Entre deux regards – Chapitre 4 – Entre l’espoir et le silence

Chapitre 4 – Entre l’espoir et le silence

Il y a une question qui revient chaque jour. Toujours la même. Comment peut-on être autant bouleversée par quelqu’un que l’on ne connaît presque pas ? Je ne connais pas son prénom. Je ne connais pas son âge. Je ne connais rien de sa famille. Je ne sais pas où il vit. Je ne sais pas ce qu’il aime. Je ne sais pas s’il est heureux. Je ne sais même pas s’il est célibataire. Et pourtant… il est devenu une partie de mes journées.

Je me demande parfois si je suis réellement attirée par lui. Ou si je suis attirée par tout ce que j’ignore encore de lui. Le mystère. Le silence. L’inconnu. Parce qu’au fond, comment peut-on tomber amoureux d’une personne dont on ignore presque tout ?

Puis une autre question apparaît. Et si ce n’était pas seulement lui ? Et si c’était aussi l’espoir ? L’espoir qu’après toutes ces années, quelqu’un ait enfin réussi à réveiller une émotion que je croyais disparue.

Cela faisait tellement longtemps que je ne ressentais plus rien pour personne. Des hommes sont passés dans ma vie. Certains étaient gentils. D’autres intéressants. Mais aucun ne faisait battre mon cœur. J’avais fini par croire que cette partie de moi s’était éteinte. Puis un inconnu est apparu. Ou plutôt… j’ai commencé à le regarder autrement. Et tout est revenu. Les papillons. L’attente. L’impatience. Les rêves. Les regards. Les sourires. Les bonjours. L’espoir. Le désespoir. Comme si mon cœur s’était réveillé après un très long sommeil.

Je me demande alors si c’est réellement lui qui me bouleverse. Ou si c’est simplement le fait de découvrir que je suis encore capable de ressentir quelque chose d’aussi fort. Peut-être que cet homme n’est pas seulement un homme. Peut-être qu’il est aussi le miroir d’une partie de moi que je croyais perdue.

Je vis seule depuis des années. Une solitude que peu de personnes connaissent vraiment. Parce qu’on peut être entouré de monde et se sentir profondément seul. On peut sourire. Travailler. Sortir. Parler. Et pourtant rentrer chez soi avec un silence qui pèse plus lourd que tous les bruits de la journée.

Parfois, je me demande si cette solitude n’a pas rendu cette rencontre encore plus intense. Lorsqu’une émotion nous manque pendant longtemps, la première étincelle peut ressembler à un incendie.

Je pense souvent à tout ce que j’ignore encore. Est-ce qu’il remarque mes regards ? Est-ce qu’il a vu que mes mains tremblaient lorsque j’ai pris mes médicaments ? Est-ce qu’il s’est demandé pourquoi j’avais changé de table ce jour-là ? Ou bien n’a-t-il rien remarqué ? Peut-être que, pendant que je construisais des centaines de scénarios, lui était simplement en train de boire son café.

Je ne le saurai peut-être jamais. Et c’est probablement cela qui est le plus difficile. Ne pas savoir. Mon cerveau déteste l’incertitude. Il cherche des réponses partout. Il imagine. Il interprète. Il remplit les silences avec ses propres hypothèses. Il construit des histoires à partir d’un regard de quelques secondes. Puis il doute de tout et recommence.

Et pourtant, je repense souvent à ce simple mot.

« Bonjour. »

Un mot que des milliers de personnes prononcent chaque jour sans y prêter attention. Pour moi, il a changé quelque chose. Parce qu’il a transformé un inconnu en quelqu’un qui connaît désormais mon existence. Nous sommes encore deux étrangers. Mais nous ne sommes plus invisibles l’un pour l’autre.

Je ne sais pas si un jour nous partagerons un café. Je ne sais pas si nous échangerons nos prénoms. Je ne sais pas si cette histoire s’arrêtera ici ou si elle ne fait que commencer. Peut-être qu’aucun de nous ne fera jamais le premier pas. Peut-être que nous continuerons simplement à nous croiser chaque matin dans cette vieille maison transformée en café, entourée de son jardin, en échangeant un regard, un sourire ou un simple bonjour.

Mais une chose est certaine.

Avant lui, je pensais que cette partie de moi s’était endormie pour toujours. Aujourd’hui, je sais que mon cœur est encore capable de battre aussi fort qu’il m’en fait parfois mal. Je ne sais pas si c’est le début d’une histoire d’amour. Je ne sais même pas si ce sera un jour une histoire tout court. Mais je sais que cette rencontre m’a obligée à regarder à l’intérieur de moi. À affronter mes peurs. Mon anxiété. Mes espoirs. Ma solitude. Et ce combat silencieux que personne ne voit.

Peut-être que certaines histoires ne sont pas faites pour durer. Peut-être qu’elles existent simplement pour nous rappeler que nous sommes encore vivants. Ou peut-être que je me trompe complètement. Peut-être que cette histoire n’attend qu’une chose…

Qu’un jour, l’un de nous deux trouve enfin le courage de briser le silence.

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u/Jazzlike-Worker-5787 — 11 days ago

Entre deux regards – Chapitre 4 – Entre l’espoir et le silence

Chapitre 4 – Entre l’espoir et le silence

Il y a une question qui revient chaque jour. Toujours la même. Comment peut-on être autant bouleversée par quelqu’un que l’on ne connaît presque pas ? Je ne connais pas son prénom. Je ne connais pas son âge. Je ne connais rien de sa famille. Je ne sais pas où il vit. Je ne sais pas ce qu’il aime. Je ne sais pas s’il est heureux. Je ne sais même pas s’il est célibataire. Et pourtant… il est devenu une partie de mes journées.

Je me demande parfois si je suis réellement attirée par lui. Ou si je suis attirée par tout ce que j’ignore encore de lui. Le mystère. Le silence. L’inconnu. Parce qu’au fond, comment peut-on tomber amoureux d’une personne dont on ignore presque tout ?

Puis une autre question apparaît. Et si ce n’était pas seulement lui ? Et si c’était aussi l’espoir ? L’espoir qu’après toutes ces années, quelqu’un ait enfin réussi à réveiller une émotion que je croyais disparue.

Cela faisait tellement longtemps que je ne ressentais plus rien pour personne. Des hommes sont passés dans ma vie. Certains étaient gentils. D’autres intéressants. Mais aucun ne faisait battre mon cœur. J’avais fini par croire que cette partie de moi s’était éteinte. Puis un inconnu est apparu. Ou plutôt… j’ai commencé à le regarder autrement. Et tout est revenu. Les papillons. L’attente. L’impatience. Les rêves. Les regards. Les sourires. Les bonjours. L’espoir. Le désespoir. Comme si mon cœur s’était réveillé après un très long sommeil.

Je me demande alors si c’est réellement lui qui me bouleverse. Ou si c’est simplement le fait de découvrir que je suis encore capable de ressentir quelque chose d’aussi fort. Peut-être que cet homme n’est pas seulement un homme. Peut-être qu’il est aussi le miroir d’une partie de moi que je croyais perdue.

Je vis seule depuis des années. Une solitude que peu de personnes connaissent vraiment. Parce qu’on peut être entouré de monde et se sentir profondément seul. On peut sourire. Travailler. Sortir. Parler. Et pourtant rentrer chez soi avec un silence qui pèse plus lourd que tous les bruits de la journée.

Parfois, je me demande si cette solitude n’a pas rendu cette rencontre encore plus intense. Lorsqu’une émotion nous manque pendant longtemps, la première étincelle peut ressembler à un incendie.

Je pense souvent à tout ce que j’ignore encore. Est-ce qu’il remarque mes regards ? Est-ce qu’il a vu que mes mains tremblaient lorsque j’ai pris mes médicaments ? Est-ce qu’il s’est demandé pourquoi j’avais changé de table ce jour-là ? Ou bien n’a-t-il rien remarqué ? Peut-être que, pendant que je construisais des centaines de scénarios, lui était simplement en train de boire son café.

Je ne le saurai peut-être jamais. Et c’est probablement cela qui est le plus difficile. Ne pas savoir. Mon cerveau déteste l’incertitude. Il cherche des réponses partout. Il imagine. Il interprète. Il remplit les silences avec ses propres hypothèses. Il construit des histoires à partir d’un regard de quelques secondes. Puis il doute de tout et recommence.

Et pourtant, je repense souvent à ce simple mot.

« Bonjour. »

Un mot que des milliers de personnes prononcent chaque jour sans y prêter attention. Pour moi, il a changé quelque chose. Parce qu’il a transformé un inconnu en quelqu’un qui connaît désormais mon existence. Nous sommes encore deux étrangers. Mais nous ne sommes plus invisibles l’un pour l’autre.

Je ne sais pas si un jour nous partagerons un café. Je ne sais pas si nous échangerons nos prénoms. Je ne sais pas si cette histoire s’arrêtera ici ou si elle ne fait que commencer. Peut-être qu’aucun de nous ne fera jamais le premier pas. Peut-être que nous continuerons simplement à nous croiser chaque matin dans cette vieille maison transformée en café, entourée de son jardin, en échangeant un regard, un sourire ou un simple bonjour.

Mais une chose est certaine.

Avant lui, je pensais que cette partie de moi s’était endormie pour toujours. Aujourd’hui, je sais que mon cœur est encore capable de battre aussi fort qu’il m’en fait parfois mal. Je ne sais pas si c’est le début d’une histoire d’amour. Je ne sais même pas si ce sera un jour une histoire tout court. Mais je sais que cette rencontre m’a obligée à regarder à l’intérieur de moi. À affronter mes peurs. Mon anxiété. Mes espoirs. Ma solitude. Et ce combat silencieux que personne ne voit.

Peut-être que certaines histoires ne sont pas faites pour durer. Peut-être qu’elles existent simplement pour nous rappeler que nous sommes encore vivants. Ou peut-être que je me trompe complètement. Peut-être que cette histoire n’attend qu’une chose…

Qu’un jour, l’un de nous deux trouve enfin le courage de briser le silence.

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u/Jazzlike-Worker-5787 — 11 days ago
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excès d’énergie sans pouvoir le suivre

Est-ce qu’avec le trouble bipolaire, vous avez parfois l’impression que votre cerveau va exploser tellement vous avez d’idées, alors que votre corps n’arrive pas à supporter toute cette énergie que votre cerveau produit ?

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u/Jazzlike-Worker-5787 — 12 days ago
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Entre deux regards – Chapitre 3 – Le volcan silencieux

Chapitre 3 – Le volcan silencieux

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir peur. Pas de lui. De moi. Parce que je sentais que quelque chose m’échappait. Je pensais à lui sans arrêt. Je me réveillais avec son visage dans mon esprit. Je travaillais en pensant à lui. Je conduisais en pensant à lui. Je rentrais chez moi en pensant à lui. Puis je rêvais de lui. Les rêves étaient parfois si réalistes qu’au réveil, j’avais l’impression de quitter une autre vie pour revenir dans la mienne.

Je ne comprenais plus ce qui m’arrivait. Comment pouvait-on ressentir autant d’émotions pour quelqu’un que l’on ne connaissait presque pas ? Comment un inconnu pouvait-il bouleverser autant mon quotidien ? Je me répétais que c’était absurde. Que cela finirait par passer. Puis, quelques secondes plus tard, je recommençais à penser à lui. J’essayais de reprendre le contrôle de mon esprit. Plus j’essayais, plus il semblait m’échapper.

Je vis avec un trouble bipolaire de type II. Beaucoup de personnes pensent que cette maladie se résume à des hauts et des bas. Chez moi, elle est bien plus silencieuse et bien plus complexe. Elle se cache dans ma manière de ressentir les choses. Dans cette intensité qui transforme parfois une simple émotion en tempête. Dans cette difficulté à trouver un juste milieu. Mon esprit fonctionne souvent par extrêmes. L’espoir ou le désespoir. Tout est possible ou plus rien ne l’est. L’intérêt absolu ou le désintérêt total. Comme s’il n’existait jamais d’entre-deux.

Je fais facilement des fixations. Pas seulement sur des personnes. Sur des idées. Sur des projets. Sur des questions. Quand quelque chose entre dans ma tête, il devient parfois presque impossible de l’en faire sortir. Mon cerveau refuse de lâcher prise. Il revient sans cesse au même endroit, comme s’il cherchait une réponse qui n’existe peut-être pas.

Cette fois, cette fixation portait un visage.

Je pouvais passer des heures à rejouer une scène dans ma tête. À analyser un regard. À essayer de comprendre un sourire. Pourquoi avait-il changé de place ce jour-là ? Pourquoi était-il monté à l’étage ? Pourquoi n’était-il pas venu la veille ? Est-ce qu’il m’évitait ? Est-ce qu’il pensait que je le dérangeais ? Est-ce que j’avais imaginé tous ces regards ? Je construisais des dizaines de scénarios. Puis je les détruisais aussitôt pour en construire d’autres. Mon cerveau ne cherchait pas seulement des réponses. Il cherchait des certitudes. Et les certitudes n’existaient pas.

Alors l’angoisse prenait toute la place. Mon cœur battait si fort que j’avais parfois l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine. Mes mains tremblaient. Le stress y était pour beaucoup, mais aussi mon traitement qui accentuait parfois ces tremblements. Je perdais l’appétit. Certains jours, j’avais des nausées rien qu’à l’idée de le croiser. Et pourtant… je passais mes journées à espérer le voir. Je voulais sa présence autant qu’elle me bouleversait.

Un matin, je me suis retrouvée à la table voisine de la sienne. Quelques dizaines de centimètres seulement nous séparaient. Mon cœur battait si fort que j’étais persuadée qu’il pouvait l’entendre. Mes mains tremblaient lorsque j’ai pris mes médicaments. Trois comprimés et demi. Je me demandais s’il les avait remarqués. S’il se posait des questions. S’il me trouvait étrange. Puis l’angoisse est devenue si forte que j’ai changé de place. Pas parce que je voulais m’éloigner de lui. Parce que je n’arrivais plus à respirer normalement.

En rentrant chez moi, je n’ai pensé qu’à une seule chose. Qu’avait-il pensé de moi ? Avait-il remarqué mes tremblements ? Avait-il vu mes médicaments ? Avait-il compris que j’étais terrifiée ? Ou bien n’avait-il rien vu du tout ? Je n’avais aucun moyen de le savoir. Pourtant, mon cerveau continuait à chercher des réponses.

À l’extérieur, tout semblait normal. Je travaillais. Je souriais. Je plaisantais. Les gens me trouvaient calme. Certains me disaient même que j’avais toujours l’air sereine. S’ils savaient…

À l’intérieur, c’était tout le contraire. C’était comme vivre avec un volcan dans la poitrine. Personne ne voyait la lave. Personne n’entendait les explosions. Tout se passait en silence. Je répondais aux gens alors qu’une autre partie de moi imaginait des centaines de scénarios différents. Je donnais l’impression d’être présente alors que mon esprit était ailleurs, prisonnier de pensées qui tournaient sans fin.

Parfois, je me demandais si quelqu’un pourrait un jour comprendre ce que cela fait de vivre avec un cerveau qui ne s’arrête jamais. Comprendre cette fatigue provoquée par des pensées qui reviennent sans cesse. Comprendre ce mélange d’espoir et de désespoir qui peut changer plusieurs fois dans une seule journée. Comprendre cette solitude immense qui ne vient pas seulement de l’absence des autres, mais de l’impossibilité de leur expliquer ce qui se passe réellement à l’intérieur de moi.

Même ma famille ne voit pas cette bataille. Même les personnes qui m’aiment ne peuvent pas entendre ce vacarme intérieur. Elles voient une femme calme. Elles ne voient pas la tempête.

Alors je continue à m’asseoir dans ce café. J’attends un regard. Un sourire. Un simple bonjour. En espérant qu’un jour, peut-être, une conversation suffira à faire taire, ne serait-ce qu’un instant, tout le bruit qui existe dans mon esprit.

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u/Jazzlike-Worker-5787 — 12 days ago
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Entre deux regards – Chapitre 2 – L’inconnu qui habitait mes pensées

Chapitre 2 – L’inconnu qui habitait mes pensées

Au début, je pensais que cela passerait. Je me disais que ce n’était qu’un regard de plus. Qu’un visage parmi tant d’autres. Que, dans quelques jours, je n’y penserais même plus. Je me trompais.

Les jours passaient. Lui aussi. Chaque matin, ou presque, il franchissait le portail du jardin, traversait lentement les allées bordées de verdure et venait s’installer à sa place habituelle. Comme si rien ne pouvait perturber ce rituel. Comme si ce café faisait partie de lui autant qu’il faisait partie du café.

Et moi… sans même m’en rendre compte, je commençais à attendre son arrivée. Il y avait des matins où je regardais discrètement vers l’entrée. Je faisais semblant de travailler sur mon ordinateur. Je faisais semblant de lire. Mais une partie de moi attendait simplement de le voir apparaître.

Quand il n’était pas là, quelque chose semblait manquer au décor. Je regardais instinctivement la chaise où il s’asseyait d’habitude. Elle restait vide. Et je me surprenais à me demander pourquoi. Était-il malade ? Était-il simplement en retard ? Avait-il changé ses habitudes ? Était-il parti en vacances ? Une absence qui aurait dû être banale devenait soudainement importante.

Puis il revenait. Comme si rien ne s’était passé. Et je me rendais compte que j’avais retenu mon souffle sans même m’en apercevoir.

Petit à petit, il a commencé à habiter mon esprit. Je pensais à lui dès que j’ouvrais les yeux. Je pensais à lui en conduisant. Je pensais à lui pendant que je travaillais. Je pensais à lui en rentrant chez moi. Je pensais à lui avant de dormir. Puis, lorsque je finissais enfin par m’endormir, je rêvais de lui.

Des rêves étrangement réalistes. Des rêves où nous parlions comme si nous nous connaissions depuis toujours. Au réveil, il me fallait parfois plusieurs secondes pour comprendre que rien de tout cela n’avait réellement existé.

Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Comment un homme dont j’ignorais presque tout pouvait-il prendre autant de place dans ma vie ? Je ne connaissais même pas son prénom. Je ne savais pas s’il était célibataire. Je ne savais pas où il vivait. Je ne savais rien de lui. Et pourtant, mon esprit semblait avoir décidé que cela suffisait.

Chaque détail devenait important. Pourquoi venait-il toujours seul ? Pourquoi semblait-il tellement à l’aise avec le silence ? Pourquoi ne parlait-il presque jamais ? Pourquoi ne saluait-il personne ? Pourquoi avait-il toujours cette expression calme, presque impénétrable ?

Puis un jour, j’ai remarqué un détail auquel personne n’aurait probablement prêté attention. À l’arrière de sa moto était accroché un petit nounours avec la lettre « H ». Je suis restée plusieurs minutes à imaginer ce que cette lettre pouvait signifier. Était-ce son prénom ? Celui d’une personne importante dans sa vie ? Un simple porte-clés acheté par hasard ? Je n’en savais rien. Pourtant, mon cerveau refusait d’abandonner cette question.

Les regards continuaient. Toujours ces deux ou trois secondes. Deux ou trois secondes qui semblaient durer beaucoup plus longtemps. Parfois, c’était moi qui levais les yeux. Parfois, c’était lui. Puis nous détournions presque toujours le regard au même moment. Et je passais le reste de la journée à me demander ce que ces quelques secondes voulaient dire.

Je cherchais une signification à tout. À l’endroit où il s’asseyait. À l’heure à laquelle il arrivait. À ses habitudes. À ses absences. À son silence. Je me fatiguais moi-même. Mais je n’arrivais plus à arrêter.

Puis un matin, quelque chose a changé.

Nos regards se sont croisés.

Et, presque au même instant, nous avons souri.

Un sourire discret. Timide. Naturel. Un sourire qui n’avait rien d’extraordinaire. Pourtant, j’ai eu l’impression que le café entier disparaissait autour de nous.

Quelques instants plus tard, il est venu brancher son téléphone sur une prise qui se trouvait près de moi. Nous étions à quelques centimètres l’un de l’autre. Nous n’avons pas parlé. Nous sommes restés silencieux. Mais je suis rentrée chez moi avec la sensation étrange que quelque chose avait changé entre nous.

Le lendemain matin, alors que je franchissais la porte du café, il m’a regardée.

Puis il a simplement dit :

« Bonjour. »

Un seul mot.

Je crois que je ne me souviendrai jamais d’un « bonjour » avec autant de précision.

Quelques heures plus tard, lorsque je l’ai recroisé, c’est moi qui ai trouvé le courage de le saluer.

Ce jour-là, je suis rentrée chez moi heureuse. D’une joie presque enfantine. Une joie que beaucoup de personnes auraient sûrement trouvée disproportionnée. Pour elles, ce n’était qu’un bonjour. Pour moi, c’était le premier mot échangé entre deux inconnus qui, jusqu’alors, n’avaient communiqué qu’avec leurs regards.

Je pensais que cela allait enfin apaiser mon esprit. Je pensais que cette première étape calmerait toutes les questions qui tournaient sans cesse dans ma tête.

C’est exactement l’inverse qui s’est produit.

Les questions étaient toujours là.

Elles étaient simplement devenues encore plus nombreuses.

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u/Jazzlike-Worker-5787 — 14 days ago

Entre deux regards

**Chapitre 1 - Le début du silence**

Il y a quelques mois, il n’était qu’un visage parmi d’autres. Chaque matin, ou presque, nous nous retrouvions dans le même café. Ce n’était pas un café comme les autres. C’était une ancienne maison transformée en café, un endroit où le temps semblait avoir décidé de ralentir. Avant même d’entrer, il y avait un jardin. Un jardin paisible où les arbres filtraient la lumière du matin à travers leurs feuilles, où les fleurs apportaient des touches de couleur et où le chant des oiseaux accompagnait discrètement le bruit des tasses que l’on déposait sur les tables. L’air sentait le café fraîchement moulu, le bois ancien et la terre encore humide des premières heures de la journée.

À l’intérieur, la maison avait conservé son âme. Les vieux murs semblaient raconter une histoire, les meubles en bois avaient le charme des objets qui ont traversé le temps, les bibliothèques, les cadres anciens et les lampes à la lumière chaleureuse donnaient l’impression que quelqu’un avait simplement ouvert les portes de sa maison pour accueillir des inconnus. Les gens y parlaient doucement. Certains lisaient un livre, d’autres travaillaient sur leur ordinateur. Personne ne semblait pressé. On ne venait pas seulement y boire un café. On venait chercher un peu de calme. Un refuge. Un endroit où le monde extérieur semblait s’arrêter quelques instants.

Et lui… il faisait partie du décor. Toujours seul. Toujours discret. Toujours assis presque à la même place. Je ne l’avais jamais vu arriver accompagné. Je ne l’avais jamais vu rire avec des amis. Je ne l’avais jamais vu engager une conversation avec quelqu’un. Je ne l’avais même jamais vu saluer le serveur. Comme si le silence était devenu sa façon d’habiter le monde.

Pendant des mois, il n’était pour moi qu’un habitué parmi d’autres. Le genre de personne que l’on remarque sans vraiment y penser. Je savais seulement qu’il existait.

Puis un jour, quelque chose a changé.

Nos regards se sont croisés.

Pas un regard furtif. Pas un regard que l’on détourne aussitôt par politesse. Il a duré. Deux secondes. Peut-être trois. Assez longtemps pour que chacun sache que l’autre était là. Assez longtemps pour que quelque chose change sans qu’aucun mot ne soit prononcé.

Je ne sais toujours pas pourquoi ce regard a eu autant d’importance. Je me suis posé cette question des centaines de fois. Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi un homme que je ne connaissais même pas pouvait-il provoquer une émotion que je n’avais plus ressentie depuis des années ?

Les jours suivants, nos regards continuaient de se croiser. Toujours quelques secondes. Toujours ce même silence. Aucun mot. Aucun sourire. Seulement deux inconnus qui semblaient reconnaître l’existence de l’autre sans jamais franchir la frontière qui séparait leurs mondes.

Je ne savais rien de lui. Ni son prénom. Ni son âge. Ni son histoire. Une serveuse du café, devenue une amie au fil du temps, m’a simplement dit un jour, presque sans y penser : « Il est professeur. » C’était tout. Une seule phrase. Une seule information. Et pourtant, j’avais l’impression d’avoir découvert quelque chose d’important. Parce que ce simple détail rendait cet inconnu un peu plus réel, sans pour autant lever le voile sur son mystère.

D’habitude, j’ai l’impression de comprendre rapidement les gens. Leur manière de parler. Leur façon de regarder. Leur personnalité. En quelques minutes, j’ai souvent l’impression de les cerner. Lui… impossible. Chaque fois que je pensais avoir compris quelque chose, un détail venait tout remettre en question. Plus j’essayais de le comprendre, plus il me semblait insaisissable. Et plus il me semblait insaisissable, plus il occupait une place dans mes pensées.

Sans m’en rendre compte, j’ai commencé à attendre le matin. Pas seulement pour boire mon café. Mais pour vérifier s’il était là. Au début, je refusais de me l’avouer. Je me disais que ce n’était qu’une habitude. Puis j’ai compris que ce n’était plus seulement une habitude. J’attendais ces quelques secondes où nos regards se croiseraient. Rien de plus. Et pourtant, ces quelques secondes suffisaient parfois à illuminer toute une journée.

Je ne savais pas encore que ce simple échange de regards allait bouleverser bien plus que mes matinées. Je ne savais pas encore qu’un homme dont j’ignorais jusqu’au prénom allait peu à peu prendre une place immense dans mon esprit. Je ne savais pas encore que cette histoire n’allait pas seulement parler de lui.

Elle allait aussi parler de moi.

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u/Jazzlike-Worker-5787 — 14 days ago

Entre deux regards – Chapitre 2 – L’inconnu qui habitait mes pensées

Chapitre 2 – L’inconnu qui habitait mes pensées

Au début, je pensais que cela passerait. Je me disais que ce n’était qu’un regard de plus. Qu’un visage parmi tant d’autres. Que, dans quelques jours, je n’y penserais même plus. Je me trompais.

Les jours passaient. Lui aussi. Chaque matin, ou presque, il franchissait le portail du jardin, traversait lentement les allées bordées de verdure et venait s’installer à sa place habituelle. Comme si rien ne pouvait perturber ce rituel. Comme si ce café faisait partie de lui autant qu’il faisait partie du café.

Et moi… sans même m’en rendre compte, je commençais à attendre son arrivée. Il y avait des matins où je regardais discrètement vers l’entrée. Je faisais semblant de travailler sur mon ordinateur. Je faisais semblant de lire. Mais une partie de moi attendait simplement de le voir apparaître.

Quand il n’était pas là, quelque chose semblait manquer au décor. Je regardais instinctivement la chaise où il s’asseyait d’habitude. Elle restait vide. Et je me surprenais à me demander pourquoi. Était-il malade ? Était-il simplement en retard ? Avait-il changé ses habitudes ? Était-il parti en vacances ? Une absence qui aurait dû être banale devenait soudainement importante.

Puis il revenait. Comme si rien ne s’était passé. Et je me rendais compte que j’avais retenu mon souffle sans même m’en apercevoir.

Petit à petit, il a commencé à habiter mon esprit. Je pensais à lui dès que j’ouvrais les yeux. Je pensais à lui en conduisant. Je pensais à lui pendant que je travaillais. Je pensais à lui en rentrant chez moi. Je pensais à lui avant de dormir. Puis, lorsque je finissais enfin par m’endormir, je rêvais de lui.

Des rêves étrangement réalistes. Des rêves où nous parlions comme si nous nous connaissions depuis toujours. Au réveil, il me fallait parfois plusieurs secondes pour comprendre que rien de tout cela n’avait réellement existé.

Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Comment un homme dont j’ignorais presque tout pouvait-il prendre autant de place dans ma vie ? Je ne connaissais même pas son prénom. Je ne savais pas s’il était célibataire. Je ne savais pas où il vivait. Je ne savais rien de lui. Et pourtant, mon esprit semblait avoir décidé que cela suffisait.

Chaque détail devenait important. Pourquoi venait-il toujours seul ? Pourquoi semblait-il tellement à l’aise avec le silence ? Pourquoi ne parlait-il presque jamais ? Pourquoi ne saluait-il personne ? Pourquoi avait-il toujours cette expression calme, presque impénétrable ?

Puis un jour, j’ai remarqué un détail auquel personne n’aurait probablement prêté attention. À l’arrière de sa moto était accroché un petit nounours avec la lettre « H ». Je suis restée plusieurs minutes à imaginer ce que cette lettre pouvait signifier. Était-ce son prénom ? Celui d’une personne importante dans sa vie ? Un simple porte-clés acheté par hasard ? Je n’en savais rien. Pourtant, mon cerveau refusait d’abandonner cette question.

Les regards continuaient. Toujours ces deux ou trois secondes. Deux ou trois secondes qui semblaient durer beaucoup plus longtemps. Parfois, c’était moi qui levais les yeux. Parfois, c’était lui. Puis nous détournions presque toujours le regard au même moment. Et je passais le reste de la journée à me demander ce que ces quelques secondes voulaient dire.

Je cherchais une signification à tout. À l’endroit où il s’asseyait. À l’heure à laquelle il arrivait. À ses habitudes. À ses absences. À son silence. Je me fatiguais moi-même. Mais je n’arrivais plus à arrêter.

Puis un matin, quelque chose a changé.

Nos regards se sont croisés.

Et, presque au même instant, nous avons souri.

Un sourire discret. Timide. Naturel. Un sourire qui n’avait rien d’extraordinaire. Pourtant, j’ai eu l’impression que le café entier disparaissait autour de nous.

Quelques instants plus tard, il est venu brancher son téléphone sur une prise qui se trouvait près de moi. Nous étions à quelques centimètres l’un de l’autre. Nous n’avons pas parlé. Nous sommes restés silencieux. Mais je suis rentrée chez moi avec la sensation étrange que quelque chose avait changé entre nous.

Le lendemain matin, alors que je franchissais la porte du café, il m’a regardée.

Puis il a simplement dit :

« Bonjour. »

Un seul mot.

Je crois que je ne me souviendrai jamais d’un « bonjour » avec autant de précision.

Quelques heures plus tard, lorsque je l’ai recroisé, c’est moi qui ai trouvé le courage de le saluer.

Ce jour-là, je suis rentrée chez moi heureuse. D’une joie presque enfantine. Une joie que beaucoup de personnes auraient sûrement trouvée disproportionnée. Pour elles, ce n’était qu’un bonjour. Pour moi, c’était le premier mot échangé entre deux inconnus qui, jusqu’alors, n’avaient communiqué qu’avec leurs regards.

Je pensais que cela allait enfin apaiser mon esprit. Je pensais que cette première étape calmerait toutes les questions qui tournaient sans cesse dans ma tête.

C’est exactement l’inverse qui s’est produit.

Les questions étaient toujours là.

Elles étaient simplement devenues encore plus nombreuses.

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