u/PeohMenel

Explications compte sur marge

Bonjour à tous,

Je m'intéresse à l'utilisation d'un compte sur marge (chez IBKR) et j'aimerais être sûr d'avoir bien compris le principe. J'ai également quelques questions.

CE QUE J'AI COMPRIS

Le principe :

Le principe d'un compte sur marge est d'emprunter de l'argent à son broker pour pouvoir acheter d'autres actifs. L'intérêt principal, c'est de pouvoir diversifier sur d'autres classes d'actifs non corrélées. Par exemple, avec 10k en cash et 10k empruntés (levier X2), on pourra acheter 10k en ETF World, 5k en or et 5k en obligations. En contrepartie, il faudra payer au courtier les intérêts sur l'emprunt.

Les risques :

Cette stratégie présente 2 risques :

  1. Le broker peut faire un appel de marge, voire liquider immédiatement le portefeuille, s'il considère que son risque augmente trop. Ce risque se présente dès que la valorisation du portefeuille baisse ou que la volatilité augmente. C'est le risque principal car il peut entraîner la perte de plusieurs années d'investissement.

  2. Le plus évident, même si c'est le moins "dramatique" des deux : le coût de l'emprunt peut être supérieur au gain de valorisation de la partie empruntée.

Les notions essentielles :

- La Net Asset Value (NAV ou valeur liquidative nette en français) : c'est la somme des actifs du portefeuille à laquelle on déduit la dette (la partie empruntée).

- La marge de maintien : c'est la valorisation minimum du portefeuille dont le broker exige la présence sur le compte (en cash ou en actifs). La marge de maintien est propre à chaque broker et à chaque produit. Un produit risqué (par exemple vendre des naked call) aura une exigence de marge plus élevée qu'une simple obligation. De même, la marge de maintien peut augmenter selon les conditions de marché (notamment en période de forte volatilité). Cette augmentation est à la discrétion du broker.

- La liquidité excédentaire : Tout simplement NAV - marge de maintien. Si la liquidité excédentaire atteint zéro, le broker déclenchera un appel de marge ou demandera de rajouter du cash sur le compte.

Un exemple de transaction :

On part d'un portefeuille de 8 000€ en actifs, et de 2 000€ en cash, sans emprunt. On va considérer que le broker exige 30% des actifs en marge de maintien.

NAV initiale = 8 000 + 2 000 = 10 000€

Marge de maintien initiale = 8 000 x 30% = 2 400€

Liquidité excédentaire initiale = 10 000 - 2 400 = 7 600€

On décide d'acheter les mêmes actifs pour un montant de 8 000€. On emprunte donc 6 000€ au broker et on paye 2 000€ en cash.

NAV finale : 8 000 (de base) + 8 000 (achetés) - 6 000 (empruntés) = 10 000 €

Marge de maintien finale : (8 000 + 8 000) x 30% = 4 800€

Liquidité excédentaire finale : 10 000 - 4 800€ = 5 200€

Exemples de scénarios d'évolution des actifs après transaction :

Scénario 1) Si la valorisation des actifs décroche de 20% :

NAV = 16 000 x 80% - 6 000 = 6 800€

Marge de maintien = 16 000 x 80% x 30% = 3 840€

Liquidité excédentaire = 6 800 - 3 840 = 2 960€.

Le portefeuille survit sans appel de marge.

Scénario 2) Si la valorisation des actifs décroche de 50% :

NAV = 16 000 x 50% - 6 000 = 2 000€

Marge de maintien = 16 000 x 50% x 30% = 2 400€

Liquidité excédentaire = 2 000 - 2 400 = - 400€.

Le broker va déclencher un appel de marge. Dans le meilleur des cas, il demandera simplement de réinjecter 400€ de cash externes. Dans le pire des cas, il liquidera une partie des positions pour récupérer les 400€ en cash sur le compte.

A noter que ces deux scénarios impliquent que le broker garde une exigence de marge de 30%. C'est l'hypothèse la plus sensible car, comme évoqué dans les risques, le broker peut décider d'augmenter son exigence de marge à cause de la volatilité trop importante.

C'est cette hypothèse qui peut entraîner la ruine en chaîne : la volatilité explose donc le broker augmente son exigence de marge. En parallèle, les actifs décrochent. C'est donc la double peine pour le portefeuille qui se retrouve liquidé au pire moment.

De plus, il ne faut pas oublier que l'emprunt augmente en fonction du temps en l'absence d'évènement (car il faut payer les intérêts de l'emprunt au broker).

MES QUESTIONS

  1. Est-ce que j'ai bien compris ou ai-je manqué des subtilités ?

  2. Comment évaluer le levier du portefeuille après transaction ? Est-ce simplement "valorisation des actifs" divisée par la NAV (donc 1,6 dans mon exemple après transaction) ? Ou alors est-ce une formule différente ? Et selon vous, quel serait un levier raisonnable pour le long terme (en considérant que le seul risque, c'est l'appel de marge) ;

  3. Je suis chez IBKR. Est-ce que vous sauriez quel pourcentage de marge de maintien dois-je prendre pour éviter l'appel de marge en situation de stress de marché ? J'achète du NTSX (levier interne donc) + DBMFE + EGLN, avec une hypothèse de corrélation qui deviendrait 1 en crise ;

  4. Et enfin, pour ceux qui utilisent ce genre de stratégie (emprunt broker ou short box spread), comment vous gérez le risque de chute des actifs (pour réduire le levier avant l'appel de marge) ? Je suppose que vous ne regardez pas à chaque minute ce qui se passe sur votre compte.

Merci à tous de m'avoir lu, j'ai essayé d'être structuré et exhaustif dans mon propos

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u/PeohMenel — 3 days ago