r/Feminisme

Femmes, handicap et injonctions à la réussite par des moyens dégradants : Pensez-vous que mon com' aurait dû être ban ?

Lien : https://www.reddit.com/r/IaCaca/comments/1vru4ty/comment/p4i0kqm/?context=1&screen_view_count=1&ext-referrer=DIRECT

Mon poste copié-collé, au cas ou il finirait effacé (j'ai pu éditer mais je suis déjà ban) ;

[EDIT : Un bot m'a ban pour ce témoignage critique qui explique le phénomène social ; Je suis surprise qu'il croit lire un propos haineux alors que les règles du sub inculent "pas de haine" et "pas de doxxing", alors que le poste initial vise à provoquer la haine contre une femme handicapée, son compte comme source à l'appui, qui subi manifestement des injonction à la réussite par des moyens, heu... Bien de son époque. : s Donc : Y a-t-il un modérateur humain dans la salle ? Parce que c'était quand même l'occasion pour beaucoup d'apprendre...!]

Je suis le public cible et je peux pas me voir ces merdes en couleur non plus.

Genre faut rendre le handicap putain de charismatique, en tournant les choses de manière mélioratives et héroïques, avec des dessins pour gamines.... Se rendre désirable et innofensive même quand ton système nerveux est parti en vrille.

Y'a un décalage entre le discours "je suis un flocon de neige merveilleux je le sais, achète ma formation pour prendre confiance en toi" et le style de dessin yeux globuleux expressifs qui hurlent "pitié aime-moi, je te JURE je suis EXQUISE !!!"

... C'est si CRINGE putain !!!!! Je sais que c'est un conditionnement culturel pété d'sa race, oui y'a des injonctions paradoxales autant dans la condition de genre que dans la condition de handicap, mais j'en veux aux autres femmes handis d'embrasser ce rôle assigné de conne dans les phases vulnérables de la vie ! Comme si ça allait atténuer les discriminations de l'environnement au lieu de les amplifier...

Même les médecins font des thérapies pour embrasser ce rôle misérable parce qu'ils partent eux-même du principe qu'avec un handicap, si tu fais pas les yeux doux, ça va empirer le stigmate...

Du coup ils sollicitent à sur-investir le rôle genré en mode "vous restez une fâme !" alors que c'est eux qu'ils essayent de rassurer et pas toi, toi tu reçois juste une injonction de réassignation de genre qui frôle la thérapie de conversion alors que c'est pas vraiment ce qui t'inquiètes dans la vie mdr.

Quand on vous dit que le secteur du handicap a 50 ans de retard en France, en voilà un exemple parmi tant d'autres. Peut-être parce que le secteur est sur-investi par des cathos réac' qui te vomissent de la charité chrétienne dessus.

Donc orientons mieux notre mépris, les pauvres petites choses font ce qu'elles peuvent pour survivre. Je suis vachement moins bien traitée que ces meufs chez les doc parce que j'entre pas dans le jeu de la grosse niaise pour monter une start up identitaire et semi-sectaire avec des dessins moches d'IA, dites vous que la pauvre fait ce qu'elle peux, en l'occurrence : Ce qu'on l'injective de faire "en toute bienveillance" en thérapie et en réinsertion au handicap. -_- Dites merci aux politiques de handicap "start up nationnisé" de votre époque et la libéralisation du secteur pour le rendre productif économiquement, ce qui est un non sens absolu... Mais face au deuil d'une vie normale à cause d'un handicap, ben c'est plus facile de te transformer en "ça" : Dans le capitalisme, une femme qui réussi c'est une money girl qui fait du charme.

Mais bien sûr que ça marche pas, les filles, vous croyez quoi ?! mdr. Les seuls types que vous allez charmer comme ça, c'est les travailleurs du médico-social et leur mentalité d'un autre âge qui ont ascendance sur vous et votre accès à de meilleures conditions de vie.

Et si vous croyez que j'exagère, souvenez vous qu'avant la sencure de l'enquête parlementaire sur la souffrance au travail, on disait que les français de voulaient plus travaillez en les traitant de feignasse, tout comme avant le rapport CIVIISE, on pensait que les enfants abusés fabulaient.

Vous n'imaginez juste pas les leviers de domination que subissent les handicapés par leurs pourvoyeurs de soin, de ressources et d'insertion sociale, hommes comme femmes.

Horrible, mais souvenez vous qu'on commente ici le biz d'une femme handicapée de la tête. Et on est pas tous égaux pour garder un semblant d'esprit critique face à un drame personnel. Dites vous bien que dans le secteur, ce que vous voyez là, c'est "une vie réussie malgré le handicap".

La mystification "je ressens les énergies des gens x10", genre mon handicap, c'est de la magie... C'est le maximum d'ambition qu'on nous autorise, la seule forme d'estime de soi qu'on nous permet (sinon vous devenez une "réfractaire" et ça vire soit aux méthodes coercitives, soit à l'exclusion des soins ; perso j'ai choisi la deuxième option) et toute autre alternative est implicitement interdite "pour notre bien".

Bref, voilà, maintenant vous savez pourquoi ça vous trigger autant, et pourquoi vous avez une très bonne intuition devant ce genre de contenus en ligne, rofl.

Excusez-moi, je vais gerber plus loin, à plus.

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u/AgapiTzTz — 1 day ago

Le comportement de certains hommes sur les réseaux

Je suis une jeune femme de 20 ans, les réseaux sociaux font parties de ma vie depuis le début de mon adolescence comme beaucoup !

Et je n’en peu plus du comportement que peux avoir certains hommes (si on peu les nommer ainsi).

Le manque d’éducation est hallucinante : insulte, rabaissement pour être supérieur, manque de respect et bien sûr les fameuses d\*\* pics non consentis.

Rien qu’ici, sur reddit, j’ai eu le droit à des DM d’insulte car j’ai osé donner mon avis sur le principe du « bodycount » ou sur un thème que j’ai pu exprimer sur un autre forum dédié.

Je peux pas être libre sans qu’un homme me dise que je suis pas respectable, comme si ma valeur ce jouer sur ce que je choisi de voir et de faire dans ma vie intime.

Mon compte a 1 an mais je suis réellement très active depuis 1 semaine. J’ai osé répondre à des questions, donner mon avis, profiter de mes expériences personnelles pour aider des personnes dans le doute, mais certains ce permettent de me rappeler que je suis une simple femme, que mon avis ne vaut rien… (j’ai eu un homme qui a réussi à me contredire sur l’oppression des femmes dans l’histoires)

j’ai reçu un nombre incalculable de demande de DM pour savoir si je suis disponible pour coucher, ou avoir le droit à des photos de phallus.

S’il vous plait messieurs, arrêter de nous envoyer vos machins moches sans CONSENTEMENT et réfléchissais en vous disais qu’à la place d’une inconnue, c’était votre fille, sœur ou mère qui était victime de ce comportement.

(Je parle pas de tout les hommes, seuls ce qui on rien à ce reprocher ne prendront pas le message pour eux 🫶)

reddit.com
u/KlutzyCan1742 — 1 day ago

Pourquoi le « dubcon » fonctionne : une analyse féministe et sociologique

Dubcon = *Dubious consent* (« consentement douteux »). Utilisé dans le contexte de la dark romance par les auteurs et les lecteurs, ainsi que dans les soi-disant *trigger warnings*.

Mais si le consentement n'est pas clair, alors ce n'est pas du consentement. Cela dit, même si on imaginait que le *dubcon* existe en tant que concept, 95 % des soi-disant « scènes de dubcon » dans ces livres sont des scènes de viol, du viol à part entière. C'est donc un sacré mensonge. Je suis sûre qu'ils ne considèrent pas ces scènes comme des viols à cause des différents mythes sur le viol auxquels ils adhèrent encore.

Ce post ceci dit porte donc sur une question plus précise : pourquoi le concept de dubcon est-il si efficace pour passer entre les mailles du filet, pourquoi semble-t-il attirer autant de personnes, et qu'est-ce qui ne va pas dans notre société pour que l'idée même puisse exister ?

L'efficacité du « dubcon » en tant que concept n'est pas accidentelle. Elle est le produit de conditions culturelles très spécifiques qui se sont construites au fil des siècles et que la dark romance n'a pas créées, mais qu'elle exploite avec une précision remarquable.

La première chose que fait le dubcon, c'est introduire de l'ambiguïté là où il n'y en a aucune.

« Consentement douteux » implique une zone grise, un espace d'interprétation, une situation dans laquelle des personnes raisonnables pourraient être en désaccord. Et ce cadrage accomplit un travail politique considérable, parce qu'il correspond directement aux mythes les plus anciens et les plus tenaces de la culture du viol : l'idée que le consentement est compliqué, que les signaux sont contradictoires, que les femmes ne pensent pas toujours ce qu'elles disent, que la limite est réellement difficile à déterminer.

Elle ne l'est pas. Mais le dubcon vous dit qu'elle l'est. Et ce faisant, il réhabilite précisément la logique qui a été utilisée pendant des siècles pour discréditer les victimes de viol.

La deuxième chose que fait le dubcon, c'est créer une catégorie qui permet de consommer ce contenu sans culpabilité.

« Viol » est un mot difficile. Il a un poids, à la fois juridique et moral. Personne ne veut dire : « J'aime lire des histoires de viol. » Bon, certaines personnes le disent, mais bref.

Mais « J'aime le dubcon » ? C'est une préférence. Un goût. Un genre. Le changement de nom transforme une réalité politique et éthique en un choix esthétique, et les choix esthétiques échappent à la critique dans une culture qui a décidé que tout goût personnel est valide et ne peut être jugé.

Ce n'est pas une coïncidence. C'est le même mécanisme qui a transformé la « violence conjugale » en « relation tumultueuse » dans la pop culture — y compris dans la dark romance, mais aussi dans les séries Netflix et les clips vidéos.

Un langage qui retire son poids moral à un acte qui possède une portée morale sert toujours les intérêts de quelqu'un. Demandez-vous lesquels.(Ici : les hommes. Principalement.)

La troisième question, et peut-être la plus importante, est : pourquoi cela attire-t-il autant de lectrices ?

Et ici, nous devons être honnêtes sur ce que montrent réellement les recherches féministes et sociologiques.

Nous vivons dans une culture qui a érotisé l'impuissance féminine pendant si longtemps et de manière si profonde que de nombreuses femmes ont intériorisé cette érotisation comme leur propre désir. Ce n'est pas un jugement porté sur les femmes individuellement. C'est une observation structurelle de ce qui se produit lorsqu'une culture entière associe de manière répétée la soumission féminine au désir romantique et sexuel, dans tous les médias, des contes de fées à la pornographie.

Le désir semble authentique, parce qu'il l'est, au sens où il est réellement ressenti. Mais son origine n'est pas neutre. Il a été construit. Délibérément, sur une longue période, par une culture ayant des intérêts spécifiques à maintenir cette logique.

Le dubcon fonctionne parce qu'il offre un refuge à cette érotisation intériorisée. Une étiquette. Une communauté. Un genre. Il dit à ces femmes : votre désir pour ça est normal, courant, partagé — et voici trois cents livres et edits qui le prouvent.

Cela ne le devrait pas.

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u/OkChart1375 — 1 day ago

Le mouvement anti péridural et la mysoginie

Peut-on arrêter de prétendre que le mouvement anti-péridurale n’a rien à voir avec la misogynie ?

Je pense que le discours qui présente la péridurale comme quelque chose auquel les femmes devraient résister a des racines qui méritent d’être examinées honnêtement. Et quand on les examine, elles ne sont pas très reluisantes.

Tout a commencé avec Dieu qui punissait Ève

La plus ancienne opposition au soulagement de la douleur pendant l’accouchement était explicitement religieuse : la douleur pendant le travail était considérée comme une punition de Dieu pour le péché d’Ève, imposée par l’Ancien Testament. En 1591, une sage-femme nommée Agnes Sampson est devenue la première femme brûlée sur le bûcher pour sorcellerie en Écosse, notamment parce qu’elle avait proposé un moyen de soulager la douleur pendant l’accouchement.

Une femme a été tuée pour avoir essayé de réduire les souffrances d’une autre femme pendant son accouchement.

C’est là que tout commence.

Une reine a tout changé, simplement en refusant de souffrir

En 1853, la reine Victoria utilisa du chloroforme lors de la naissance du prince Leopold. Elle décrivit l’expérience comme étant « apaisante, calmante et délicieuse au-delà de toute mesure ». Avant cela, elle avait accouché plusieurs fois sans aucun moyen de soulager la douleur et « détestait l’accouchement », pour reprendre ses propres termes.

Cette seule décision royale a effectivement mis fin à l’opposition morale dominante au soulagement de la douleur pendant l’accouchement en Grande-Bretagne. Si la reine elle-même choisissait d’y avoir recours, il devenait soudain très difficile, dans la bonne société, de continuer à affirmer que les femmes étaient censées souffrir.

Il a fallu une reine — une femme disposant de suffisamment de pouvoir et de statut pour être intouchable — pour rendre socialement acceptable le soulagement de la douleur pendant l’accouchement.

Les femmes ordinaires souffraient et demandaient de l’aide depuis des siècles avant cela.

Ce n’était pas la médecine qui manquait. C’était la permission.

Les féministes de la première (et de la deuxième) vague se sont battues POUR le soulagement de la douleur

L’accès au soulagement de la douleur était revendiqué par les militantes féministes de la première vague comme un droit des femmes. Elles ont fait pression, se sont organisées et se sont battues pour rendre le soulagement de la douleur pendant l’accouchement accessible, gratuit ( ce qui n'est toujours pas le cas aux Etats-Unis, la péridural coute de l'argent, créant une innégalité entre femmes riches et pauvre, et amenant de nombreuses femmes qui en aurait aimer une à ne pas en prendre) et acceptable.

L’idée était radicale et simple :

Les femmes ne devraient pas avoir à souffrir si elles ne le veulent pas.

Puis le féminisme de la troisième vague a fait quelque chose d’étrange

À partir des années 1990, alors que l’analgésie péridurale devenait de plus en plus populaire, une partie des féministes de la deuxième vague a adopté la position opposée, appelant à un retour à l’accouchement sans anesthésie et, dans certains cas, valorisant même explicitement l’importance de l’expérience de la douleur comme source d’émancipation pour les femmes.

Relisez ça.

La douleur. Comme source d’émancipation. Spécifiquement pour les femmes.

On n’a pas déjà assez souffert ? Règles, accouchement, grossesse, post partum, rapports sexuels parfois douloureux, endométriose potentiel, vaginisme potentiel, le putain de gyneco, la contraception parfois douloureuse selon la méthode ?

L'idée etait de prouver que les femmes ne sont pas des mauviettes.

Pendant ce temps, personne n’était là pour dire aux hommes que supporter une colique néphrétique sans morphine était émancipateur. Personne n’organisait de mouvements autour de la valeur spirituelle de la douleur masculine.

Le discours de l’émancipation par la souffrance s’applique, comme par hasard, presque exclusivement aux corps féminins et aux expériences spécifiquement féminines.

La féministe française qui l’a dit clairement il y a des décennies

Il y a plusieurs décennies, la journaliste féministe française Marie-José Jaubert a publié deux livres critiquant activement les mouvements en faveur de l’accouchement naturel. Elle accusait les défenseurs de « l’accouchement sans soulagement de la douleur » de misogynie et de promouvoir une « mystique faussement orientale ».

En effet, une partie de ce mouvement pretend se battre contre " nos esprits colonisés" en promotant la non péridural. Car, selon les colons du 16 ème sciecle, donc source questionnable, les femmes africaines n'avaient pas, aucun, moyen pour soulager la douleur.

Cela ne vient à l'esprit de personne que, si cela est vrai, c'etait sans doute par pression sociétal ou manque de moyen?

J'ai vu un post venant d'une femme anti péridurale, monter aux nus "l'accouchement au Tchad"....ou le taux de mortalité maternelle est un des plus élevés au monde. Je l'ai souligné en commentaire, j'ai reçu un " c'est faux" en réponse. Le déni.

Le double standard qui est sous nos yeux

Réfléchissez à la manière dont la douleur masculine est traitée culturellement.

Les hommes sont encouragés à optimiser, à prendre des médicaments et à réduire autant que possible leur inconfort.

Nous savons que les hommes recoivent pour une meme douleur prés de deux fois plus de anti douleurs que les femmes.

Nous savons aussi que la douleur chez une femme est sous estimé de 2 points en moyenne, et la douleur chez un homme est sur estimé de 1 point en moyenne.

La prise en charge de la douleur chez les hommes relève du bon sens.

La prise en charge de la douleur chez les femmes pendant l’une des expériences les plus douloureuses de l’existence humaine est, elle, présentée comme un défaut de caractère, un manque de courage ou une déconnexion avec son propre corps.

La souffrance féminine aurait une vertu.
La souffrance masculine serait simplement… de la souffrance.

Evidement, des personnes vont contre l'experience populaire et les études sur les douleurs et prétendent que l'accouchement n'est pas douloureux, juste intense. Intense gaslhiting surtout.

J'ai vu des doulas rire a la tête de leurs clientes quand elles ont appelés l'accouchement leurs pire douleur. Pourtant, 87% des femmes qui ont accoucher le disent.

La couche mystique

« Cette douleur est ton ancien toi qui meurt. »

« Ton corps a été conçu pour ça. » ( cela marche si bien que historiquement, une femme sur 102 en mourrait).

« Ressens chaque sensation. »

« La douleur a un but. » (Toute douleur à un but, pas que l'accouchement.)

La mystification de la douleur féminine, et particulièrement de la douleur liée à l’accouchement — en la présentant comme une expérience transcendante, comme une forme de pouvoir féminin ou comme un rite de passage nécessaire — est une manière très ancienne d’amener les femmes à accepter une souffrance qui pourrait être traitée.

Et quand les hommes entrent directement dans la conversation

Un homme qui décide que sa partenaire doit ressentir le maximum de douleur possible pendant son accouchement pour des raisons idéologiques ou religieuses ne défend pas une philosophie de l’accouchement.

C’est du contrôle et de la torture.

Cela ne signifie pas que tout choix d’accoucher sans médicament est problématique

Choisir de ne pas avoir de péridurale est parfaitement légitime.

Vouloir vivre son accouchement sans médicament est un choix personnel qui mérite d’être respecté.

Le problème n’est pas le choix.

Le problème, c’est lorsque ce choix est influencé.

Le problème est également le cadre qui présente ce choix comme moralement supérieur, plus féminin, plus connecté à son corps, plus courageux, et qui présente le fait de vouloir soulager sa douleur comme une faiblesse, de l’ignorance ou un échec.

Ce cadre n’est pas apparu de nulle part. Il a une histoire mysogine.

Et cette histoire est imprégnée de l’idée que la souffrance féminine, spécifiquement, possède une valeur que la souffrance masculine n’a pas.

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u/OkChart1375 — 3 days ago

Partage de lectures

Bonjour,

Je voulais juste partager mes deux dernières lectures qui m'ont vraiment fait du bien.

Bon j'avoue qu'elles ont aussi attisé ma colère mais avec des pistes d'amélioration.

Je recommande vivement.

u/Eodren — 4 days ago
▲ 120 r/Feminisme+1 crossposts

Détresse extrême suite à mon expulsion parce que je suis allé à la police rapporter mon agression

Essentiellement, j’ai été renvoyé 6 mois avant de compléter mon doctorat de médecine à cause d’une plainte logé par agresseur. Depuis ce temps j’essaie de ré-intégrer et maintenant on est stade de revue judiciaire.

Essentiellement, j’ai fait une plainte en VACS contre quelqu’un qui avait plusieurs comportements inadéquats. La plainte plutôt que de prendre 3 mois comme disent les règlemebts, a pris environ le double. Ils n’ont pas appelé les témoins, ils ont refusé certaines preuves soumises plus tard et ils se sont moqués de moi en me comparant à une actrice pornographique. Ils semblaient confus du système électronique que j’utilisais parce qu’il était russe. Ils ont écarté ma plainte sans raison et puis immédiatement après mon agresseur a déposé sa plainte. Entre temps j’ai fait une plainte policière et j’ai obtenu une ordonnance de cessation par un juge.

Durant le comité contre moi, ils n’ont pas questionné mon agresseur sur l’ordonnance ni rien, ils ont pris sa version des faits sans avoir besoin de preuves. Quand ils se sont retournés vers moi, ils m’ont fait raconter tous les détails de l’agression jusqu’à ce que je pleure et j’aille une attaque de panic, ils ont poursuivis en critiquant ma réaction à l’agression et ils m’ont montré un screenshot d’un post où je disais que l’université silence des victimes, ce que je crois encore à ce jour. Ils étaient enragés par ce post. Par la suite, quand j’ai essayé de parler de l’ordonnance ils sont devenus fâchés et ne voulait pas laisser parler de celle-ci, bien que cela soit une preuve important d’agression sexuelle. Ils m’ont renvoyé parce que je n’ai pas bien réagit à mon agression, c’est-à-dire j’en ai parlé aux autres, j’ai posté et j’ai confronté mon agresseur. Ils me reprochent d’avoir essayé d’aller chercher de l’aide après mon agression. Selon eux, cela c’est de l’harcèlement et de troubler la paix de l’Université. Toutes les choses qu’on me reproche sont dans un contexte que je voulais de l’aide et de la justice pour l’agression que j’ai subie. Or, à l’Udem les femmes doivent se taire sinon leur carrière va être menacé.

J’ai été renvoyé immédiatement et depuis ce temps j’essaie de me battre pour ravoir mon éducation, mais c’est long et très difficile. Mon agresseur m’a contacté à plusieurs reprises pour tenter de négocier pour que j’annule l’ordonnance, le premier appel a été refusé par le juge à cause de la coercition. On est encore en négociation pour cela. L’université a d’ailleurs refusé
de négocier, même avec mon agresseur, parce qu’ils n’aimaient pas que j’étais suicidaire pendant le processus de révision. Croyez-moi, j’ai offert à l’Université de négocier à tellement de reprises, incluant avec mon agresseur et l’auteure de la plainte contre moi, mais ils refusent catégoriquement. Ils pourraient régler le conflit demain matin, ils ont tous le pouvoir dans ma situation, mais ils ne veulent pas la situation se règle. L’université a ignoré la demande d’accommodements de ma psychiatrie qui a suggéré une discussion avec modération pour résoudre les différents, pour minimiser l’impact psychologique sur moi, ils l’ont ignoré.

Ma vie a été détruite, j’ai perdu mon AFE et mon appartement et quand j’ai partagé cela à l’université ils ont été bêtes et ils se sont moqués du fait que j’ai perdu mes avocats à ce moment.Ils sont tellement cruels envers les victimes d’agression je ne comprends pas. J’ai des screenshots et tout.

Et les recours judiciaires sont longues, couteuses et pénibles, ça va prendre encore une autre année, alors cela sera très difficile de ré-intégrer et ça c’est le meilleure cas. Ma carrière est pas mal détruite. Je voulais devenir med fam dans une petite ville transquille. Il n’y a pas de transferts en médecine et avec une expulsion sur mon dossier c’est pas mal terminé toute poursuite académique.

Mon agresseur a déménagé dans ma ville alors je ne me sens pas en sécurité. Il aurait pu choisir n’importe quel résidence en psychiatrie, il ne subit aucun préjudice, en fait il est très heureux de me faire mal et il s’est réjouit lorsque j’ai fait une tentative de suicide. Je ne peux pas, même quand j’ai des idées suicidaire, aller à l’hôpital, par crainte qu’il sera là.

Tout cela pour dire, les valeurs féministes que beaucoup des membres de l’Université prétendent avoir c’est de la bullshit, personne dans le BRP m’ont aidé. J’ai reçu un certain soutien de quelques patrons, mais c’est tout. La manière qu’on m’a traité est humiliant, dégradant et objectifiant. Je ne me sens plus comme une personne. Les intervenants au BRP ne sont pas là pour protéger les femmes, mais protéger la réputation des hommes et de l’Université. Littéralement personne de l’Univeristé m’a aidé à aucun moment du processus.

J’anticipe que les prochaines étapes juridiques vont être très difficiles. L’université a adopté une posture antagoniste envers moi, ils vont se battre conte moi, m’humilier, me blâmer pour mon agression comme avant. Ils vont me dépeindre comme une femme hystérique, alors qu’en réalité j’étais juste traumatisé. Ils vont draguer et augmenter les coûts du procès, malgré mes difficultés financières.

Je crains que je ne vais pas survivre leurs attaques. En temps que victime d’une agression sexuelle, qui a plusieurs éléments de preuve à l’appui, je ne comprends pourquoi on m’a fait cela. Personne a questionné les comportements de mon agresseur, il n’a reçu aucune conséquence même pour les menaces de viol qu’il m’a envoyé. Son excuse c’est que je voulais secrètement être violé, mais ce n’est pas vrai et je lui ai demandé d’arrêter.

Je ne veux pas de soutien psychologique, car en ce moment ma vie et mon avenir, si j’en ai, un est dans les mains du juges et de l’Université.

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u/Specific_Fishing_590 — 6 days ago

La vision de l'hymen est passé de preuve de virginité au déni de son existence — et les deux versions nuisent aux femmes

Peut-être que quelqu'un ici se souviendra de mon post sur un autre sub, mais bref : petit rant / partage d'expérience / observation / analyse qui pourrait aider et/ou informer. Je pense effectivement que c'est aussi une question féministe.

Je pense que le « discours sur l'hymen » est passé de mythes nuisibles sur la virginité... à un déni tout aussi nuisible, et que les femmes en paient encore le prix.

Le pendule est passé de « ton hymen te définit » à « ton hymen n'existe pas » — et je suis la femme coincée entre les deux.

J'ai un hymen microperforé. Quand on a un hymen microperforé, on a ses règles, mais on ne peut rien faire pénétrer à l'intérieur à part des liquides.

L'hymen n'est pas un mythe. C'est une véritable membrane anatomique, et environ 99 % des filles naissent avec un hymen. Il est censé protéger les filles contre les infections vaginales. Le problème n'est pas son existence, c'est à quel point il a été mal compris, utilisé et présenté au cours de l'histoire.

Dans la plupart des cas, ce que les médecins appellent — de manière assez problématique, parce que WTF qu'est ce nom — un « hymen compléant » est impliqué. Cela signifie que la pénétration l'étire plutôt que de le « déchirer ». Pas de déchirure, peu ou pas de douleur, pas de saignement. C'est l'expérience majoritaire (d'après les médecins/la science, je ne sais pas pour vous, vous pouvez partager votre expérience) et elle est parfaitement valide.

Mais dans environ 3 à 5 % des cas (donc ce n'est pas non plus 0,1 % !), il existe des malformations de l'hymen. Par exemple, un hymen microperforé, un hymen cloisonné, ou des hymens avec du tissu supplémentaire recouvrant partiellement l'ouverture. Etc.

Dans ces cas-là, la pénétration n'est pas simplement « un peu inconfortable » : elle peut être impossible. Littéralement.

Les tentatives peuvent provoquer des douleurs extrêmes, des saignements et de véritables lésions des tissus. Ces situations nécessitent souvent une intervention médicale, idéalement chirurgicale.

1. Prenons l'idée selon laquelle « avec suffisamment de lubrifiant et de consentement, il ne devrait pas y avoir de douleur ». Cela peut être vrai, mais cela peut aussi être complètement faux (malheureusement). Des particularités anatomiques (comme dans mon cas) ou des problèmes comme le vaginisme existent. Réduire toute douleur à « tu n'es pas assez détendue » ou « tu n'es pas assez excitée » est un mauvais conseil et une mauvaise analyse. Et aussi du gaslighting.

« Détends-toi et ça ne fera pas mal. Tu n'es simplement pas assez détendue » est le nouveau « si tu n'as pas saigné, tu n'étais pas vierge ».

2. Le vaginisme a, à juste titre, gagné en visibilité ces dernières années. Mais maintenant, dès qu'il y a un problème avec la pénétration, les gens sautent directement à cette explication, en ignorant les causes anatomiques possibles.

Quand je dis « les gens », je parle des filles et des femmes qui rencontrent ces problèmes... et des médecins.

Ça commence à ressembler beaucoup au classique « tout est dans ta tête, ma petite dame ».

3. Cela conduit à un sous-diagnostic des malformations de l'hymen.

(Est-ce même seulement de 3 à 5 % ?)

Putain, j'ai passé deux ans à consulter plusieurs gynécologues avant que l'une d'entre elles accepte enfin l'idée de m'examiner dans cette optique.

Ils ne me croyaient pas.

Mais 3 à 5 %, ce n'est même pas si rare, alors WTF ?

Ils pensaient que j'étais simplement une jeune femme stressée et immature.

Pire encore, cela peut mettre les femmes en danger. Si on vous dit que l'hymen est un mythe, que la « paroi » que vous sentez à quelques centimètres à l'intérieur n'existe pas, vous pourriez forcer malgré la douleur en pensant que c'est normal — et finir blessée ou traumatisée.

4. Beaucoup d'articles sur la « première fois » font également partie du problème. Ils rassurent tellement qu'ils finissent par ressembler à une forme de pression douce, voire de coercition ou de gaslighting.

Tout est présenté comme facile, indolore, fluide, et lorsque la réalité ne correspond pas à cela, les femmes se retrouvent confuses, préparées à rien, blâmées par leur copain, et parfois blessées.

Cela peut même conduire à moins de préparation (comme utiliser du lubrifiant), parce que « c'est censé fonctionner tout seul ».

5. De la même manière, les discussions sur les douleurs sexuelles mélangent souvent deux choses très différentes : la douleur pendant la pénétration et l'impossibilité réelle de la pénétration.

Ce n'est pas la même chose, et les mettre dans la même catégorie efface les personnes qui ne peuvent littéralement pas avoir de pénétration sans aide médicale.

Je me souviens avoir lu des articles avec un titre du genre « Je ne peux pas être pénétrée », puis la « solution » était... les dilatateurs.

Monsieur, je ne peux même pas dépasser deux centimètres. Le problème n'est pas la largeur, mais la longueur.

Par définition, même le dilatateur le plus court est impossible... ou alors seulement son extrémité.

6. Et en même temps, il y a énormément de discours alarmistes autour de la chirurgie pour les malformations de l'hymen, censés empêcher les interventions inutiles, mais qui finissent par effrayer les femmes qui ont réellement besoin d'un traitement.

7. Autre chose qu'il faut dire : affirmer que « beaucoup de femmes naissent sans hymen » est tout simplement inexact.

Le mot « beaucoup » est exagéré.

Dans la plupart des cas, les femmes qui pensent ne pas en avoir ont en réalité un hymen compléant.

8. Et plus généralement, l'accent est toujours mis sur les cas où tout va bien.

Chaque phrase est formulée comme « il n'y a généralement pas d'inconfort ».

Mais qu'en est-il de celles qui rencontrent réellement des problèmes ?

Pourquoi sont-elles constamment mises de côté ?

Les femmes qui n'ont aucun problème n'ont pas besoin qu'on les rassure.

Les femmes qui en ont besoin ont besoin d'informations, de validation et de soutien.

9. Sur un plan pratique, insérer un spéculum lorsqu'une malformation de l'hymen est suspectée n'est ni sûr ni nécessaire.

Un examen externe (avec une lumière et quelque chose comme un coton-tige) suffit à identifier de nombreux problèmes.

Forcer l'insertion peut provoquer de véritables lésions.

Bref. Rant terminé...

C'était nécessaire, IMO lol.

Des observations similaires ?

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u/OkChart1375 — 9 days ago

L'histoire du string : comment une sous-vêtement de strip-teaseuse est devenu "le sous vetement sexy" pour les femmes

L'origine :

Le string tel qu'on le connaît aujourd'hui est né en 1939 à la World's Fair de New York. La raison ? Le maire de la ville, Fiorello La Guardia, avait ordonné aux danseuses de burlesque de se couvrir. Quelqu'un — on ne sait pas qui — inventa alors un sous-vêtement qui couvrait techniquement le pubis tout en laissant les fesses visibles. Le string fut donc créé pour permettre à des femmes qui dansaient nues de continuer à montrer leurs fesses tout en respectant formellement la loi.

C'est son origine documentée. Une solution pour continuer à exposer le corps féminin malgré une réglementation.

Pendant des décennies, il resta exactement là où il était né — dans les clubs de strip-tease, les spectacles de Las Vegas et etc. But clair : montrer le plus possible.

Ensuite, a partir des années 60, le string a été rangé lingerie érotique vendue chez Frederick's of Hollywood. Il était vendu comme un " vetement scandaleux" — de la lingerie clairement érotique, pas un sous-vêtement de tout les jours, a porter pour faire plaisir a monsieur. L'idée assumée de l'époque etait un vetement erotique pour simulée la femme accessible, objectivée, docile.

Comment il est devenu vetement de tout les jours :

Dans les années 90, les fabricants tentèrent de le commercialiser comme un sous-vêtement pratique pour éviter les visible panty lines sous les jeans slim. Que voulez vous, cela serait un scandale! Une femme sur qui ont voit la culotte!

Ce n'est pas la praticité qui le propulsa vraiment dans la culture mainstream ceci dit, c'est Monica Lewinsky. Quand le rapport Starr révéla ou inventa, en 1998, qu'elle avait / aurait montré son string à Bill Clinton comme geste de flirt, le mot "thong" devint un terme de culture populaire. Cela netait pas le cas avant. Avant, le nom etait " culotte de moitié" , " culotte tres échancrée".

En ce moment, le string solidifiait sa réputation de ce sous-vêtement pour le regard masculin.

Victoria's Secret fit le reste. Ses défilés publics, ses modèles, son marketing — le string devint glamour, féminin, désirable. Britney Spears aux VMAs 2000. Paris Hilton et son whale tail. Sisqó et sa "Thong Song." En l'espace d'une décennie, un vêtement de strip-teaseuse était devenu la norme dominante de la lingerie féminine....si lon voulait etre moderne. Si l'on voulait une culotte plus comfortable : on etait coincée ou vielle.

Les hommes, pendant ce temps, continuaient à porter des boxers et des slips.

La question de la santé :

Le port de sous-vêtements avec entrejambe non-coton est associé aux infections à levures — et les strings sont très fréquemment fabriqués en matières synthétiques, dentelle, et tissus non respirants. La ficelle edu string frotte contre le périnée, l'anus et les organes génitaux externes pendant le mouvement, causant des inflammations cutanées et de petites lésions. Cela porte meme un nom, le " "thong rash". Et les matières synthétiques fréquemment utilisées dans les strings peuvent piéger l'humidité et créer des conditions favorables à la prolifération de bactéries et levures.

De plus, le string peut favoriser le passage de bacterie fecale comme le E colis au vagin.

Donc : le style en soi n'est peut-être pas le problème. La matière dans laquelle il est fabriqué — pour le rendre plus fin, plus sexy, plus visible — l'est davantage. Ce qui est révélateur en sois.

Ce qui est le plus intéressant ici, c'est moins la question de la santé que la question de la trajectoire. Comment un vêtement conçu spécifiquement pour exposer le corps des danseuses nues est-il devenu, en moins de soixante ans, la norme dominante de la lingerie féminine sexy, au point que les femmes qui n'en portent pas sont parfois considérées comme moins soignées, moins sexy, moins féminines ?

La réponse suit exactement le même schéma que pour le maquillage et le talon : l'industrie, la culture populaire, et le regard masculin comme norme et forces combinées de normalisation. Victoria's Secret ne vendait pas du confort. Elle vendait une représentation du corps féminin disponible — et cette représentation incluait le string comme élément central dans les années 90. Les défilés publics ont joué un rôle significatif dans la popularisation du string, l'amenant au premier plan de la mode mainstream.

Rosalind Gill a écrit sur ce qu'elle appelle la "subjectivité sexuelle" comme nouvelle norme féminine — l'idée que les femmes modernes et émancipées doivent non seulement être sexuellement disponibles mais aussi activement se présenter comme telles. Le string s'inscrit parfaitement dans cette logique : il est vendu comme empowerment, comme choix, comme confiance en soi, tout en étant structurellement orienté vers un regard extérieur plutôt que vers le confort de celle qui le porte.

Ce n'est pas une coïncidence si les sous-vêtements dominants pour les hommes couvrent, protègent, et maintiennent. Et si ceux qui sont devenus dominants pour les femmes exposent, révèlent, et inconfortent.

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u/OkChart1375 — 8 days ago

Une brève histoire de la manière dont le maquillage est devenu un problème de femmes

L'un des moyens les plus efficaces de naturaliser une norme est de lui donner l'apparence d'être ancienne et inévitable. Les femmes ont toujours porté du maquillage. Les femmes ont toujours voulu être belles. C'est simplement comme ça.

Rien de tout cela n'est vrai. Voyons ce qui s'est réellement passé.

Les hommes portaient aussi du maquillage — jusqu'à ce qu'ils décident de ne plus en porter.

De 4000 av. J.-C. au XVIIIe siècle, les hommes portaient quotidiennement du maquillage. Dans l'Égypte ancienne, les deux sexes soulignaient leurs yeux avec du khôl. En Chine, sous la dynastie Zhou, le mot « mei » (beau) désignait la beauté des deux sexes, et la poudre blanche pour le visage est d'abord devenue populaire chez les hommes et les garçons sous la dynastie Han. Dans l'Europe des XVIIe et XVIIIe siècles, les hommes et les femmes des classes supérieures utilisaient aussi bien des cosmétiques à base de plomb pour blanchir leur peau que des perruques élaborées et différentes formes d'ornementation du visage.

Puis, à la fin du XVIIIe siècle, quelque chose de décisif s'est produit. Les hommes ont déclaré que les vêtements et les cosmétiques ornés étaient trop « efféminés » et ont décidé que les routines de beauté devaient être réservées aux femmes. Cela est aujourd'hui connu historiquement sous le nom de **Great Male Renunciation** (« Grande Renonciation masculine »). Le psychologue britannique John Flügel, qui a inventé le terme en 1930, soutenait que les hommes avaient « renoncé à leur prétention à être considérés comme beaux » et qu'ils « visaient désormais à être seulement utiles ».

Les hommes ont décidé que la beauté était indigne d'eux et l'ont laissée aux femmes.

La féminisation du maquillage n'était ni naturelle, ni biologique, ni ancestrale. C'était une décision culturelle délibérée, prise à un moment historique précis, pour des raisons idéologiques précises liées aux idées des Lumières sur la rationalité, l'utilité et la vertu masculine.

Alors que la Grande Renonciation masculine estompait les distinctions de classe, elle renforçait simultanément les stéréotypes de genre. L'utilité est devenue masculine. L'ornementation est devenue féminine. Et le féminin est devenu obligatoire — pour les femmes.

L'Europe du début de l'époque moderne : le double bind était déjà explicite.

Même avant la Renonciation, la logique patriarcale du maquillage était énoncée ouvertement, et pas encore dissimulée derrière un langage d'empowerment ou d'expression personnelle.

Dans l'Italie de la Renaissance, une société qui remettait ouvertement en question la valeur des femmes et limitait leur capacité à gagner leur vie en fonction de leur beauté, les femmes étaient obligées de compter sur leur apparence pour démontrer leur valeur et assurer leur avenir économique.

Dans une société qui condamnait les femmes à la fois pour leur apparence jugée trop banale et pour leur parure, porter du maquillage devenait un acte de survie économique.

Le piège était déjà entièrement construit : ne pas en porter et être considérée comme quelconque et indigne ; en porter et être accusée de tromperie et de vanité.

« Tout le monde déteste voir du maquillage sur sa femme », déclarait un personnage dans un traité de la Renaissance consacré à la famille, en 1433, « mais personne ne semble capable de l'en empêcher. »

Ironique, non ?

Le XXe siècle : l'industrie a fabriqué la norme à grande échelle.

Au début du XXe siècle, le maquillage n'était porté que par les actrices et les prostituées.

La norme qui nous paraît aujourd'hui intemporelle et universelle était, il y a un peu plus de cent ans, exclusivement associée aux femmes aux « mœurs douteuses », pour reprendre les termes employés à l'époque.

Ce qui a changé, ce n'est pas une évolution culturelle organique, ce qui a changé, c'est le capital.

L'industrie commerciale des cosmétiques a connu sa première croissance importante au début du XXe siècle. À travers des informations publiées, on a expliqué aux femmes, pendant les quatre décennies allant des années 1910 aux années 1950, que l'exercice, l'alimentation et l'utilisation appropriée des cosmétiques pouvaient les rendre plus attirantes.

L'industrie n'a pas répondu à une demande. Elle l'a créée.

Helena Rubinstein, l'une des fondatrices de l'industrie moderne de la beauté, a construit son empire explicitement sur les insécurités des femmes. Elle imaginait des produits à partir des insécurités physiques des femmes, comme les crèmes anti-âge.

Une publicité Helena Rubinstein de 1943 laisse entendre qu'une femme qui renonce à sa routine beauté risque de faire face à l'infidélité. Pas de l'art. Pas de l'expression personnelle.

Une menace explicite : corrigez votre visage, ou perdez votre mari.

La millionnaire à qui l'on attribue la formule « Il n'y a pas de femmes laides, seulement des femmes paresseuses » continue de vivre à travers L'Oréal, propriétaire actuel de la marque Helena Rubinstein.

L'idéologie des débuts est toujours l'idéologie de l'industrie.

Ce que cette histoire montre réellement :

La norme du maquillage telle qu'elle existe aujourd'hui n'est pas ancienne. Elle n'est pas naturelle.

Elle est le produit d'une séquence historique précise : les hommes quittant volontairement la culture de l'ornementation et la transformant en obligation pour les femmes ; un système économique patriarcal qui a fait de l'apparence des femmes leur principale monnaie d'échange ; et une industrie commerciale qui a transformé cette insécurité en un marché mondial pesant des centaines de milliards de dollars.

À chaque étape, la logique était énoncée ouvertement.

Les femmes doivent corriger leur visage pour avoir de la valeur.

La valeur des femmes est leurs physiques.

Les femmes qui ne le font pas sont paresseuses, quelconques, peu professionnelles, ou risquent de perdre leur homme.

Il n'y a pas de femmes laides, seulement des femmes qui n'ont pas encore suffisamment travaillé sur elles-mêmes.

L'idée selon laquelle « ce n'est qu'un choix personnel » est la couche la plus récente.

C'est aussi la plus fragile.

* Article écrit par moi, publié il y a 3 ans sur un blog personel *

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u/OkChart1375 — 9 days ago

La Leche est née se demandant si les mères devraient avoir le droit de travailler.

Ils se présentent comme un groupe de soutien neutre et chaleureux, de mère à mère.

LLL a été fondée en 1956 aux Etats-Unis par sept femmes catholiques, dont plusieurs étaient actives dans le Christian Family Movement qui militer contre le droit a lavortement et reposait sur une théologie précise : l'allaitement comme incarnation féminine de la loi naturelle de Thomas d'Aquin, et la Vierge Marie comme icône de la maternité.

La Ligue pensait a l'epoque que les mères de jeunes enfants ne devraient pas travailler à l'extérieur du foyer. Il ne s'agissait pas de « soutenir les mères qui choisissent d'allaiter ». Il s'agissait de remettre en question le fait même que les femmes aient le choix de travailler dans un métier rénumuré, pendant que leurs enfants sont jeunes.

Les fondatrices pensaient que les enfants avaient besoin de la présence continue de leur mère et ont construit un modèle de « bonne maternité » qui se heurtait de plein fouet à la participation croissante des femmes au monde du travail. Pour elles, les bonnes mères étaient toujours avec leurs enfants, toujours à la maison et allaitaient... beaucoup.

Lorsque les féministes de l'époque ont contesté cela — les accusant de fabriquer un « devoir d'allaiter » qui culpabilise les mères — la réponse de LLL a été de se qualifier elle-même d'« apolitique ». Pratique.

Vous n'avez pas besoin d'une campagne de lobbying lorsque votre modèle répond déjà, à lui seul, à la question « les mères devraient-elles travailler ? »

LLL n'a pas besoin de faire pression sur qui que ce soit. Le modèle fait le travail tout seul. En faisant de la disponibilité maternelle permanente la définition de la « bonne maternité », il culpabilise toutes les mères qui travaillent, qui nourrissent leur enfant au lait infantile, ou qui n'ont pas le luxe d'être collées à leur bébé 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

« Sans jugement » — sauf envers les mères qui ne sont pas d'accord avec la direction. Selon des responsables au sein de l'organisation, les critiques publiques de LLL sont pratiquement interdites, et les membres qui se plaignent — même dans des groupes Facebook internes et privés — sont harcelées et menacées de perdre leur accréditation.

PS : elles ont également un passé de négationnisme concernant le sida !

Elles ont continué à donner activement ces conseils une décennie après qu'il eut été établi que le VIH pouvait être transmis par le lait maternel. Cela a contribué à des millions de décès de nourrissons en Afrique Australe surtout. Elles ne valent pas mieux que Nestlé et ne sont pas davantage préoccupées par la santé. Elles ont continué à donner activement ces conseils une décennie après qu'il eut été établi que le VIH pouvait être transmis par le lait maternel.

Elles interfèrent également avec les pratiques traditionnelles d'alimentation des nourrissons dans certaines régions et affirment qu'elles corrigent ainsi les torts causés par les entreprises de lait infantile.

L'influence de La Leche League dans les contextes internationaux constitue un projet colonial aussi.

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u/OkChart1375 — 9 days ago