fait.

C'est exaspérant, c'est humiliant. Elle ne peut pas lâcher prise, ça l'angoisse.

Même chose pour tout. Même amener ou récupérer les enfants à l'école, ce que j'ai littéralement fait au moins 2000 fois (on fait 50% des trajets chacun).

Aujourd'hui, c'est elle qui veut "récupérer" sa charge mentale, et moi qui m'y refuse obstinément. Je suis aussi adulte et responsable qu'elle, je n'ai pas à être fliqué, contrôlé, et encore moins ordonné. Ca ne me viendrait pas à l'idée de dire à ma femme "t'as vu le sol du salon? C'est crade hein, t'oublieras pas de bien nettoyer tout à l'heure", j'estime que l'inverse devrait être vrai.

La fin de la charge mentale exclusive, c'est aussi la libération des hommes, de leur rôle d'éxécutant/subalterne dans les tâches ménagères, c'est la reconnaissance qu'on est tout aussi capables que vous de penser à tout et de réaliser nos tâches.

C'est aussi un gain de pouvoir pour nous: je fais 50% des repas, quand je fais les courses (une fois sur deux) j'ai le droit de choisir les ingrédients quand je veux, tant que je reste dans le respect des goûts de chacun et d'une alimentation équilibrée. Si je préfère telle marque, ou faire tel repas, c'est mon droit. Elle ne me demande jamais mon avis pour ses courses, et je ne me permettrais pas de critiquer ses choix (mais elle critique chaque semaine les miens, ou me demande de me justifier).

Et même... J'estime qu'à partir du moment où à la fois les tâches ménagères et la charge mentale sont réparties équitablement, j'ai le droit de décision autant qu'elle sur la gestion du foyer. Y compris déco, électroménager, fringues des enfants etc...
Elle accepte car elle se rend bien compte que ce serait injuste, mais elle a la sensation que je lui "vole" ses droits. En gros, je lui prends une part du pouvoir.

Pour contexte tout de même, elle vient d'une famille où les femmes sont des tyrans-boniches: en gros, les hommes sont considérés comme incapables de faire quoi que ce soit correctement dans le foyer, donc les femmes décident tout, gèrent tout, font tout sauf le peu qu'elles ordonnent à leurs hommes. En gros, chez les beaux-parents si je m'approche d'une éponge ou d'un balais belle-maman va m'engueuler au titre que je vais casser quelque chose, ou faire tellement mal qu'elle devra repasser deux fois. Beau papa doit demander l'autorisation de prendre un café ou d'aller se laver (quand il n'en reçoit pas l'ordre).

Tout ça pour dire, je n'en veux pas trop à ma femme d'avoir du mal à lâcher, mais ça me saoule: on est en 2026, si on veut du féminisme, on s'y tient bordel.

On en discute, et elle m'explique son problème: pour elle, la société fait peser le poids du foyer sur les femmes. Si un jour l'un des gosses a des fringues trouées ou mal repassées, c'est sur elle que se porteront les jugements, elle qu'on critiquera, pas moi alors que c'est ma tâche. Idem si un jour il y avait un retard, un loupé etc...

En gros, la société fait tout peser sur les femmes pour le foyer, donc les femmes sont responsables, donc elles doivent penser à tout et tout contrôler.

Son raisonnement n'est pas faux, mais fuck. Moi, j'en ai rien à faire de nos genres ou des attentes de la société: j'ai le droit et l'envie de prendre soin de mon foyer et de ma famille autant qu'elle, de prendre autant de responsabilité, et d'avoir la même part décisionnelle. J'ai le droit de prendre ma part de charge mentale et de l'assumer.

Là dessus, elle m'accuse à demi-mot de vouloir lui retirer une part des rares pouvoirs que les femmes avaient traditionnellement. C'est vrai, mais moi je veux juste une gestion égalitaire et non genrée. Du coup, on ne sait même plus si c'est féministe ou anti-féministe.

On constate l'impasse: Mme est incapable de lâcher le contrôle, de ne plus superviser, de ne plus penser à tout. La charge mentale lui coûte, mais son absence l'angoisse, la stresse, lui fait peur. Même après 10 ans, ça s'est à peine apaisé. Même pour des tâches que je fais sans faillir depuis quasi 20 ans.

De mon côté, c'est devenu un acquis social. Je ne peux pas redevenir cet enfant-adulte à qui on doit dire d'aller mettre la table ou de penser à racheter du PQ. Qui ne gère rien, qui ne choisit rien. C'est ma dignité, c'est l'image que je renvoie aux enfants.

Bref, quelle est votre histoire avec la charge mentale? Avez-vous réellement réussi à lâcher, à la partager? Comment vivez-vous le regard de la société, de vos parents, des autres femmes? Auriez-vous des conseils?

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u/Nemris86 — 1 month ago