Suspicion d’autisme tardif et conflit dans ma relation amoureuse
Hello, je (23F) n’ai jamais publié ici parce que je ne me suis jamais sentie légitime pour le faire car je n’ai pas encore de diagnostic, et cela n’arrivera peut-être jamais vu à quel point ça a l’air d’être compliqué (et demander des démarches administratives aussi longues et compliqués à des personnes qui ont des soucis relationnels que ce soit autistique ou non ça me semble complètement stupide mais bref).
J’ai, depuis mes premiers souvenirs, toujours eu des doutes sur ma santé mentale parce qu’il était évident que je n’arrivais juste pas à entrer dans le monde. J’avais toujours l’impression de flotter au-dessus de moi et de me rendre compte de toutes les stupidités que j’avais pu faire ou dire.
Mon père me disait que quand j’étais petite, je n’arrivais pas, selon lui, à trouver ma place. Et c’est un problème qui m’a suivi toute ma vie. Je me disais que si je ne me sentais pas bien ici au point de développer une dépression alors cela voulait dire que ce n’était pas « mon endroit ». Donc j’ai énormément étudié à l’école pour sortir de mon milieu social et de ma petite ville (qui n’étaient pas si terrible avec du recul). J’étais sûre que dans un meilleur endroit, ça irait mieux. J’ai été prise dans l’université de mes rêves dans la ville de mes rêves, puis l’école de mes rêves, j’ai même trouvé un foyer confortable où je vis avec mon copain. Mais le sentiment n’a pas changé. Bien que ce foyer soit ce qui ressemble le plus à un chez moi, depuis quelques temps,il y a quelque chose qui manque mais je ne sais pas quoi.
Je suis suivie par un psychiatre (donc thérapie médicamenteuse avec un joli cocktail de pleins de trucs) qui m’a recommandé récemment de passer un bilan neuropsychologique alors j’ai fait ma demande à un hôpital public : j’ai cru comprendre que c’était long mais je ne sais pas à quel point.
Récemment, je suis confrontée à énormément de choses qui me stressent énormément au point de faire des crises de larmes, de cris ou des moments où juste je disparais, plus rien ne se passe dans ma tête (une prof m’avait conseillé de faire ça quand j’étais stressée, elle me recommandait de regarder au-dessus de la scène stressante et de s’en éloigner : le conseil était pas si fou puisqu’il m’a amené à dissocier en permanence).
Chaque jour de plus sans savoir exactement ce que j’ai. Pourquoi je me sens si mal depuis si longtemps ? Pourquoi je n’arrive pas à exprimer ces satanés émotions ? bref j’en peux tout simplement plus.
J’ai eu une grosse dispute avec mon copain aujourd’hui car j’ai commencé à pleurer en plein déménagement (je suis stressée par rapport à ça + au fait que j’ai un voyage d’étude prévu dans une semaine et je panique car c’est mon premier voyage toute seule et j’ai sincèrement peur de ne pas être à l’aise loin de tout ce qui m’est familier). C’était horrible. Plus je pleurais, plus ça l’irritait, plus ça l’irritait plus mes pleurs s’intensifiaient au point de devenir des cris. Il est parti en me laissant seul dans mon appartement presque vide en m’invitant à revenir quand je serai calmée. Comme officiellement je n’ai pas de tsa bien que « la procédure soit lancée » (et je doute même que ça mène quelque part parce que je convainc souvent que ce sera négatif et que je me prends juste la tête pour rien), je ne peux pas lui dire que je ne contrôle vraiment pas ces crises. Il appelle ça des caprices et il m’a avoué que ça lui faisait vivre un enfer. Je veux bien le comprendre honnêtement. À sa place, je serai figée face à quelqu’un dans cet état. Mais, quand j’essaye de me justifier, il me dit que je cherche des excuses et rien de plus.
Le problème c’est qu’il a lui-même des problèmes notamment une dépression, un tdah et des soucis financiers puisque nous sommes des étudiants. Et il me répète souvent que c’est tellement d’effort de prendre soin de moi au quotidien en plus de ses problèmes que quand je fais des crises, il en peut plus. Quand ça arrive : je ne peux plus rien lui dire, c’est fini.
À chaque fois, j’ai l’impression d’avoir peu de temps pour lui expliquer comment je me sens mais comme je panique et bien je le fais mal et souvent il le prend comme un reproche ou encore une fois une façon de faire l’enfant capricieux.
Comment lui faire comprendre ? Le papier du diag changera-t’il vraiment cette relation ? Est-ce effectivement, et comme littéralement tous les partenaires que j’ai pu avoir dans ma vie, je suis juste trop compliqué à vivre ? Comment peut-on partager cette souffrance quotidienne sans tomber dans une mélodie plaintive qu’il ne supporterait juste plus d’écouter ?
Je précise quand même qu’en dehors de ces moments, il est l’homme de ma vie et notre relation est extrêmement saine. C’est simplement précisément dans les moments où je « dérape » qu’il ne me suit plus. Il souffle quand je commence à raconter une anecdote car elle sera trop longue et mal articulée. Il se plaindra de mes réactions surdimensionnés ou s’en moquera. Sera saoulé que je ne comprenne pas ses sous-entendus alors que bon dieu on étudie les lettres tous les deux donc je devrais le savoir. Bref, tout ce qui précisément me pose un problème au quotidien. Je peux comprendre que ça le fatigue puisque ça me crève au quotidien. Mais comment lui faire comprendre ? Plus j’escalade dans les niveaux d’explications, plus il se renfrogne.
Donc, je suis perdue voilà. Je commence à douter de tout mon avenir. Je pense à un monde où personne ne reconnaîtra ces difficultés que je ressens pourtant bien. Je me demande sincèrement comment je pourrais continuer à vivre avec ce sentiment d’incompréhension généralisée (d’autant plus frustrant que je me sens bien avec quelqu’un quand je sens qu’il me comprend ce qui commence à être de moins en moins le cas avec lui…).
Enfin, une séance de ouin ouin simplement pour recueillir des témoignages réconfortants de personnes qui pourraient se reconnaître ou reconnaître des proches dans cette situation. (Désolée pour le pavé et bonne soirée à tous)