
Que dire de ce pays. Et le monsieur responsable de tout cela est introuvable depuis 70 jours !
La Banque africaine de développement tire la sonnette d'alarme sur la qualité de la dépense publique camerounaise. Selon l'institution panafricaine, environ la moitié des ressources injectées dans l'investissement public au Cameroun ne se traduit pas par des infrastructures réellement fonctionnelles, un constat qui fragilise les ambitions de développement portées par la Stratégie nationale de développement 2020-2030.
Les données disponibles corroborent ce diagnostic sévère. Le taux d'exécution physique des projets d'investissement public plafonnait à environ 44 % au troisième trimestre 2024, révélant une sous-consommation chronique des crédits pourtant votés. Une étude de la Banque mondiale sur le sujet pointait déjà un système de gestion des investissements marqué par des coûts anormalement élevés et des retards considérables. Sur un échantillon de cinq grands projets, les délais d'exécution initialement prévus entre trois et quatre ans se sont étirés jusqu'à sept, voire dix ans, pour des coûts finaux de deux à six fois supérieurs à ceux observés dans des pays comparables.
Le circuit de la dépense publique n'arrange rien à l'affaire. Le traitement des dossiers dans la chaîne de passation des marchés publics dure en moyenne 11,3 mois, contre une norme internationale de trois mois. Une analyse du ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire portant sur 25 grands projets révélait que 76 % d'entre eux avaient accumulé plus de deux ans de retard, pour des surcoûts cumulés dépassant 620 milliards de FCFA entre 2018 et 2023.
Même le portefeuille actif de la BAD au Cameroun, évalué à plus de 1 600 milliards de FCFA, n'affiche qu'un taux de décaissement de 26 %, illustrant la difficulté à convertir les financements approuvés en chantiers livrés. Pour la Banque, l'urgence n'est plus d'augmenter les enveloppes budgétaires, mais de réformer en profondeur la gouvernance des projets, sous peine de continuer à financer des infrastructures qui ne voient jamais le jour.
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