La voiture électrique est la preuve qu'on ne veut pas changer.
C'est en tant qu'acheteur assez frais (juin !) que je parle. J'ai voulu croire à une certaine forme de changement, une évolution écologique et quotidienne allant dans le bon sens, mais c'est un royal mensonge que je me suis fait.
La réalité est que j'ai été conditionné, depuis tout petit, à croire qu'il était normal de faire 1000 kilomètres en voiture pour aller en vacances et qu'il était normal de faire 80 kilomètres par jour pour aller au travail, ou 100 kilomètres aller-retour pour voir ma famille.
Et en passant à l'électrique pour des raisons qui ne dépendent pas de moi (la guerre en Iran), j'ai comme tout mouton, décidé que, décidément, je payais trop chers mes privilèges et qu'il était temps d'en avoir d'autres. Je me suis servi de bombardements comme excuse à mon train de vie.
Je m'étais promis d'attendre mais je me suis comporté comme l'habituel imbécile :
- J'ai acheté rapidement (alors que j'avais prévu d'attendre) après avoir scruté des tas d'annonces et trouvé un truc qui cochait toutes les cases
- Je me suis pavané un peu auprès de tout le monde (oui, ma voiture elle est belle et en plus, j'économise le prix du pain quand je vais faire les courses)
- Je suis parti à 1000 kilomètres de chez moi
- J'ai un peu arrêté le vélo pour aller chercher le pain (oh, pour le coût carbone de l'électrique...il est déjà payé à 3/4 lors de la fabrication) et j'ai fait plus de kilomètres en électrique en 2 mois qu'en 4 avec ma thermique auparavant
Et je me suis rendu compte que j'avais mis 18000 biftons (de 1€) pour ne pas trop souffrir le changement qui devrait incomber au chevalier que je m'étais promis de devenir : beaucoup moins rouler, accepter la proximité, œuvrer pour des solutions locales, peu chères, accessibles à tous.
J'ai été un hypocrite complet et je me rends compte que la voiture électrique n'est qu'un énorme aveu de faiblesse, au coût exorbitant (tant écologiquement qu'économiquement).
J'ai honte d'avoir cru que j'effectuais un changement. Merci d'avoir lu ma confession.