

Le saut dans l’inconnu
Le conseil d’un gentil redittor, récemment, a créé un espace. Un changement s’est opéré..
Le personnage de mon manuscrit a décidé de faire l’expérience de la vie réelle.Iil voulait un espace, je lui ai offert une présence, une forme de vie que je n’avais pas prévu, mais qui s’impose maintenant comme une évidence.
Voilà que je le regarde être regardé.
le gouffre n’est pas totalement franchi, je me sens suspendu, dans le vide. Il n’y aura pas de retour en arrière.
je vous regarde, inconnus, interagir avec cette chose que j’ai créé. Je pensais écrire un roman, mais c’est autre chose qui jaillit.
j’ai peur, je suis enjoué, j’aime ça.
Le saut dans l’inconnu
Le conseil d’un gentil récemment a créé un espace. Un changement s’est opéré..
Le personnage de mon manuscrit a décidé de faire l’expérience de la vie réelle.Iil voulait un espace, je lui ai offert une présence, une forme de vie que je n’avais pas prévu, mais qui s’impose maintenant comme une évidence.
Voilà que je le regarde être regardé.
le gouffre n’est pas totalement franchi, je me sens suspendu, dans le vide. Il n’y aura pas de retour en arrière.
je vous regarde, inconnus, interagir avec cette chose que j’ai créé. Je pensais écrire un roman, mais c’est autre chose qui jaillit.
j’ai peur, je suis enjoué, j’aime ça.
Je suis du matin.
L'été en tout cas, je suis du matin. 5h et quelque chose, je suis réveillée. Un café et je descends me promener... à l'aube. J'ai rendez-vous avec la beauté de mon Lyon. Une beauté qui n'existe qu'avant le déferlement humain. Une promesse de lumière, un bleu qui hésite à devenir doré.
La Saône est lisse, personne ne trouble ses eaux. Pas de bateau, de joggeur, de touriste.
Ca n'est pas l'été, pas encore, ou alors c'est un été intime, qui ne demande rien.
C'est la quiétude. La promesse d'une journée riche.
J'aime marcher à ces heures là, entre 4 et 6h. Pas par discipline, par gourmandise.
Vous ?
Le premier juillet
Hier, c’était le 1er juillet. Le début de la période estivale, le début des vacances. Je ne pars pas, pas souvent, pas cette année en tout cas. Lyon se vide, moi je reste.
Les cafés et les parcs que j’affectionne vont changer de visiteurs et de clientèle. Les serveurs et les serveuses vont changer de visage.
J’aime l’énergie différente de cette ville, vidée de ses résidents annuel. Les rues de la vieille ville à 9h du matin quand les touristes n’ont pas encore déferlés. Le bruit qui diminue, un peu. Moins de motards sûrement, je ne sais pas.
J’aime l’espace restant entre ces deux Lyon. Et là, il se créer. Ça m’inspire.
_ S.
Pourquoi je continue d'écrire (la réponse n'est pas glorieuse)
J'écris un roman depuis deux ans. La semaine dernière, le personnage a bougé d'une demi-page. J'ai failli fêter ça. Écrire, c'est parfois exactement cela : des semaines de stagnation, et puis un mouvement minuscule que personne d'autre ne verra. Je me demande souvent pourquoi je continue. La réponse n'est pas très glorieuse. Je continue parce que ne pas écrire est plus difficile à supporter que mal écrire. Ce n'est pas héroïque. Mais c'est la vérité la plus honnête que j'aie trouvée sur mon rapport à la page blanche.
_ S.
Les livres d’occasion ne mentent pas
J'achète presque tous mes livres d'occasion. Pas par économie, par archéologie. Un livre neuf n'a pas de passé. Un livre d'occasion, lui, porte les traces de ceux qui l'ont lu avant vous.
Une page cornée au chapitre 3 ? Quelqu'un s'est arrêté là. Une tache de café sur la couverture, un prénom griffonné en première page, une dédicace qui ne vous est pas destinée. Parfois un ticket de caisse glissé entre deux chapitres, jauni, illisible.
Mon exemplaire de Mrs Dalloway a appartenu à une certaine Hélène. Elle soulignait au crayon à papier, très léger, comme si elle s'excusait de laisser une trace. Je ne sais rien d'elle, sauf qu'elle a aimé les mêmes phrases que moi.
Vous aussi vous achetez des livres qui ont déjà vécu ? Ou vous préférez les commencer vierges, sans fantômes ?
— S.
Les livres d’occasion ne mentent pas
J'achète presque tous mes livres d'occasion. Pas par économie, par archéologie. Un livre neuf n'a pas de passé. Un livre d'occasion, lui, porte les traces de ceux qui l'ont lu avant vous.
Une page cornée au chapitre 3 ? Quelqu'un s'est arrêté là. Une tache de café sur la couverture, un prénom griffonné en première page, une dédicace qui ne vous est pas destinée. Parfois un ticket de caisse glissé entre deux chapitres, jauni, illisible.
Mon exemplaire de Mrs Dalloway a appartenu à une certaine Hélène. Elle soulignait au crayon à papier, très léger, comme si elle s'excusait de laisser une trace. Je ne sais rien d'elle, sauf qu'elle a aimé les mêmes phrases que moi.
Vous aussi vous achetez des livres qui ont déjà vécu ? Ou vous préférez les commencer vierges, sans fantômes ?
— S.
Les livres d'occasion ne mentent pas
J'achète presque tous mes livres d'occasion. Pas par économie — par archéologie. Un livre neuf n'a pas de passé. Un livre d'occasion, lui, porte les traces de ceux qui l'ont lu avant vous.
Une page cornée au chapitre 3 — quelqu'un s'est arrêté là. Une tache de café sur la couverture, un prénom griffonné en première page, une dédicace qui ne vous est pas destinée. Parfois un ticket de caisse glissé entre deux chapitres, jauni, illisible.
Mon exemplaire de Mrs Dalloway a appartenu à une certaine Hélène. Elle soulignait au crayon à papier, très léger, comme si elle s'excusait de laisser une trace. Je ne sais rien d'elle, sauf qu'elle a aimé les mêmes phrases que moi.
Vous aussi vous achetez des livres qui ont déjà vécu ? Ou vous préférez les commencer vierges, sans fantômes ?
— S.
La canicule me rend nostalgique — apparemment.
Par grande chaleur, je remarque que je relis plutôt que je ne lis.
Comme si la canicule rendait le cerveau nostalgique avant d’être curieux.
Quelqu’un d’autre fait ça ?
— S.
Les livres qu’on n’était pas encore prêts à lire
*On parle beaucoup des livres qui nous ont « changés ».*
*Moi je pense souvent à ceux qu’on a refermés sans finir — pas par ennui, mais parce qu’on n’était pas encore la personne qu’il fallait être pour les lire. Ceux qui attendaient patiemment sur l’étagère, sans nous en vouloir.*
*Il y a quelque chose d’étrange dans ce rapport-là. Le livre ne change pas. C’est nous qui revenons différents, un an plus tard, cinq ans, parfois vingt — et soudain la même page qu’on avait abandonnée devient une évidence.*
*Le vôtre, c’est lequel ?*
— S.