Que faire ? J'ai des soucis de harcèlement à portée potentiellement sexiste avec mon fils.
Bonjour à toutes et tous,
J'ai deux enfants dont un fils en CM2, diagnostiqué dans le spectre autistique.
Quand il était en maternelle et jusqu'au CE2, il avait une espèce d'amie "petite-amie" avec qui il était très fusionnel (se tenaient par la main, petits bisous, beaucoup de sorties ensembles...) et qui a depuis changé d'école. C'est une relation qui clairement lui manque, mais dont il a fait le deuil depuis déjà un moment.
Le fait d'être dans le spectre a, chez lui, une espèce de désavantage dans les rapports sociaux, dans le sens où il est à la fois naïf (il comprend pas qu'on puisse ne pas l'apprécier sans raison par exemple, le juger sans le connaître, etc) et plutôt en avance sur son âge dans la compréhension des rapports de force sociaux ce qui le pousse à beaucoup compenser et éviter les situations qui le mettent mal à l'aise.
Il a été harcelé à partir du CM1 quand l'intégration dans les groupes d'enfants a commencé à être plus fatiguants pour lui, et où lui-même a débuté à se sentir très en décalage au niveau de ses centres d'intérêts par exemple. Ce harcèlement a été initié par une fille qui a des problèmes sociaux à la maison et qui reproduit à l'école ce qu'elle y voit (violences physiques et verbales) sur tous les autres enfants, et quu s'est rapidement rendu compte que mon fils était plus fragile/intéressant à torturer que d'autres. Elle a notamment utilisé la relation passée qu'il avait avec sa petite amie pour l'atteindre et affecter fortement son estime de soi.
Je fais un bond en avant jusqu'à aujourd'hui.
Il a changé d'école et beaucoup de choses vont un peu mieux, même si le harcèlement laisse des traces. À sa manière, il a développé un petit crush très mignon pour une fille de sa classe qui est également amie avec ma fille un peu plus jeune. Il n'avait jamais osé lui dire et a totalement conscience de ne pas l'embêter avec ses sentiments (il est pudique et timide) surtout qu'il s'agit d'un sujet très couvert à la maison. On peut dire qu'il est très respectueux et qu'on lui a appris à ne pas voir les filles comme des "filles" uniquement, et que tout le monde était différent (on en parle notamment sur le sujet de la "normalité" puisque notre fils est évidemment très souvent confronté à cette question, y compris par des adultes maladroits).
Il a toujours été super gentil avec elle. On le sait, on s'est renseigné là dessus. On peut dire qu'ils sont amicaux entre eux depuis qu'il a rejoint cette classe cette année.
Pour la Saint-Valentin, un professeur a proposé à ses élèves, dont mon fils, d'écrire un petit mot pour l'éventuelle personne de la classe qu'ils aiment en secret (c'est maladroit de la part du prof, mais je trouve ça quand même très humain et indolore en soi, pas de soucis de ce côté là). Jusqu'ici tout va bien, et mon fils va écrire un petit poème émouvant pour son crush et lui marquer "je t'aime", à l'instar d'autres enfants de sa classe.
Depuis, et nous avons eu le fin mot de cette histoire ce week-end, il a recommencé à nous parler de harcèlement, à manquer l'école, et à décompenser d'une manière générale, ce qui nous a valu pas mal de souffrances ces derniers mois. Il s'avère en fait qu'il est harcelé par le groupe d'amie de son ex-"crush" depuis son petit mot. Il se fait insulter tous les jours de gros porc (il a grossi depuis son harcèlement initial), moche, puant, con, etc. Il a subi une stigmatisation incessante par rapport à ses attitudes et son apparence, ainsi que de la discrimination puisque ce groupe a usé de son influence pour essayer de l'esseuler complètement ces derniers mois. On a été alerté par plusieurs personnes dont ma fille (qui voulait au prealable protéger son secret, elle lui avait promis de pas nous en parler) ce week-end.
Et, je remarque maintenant que ça s'accompagne d'un dégoût pour les filles en général, qui s'affirme franchement, et qu'on recadre évidemment en conséquence en lui expliquant que ça arrive, que c'est l'âge, que c'est pas toutes les filles qui sont comme ça.
Ma fille dit qu'elles lui répètent en se moquant de lui qu'il n'aurait jamais du croire qu'un "moche" comme lui aurait pu avoir ne serait-ce qu'une petite chance avec son ex-"crush".
Je trouve qu'il est très délicat en tant que parent de faire face à des réalités de ce genre, et d'arriver à faire relativiser la portée de ces événements. J'aurais bien envie de le défendre publiquement mais il s'agit un sujet super délicat. Ça me fait penser à la série Netflix "Adolescence" (le sujet de fond, pas ce qu'il pourrait se passer ensuite !) et je marche donc sur des oeufs. Il est déjà très suivi médicalement et j'amènerai tout ce développement récent sur la table prochainement.
Ma fille est également un soutien potentiel même si elle a son petit caractère qui ne facilite pas les choses (elle est partagée sur la question, très clairement).
J'ai peur que ça se transforme en un traumatisme de plus chez lui... Devrais-je en parler aux autres parents ? Comment réagiriez-vous si votre enfant agissait ainsi, ou subissait la même chose dans l'autre sens ?
Edit : avec ma femme, on a tendance à penser qu'on ne devrait pas s'en mêler.
Edit2: bien évidemment, toutes les situations d'harcèlements antérieures et en cours sont (et ont été) également dans les mains des adultes de son école (qu'il quitte là puisqu'il rentre au collège en septembre). Et mon fils est suivi medicalement par des professionnels que nous tenons au courant de tout.