Un retour sur mon style d'écriture ?
Bonjour,
Je suis un jeune auteur (19 ans) qui aimerait sur le long terme être capable d'écrire des romans.
J'ai voulu améliorer mon style d'écriture, car j'écrivais vraiment très mal il fut un temps (non pas que j'écrive très bien aujourd'hui, mais je suis à peu près sûr que c'est quand même mieux !), donc j'ai pris pour habitude d'écrire de très courtes scènes indépendantes dans le seul but de travailler mon style d'écriture.
Je vous partage l'une d'entre elles, que j'ai écrite récemment et que je trouve plutôt représentative de mon style d'écriture dans tout ce que j'ai écrit ces derniers mois. Si jamais vous avez le temps de la lire, cela m'aiderait que vous me donniez votre avis quant aux forces et faiblesses que vous trouvez à mon écriture, ce qui vous plaît et ce qui ne vous plaît pas...
Voici la scène en question :
Cette soirée avait été riche en surprises, et comme la nouveauté ne créait chez Ambre aucun plaisir, elle ressentit le besoin d’échapper à la chaleur étouffante qui envahissait sa demeure. Ce ne fut que lorsqu’elle referma la porte derrière elle qu’elle s’autorisa une grande inspiration. L’air était frais. Une fois qu’elle eut repris ses esprits, son attention se porta sur sa sœur, assise au loin près du lac et contemplant le crépuscule. Ambre releva les plis de sa robe et s’aventura sur l’herbe mouillée pour la rejoindre.
— Tu ne devrais pas t’asseoir alors qu’il a plu, Sophie, tu risques de tacher ta robe !
— Et vous, ma sœur, vous ne devriez pas me tutoyer. Vous savez bien que mère a proscrit le tutoiement au sein de la famille et souhaite que nous privilégions le vouvoiement.
— Qu’importe ! Mère n’est pas là alors on peut bien parler comme on veut. Tu n’as pas besoin de me rappeler les règles à chaque fois. Tu devrais te détendre. Pourquoi as-tu quitté la fête ? Ton prince charmant croit que c’est de sa faute. Tu es partie si soudainement que je n’ai moi-même pas compris ce qui s’était passé.
De longues secondes passèrent, puis se transformèrent en minutes, et comme Ambre comprit que Sophie ne comptait pas sortir de son mutisme, elle s’assit à ses côtés et observa le paysage qui s’obscurcissait davantage à chacun de ses clins d’oeil ; aucun arbre n’était là pour dévier son attention, cela aurait été vain car Ambre n’avait d’yeux que pour la vaste étendue d’eau étincelante que formait le lac. Son regard se perdit entre deux vaguelettes qui allaient et venaient contre le rivage alors qu’elle repensait à la soirée qu’elle venait de vivre, à la recherche d’un événement qui aurait pu être à l’origine de la contrariété de sa soeur, en vain ; alors elle leva la tête vers le ciel qui laissait apparaître ses premiers astres et constata la présence de deux étoiles jumelles — c’était comme cela qu’Ambre et Sophie les appelaient — qui rayonnaient ensemble à la même intensité et allaient mourir ensemble une fois le jour levé.
— A quoi bon être jumelles si je suis la seule à rayonner et que je ne peux même pas enlever un peu du poids qui pèse sur tes épaules ? Tu peux t’exprimer ici, l’eau et les étoiles seront les seuls témoins de ton émoi. Quant à moi, je promets de me taire à jamais dès que l’on sera de retour pour la fête.
Quelques secondes passèrent encore avant que Sophie n’adresse un regard larmoyant à sa sœur. De violents tremblements s’emparèrent d’elle dès qu’elle ouvrit la bouche pour parler. Alors, elle s’exprima en un seul souffle :
— Je me sens laide, voilà ! Le garçon que je suis censée épouser dans trois semaines a passé la soirée à échanger sourires et regards avec une autre femme malgré tous les efforts que j’ai faits pour m’apprêter et suivre les conseils de mère. Oh, elle était si belle dans sa robe en velours ! Jamais je n’aurais pu rivaliser. Non seulement je n’apprécie pas le garçon que je vais épouser, mais en plus il ne me sera pas fidèle. Tous ces sacrifices pour ne mener à rien !
Cette avalanche de paroles impressionna Ambre qui n’était pas habituée à ce que sa sœur se confie à ce point. Elle assembla ses pensées les plus tendres pour lui répondre et lui prouver que tout cela ne comptait guère, mais elle se ravisa à la seconde même où un premier son sortit de sa bouche car elle savait que Sophie et elle ne partageaient ni les mêmes buts ni les mêmes vertus.
— Oh, ma soeur, reprit Sophie, je vous ai vue regarder cette femme vous aussi, pendant toute la soirée qui plus est, et rougir à ses tendres regards ainsi qu’à ses sourires. Ne vous inquiétez pas, je garderai votre secret bien au chaud dans mon coeur, cela ne me dérange pas, mais ne révélez jamais rien de tout cela à mère, elle ne comprendrait pas. J’aurais seulement voulu que vous me regardiez un peu aussi, pour que je puisse me sentir importante à vos yeux à défaut de l’être à ceux d’un homme.
Sophie se releva alors, essuya ses larmes, et disparut dans l’obscurité, vers la demeure, pour rejoindre la fête tant qu’il en était encore temps, avant qu’elle ne perde son époux pour de bon. Ambre resta près du lac toute la nuit. Elle marchait, s’allongeait dans l’herbe, chantonnait, jetait des cailloux dans l’eau… Tout était bon pour ne pas succomber à ses plus tendres pensées. Tout était bon pour rester le plus loin possible de l’embrasement.