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Acheter une action au plus haut est-ce vraiment une mauvaise idée ?
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Acheter une action au plus haut est-ce vraiment une mauvaise idée ?

« Elle est à son plus haut, j'attends qu'elle redescende. » On le lit dans à peu près chaque fil sur une action qui a monté. Je voulais savoir si ça tenait face aux chiffres, donc j'ai mesuré.

La méthode, en bref

  • 2 114 actions ordinaires cotées à Paris, Francfort, Amsterdam, Bruxelles, Madrid, Lisbonne, Vienne et Helsinki, dont 626 radiées depuis (sinon on n'étudie que les survivants).
  • Janvier 2000 → mai 2026 : bulle internet, 2008, crise de l'euro, Covid, 2022.
  • Seulement des titres liquides (cours ≥ 1 €, ≥ 100 k€ échangés par jour, ≥ 1 an d'historique).
  • « Plus haut » = clôture au-dessus de toutes celles des 12 derniers mois. Achat à la clôture du lendemain, dividendes réinvestis.
  • Chaque cas est comparé au marché du même jour (moyenne de toutes les actions éligibles sur la même période).

Un an après l'achat, en moyenne

Achat… Perf à 1 an Écart vs marché A battu le marché
un jour quelconque +9,6 % — 45,6 %
après un plus haut 52 sem. +13,5 % +4,3 pts 50,8 %
après un plus haut historique +15,2 % +5,7 pts 53,0 %
après un plus bas 52 sem. +5,3 % −4,5 pts 41,0 %

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L'écart après un plus haut est positif 25 années sur 26 (mais 2003 et 2005 sont à peine au-dessus de zéro ; seule 2020 est négative, à −0,3 pt). Après un plus bas, il est négatif 23 années sur 26.

Le plus surprenant : le risque

La vraie peur, c'est d'acheter juste avant la chute. J'ai donc regardé la pire baisse subie depuis le prix d'achat dans l'année qui suit :

Achat… Perdre ≥ 20 % dans l'année Perdre ≥ 50 % dans l'année
un jour quelconque 40 % 10 %
après un plus haut 52 sem. 31 % 4 %
après un plus bas 52 sem. 54 % 17 %

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Une action achetée à son plus bas a été divisée par deux plus de 4 fois plus souvent qu'une action achetée à son plus haut.

Et ce n'est pas tout ou rien : plus le cours est proche de son plus haut annuel, meilleure a été la suite, de façon presque parfaitement ordonnée.

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Deux précisions

  • L'effet est plus fort sur les petites valeurs (+5,3 pts) que sur les grandes (+1,2 pt).
  • Rien à court terme : à 1 semaine ou 1 mois, l'écart est quasi nul. Ce n'est pas un signal pour trader.

Ce n'est pas nouveau, et c'est ce qui me rassure : George et Hwang (Journal of Finance, 2004) l'ont montré sur les actions US. L'explication la plus citée est l'ancrage (Tversky et Kahneman) : le plus haut annuel sert de repère, les gens trouvent « déjà cher » et vendent trop tôt, et le cours rattrape son retard dans les mois qui suivent.

Les limites, honnêtement

  • L'avantage typique est faible : l'action médiane ne bat le marché que d'un demi-point après un plus haut. La moyenne vient surtout de moins de catastrophes et de quelques très fortes hausses.
  • Même après un plus haut, près d'une action sur trois a perdu 20 % dans l'année.
  • Environ un quart des radiées n'ont pas pu être identifiées, et pour les autres je garde le dernier cours connu. Comme les faillites sont plutôt du côté des plus bas, ça les avantage : le vrai écart est probablement un peu plus large.
  • Pas de Milan (absent de mes données), pas de nordiques (devises).
  • Frais et fiscalité ignorés. Le passé ne dit pas l'avenir, et ce n'est un conseil ni sur une action ni sur une méthode.

Ce que j'en retiens : le réflexe qui a coûté cher sur 26 ans, ce n'est pas d'acheter ce qui monte, c'est d'acheter ce qui baisse parce que ça « paraît moins cher ».

Curieux de vos retours, notamment si vous voyez un biais que j'ai raté.

EDIT : Un mot de contexte : je développe une appli. Pour la construire, je paie un accès aux cours quotidiens de toutes les actions. C’est ce qui m’a permis de faire cette étude, et je peux en faire d’autres de la même façon. Donc est ce qu'il y a d'autres études qui vous intéresserait ? Vous pouvez l'écrire en commentaire

reddit.com
u/Chinoky777 — 5 days ago

Air Liquide va racheter pour 4 milliards d’euros de ses propres actions en 2027 et 2028. Une première en 124 ans, un mois après l’entrée du fonds activiste Elliott au capital.

Air Liquide va racheter pour 4 milliards d’euros de ses propres actions en 2027 et 2028. Une première en 124 ans, un mois après l’entrée du fonds activiste Elliott au capital.

Le titre a pris jusqu’à 4,1% lundi avant de finir à +0,65%.

La question est de savoir si un groupe qui croît de 5% par an justifie un prix de croissance.

La thèse

Air Liquide vend ses gaz sous contrats de long terme. D’où vingt années bénéficiaires d’affilée et une marge nette qui varie d’environ un point par an.

Au premier semestre (S1) 2026 la marge opérationnelle a gagné 110 points de base à 20,9%, portée par 300 millions d’euros d’économies.

La marge

Le plan BEYOND présenté lundi promet 400 à 600 points de base de marge opérationnelle supplémentaire d’ici 2030 et un bénéfice par action (BPA) en hausse de 10% par an.

Avec des ventes à +5% par an, c’est la marge qui doit faire le travail.

L’électronique est le relais : plus d’un milliard d’euros d’investissements décidés au S1 et le rachat de DIG Airgas, fournisseur coréen de SK hynix pour ses puces mémoire de l’IA.

Mais la trésorerie se tend

La trésorerie ne couvre plus que 11,9% de la dette contre 29% fin 2025. Sur douze mois le groupe a dégagé 1,52 milliard d’euros de trésorerie disponible contre 2,51 milliards sur l’exercice 2025.

Le dividende rapporte déjà 1,96% du cours, cette trésorerie 1,41%.

Le marché regarde les 4 milliards de rachats. Moi, je regarderais surtout si la trésorerie disponible remonte vers les 3,6 milliards attendus en 2027. Sinon les rachats se feront à crédit.

Le prix paie déjà une partie du plan

Sur le BPA attendu pour 2027 (7,16 euros), le ratio cours/bénéfice (PER) est de 23,9 fois, puis 23,5 fois à 168 euros, 22,5 fois à 161 euros et 20,1 fois à 144 euros.

Ses trois grands concurrents se paient 19,5 fois les bénéfices de 2026.

Au 5 octobre le titre cote 171,26 euros en tendance haussière, 5% au-dessus de sa moyenne mobile 200 jours. L’indice de force relative (RSI) est à 54 et les plus bas sont de plus en plus hauts : c’est un repli sain.

Premier palier vers 168 euros sur la moyenne mobile 20 jours, second vers 160 à 162 euros sur la moyenne 200 jours. À 144 euros ce serait excellent mais je ne suis pas certain qu’on y revienne.

Les analystes sont presque unanimes

18 analystes sur 20 sont à l’achat et 2 neutres. L’objectif moyen de 196 euros laisse 14,6% de potentiel, 16,9% depuis 168 euros et 21,9% depuis 161 euros. Une estimation par les seuls comparables donne 146 euros : elle ignore la régularité qui justifie la prime.

Prochain catalyseur : le chiffre d’affaires du troisième trimestre (T3) attendu le 23 octobre.

En toute transparence, je détiens le titre dans mon portefeuille.

Ceci n’est pas un conseil en investissement. Investir comporte un risque de perte en capital.

u/MaxMarteloUp — 9 days ago