Ma femme
Je te l'ai répété encore et encore. Je t'en ai même fait la promesse : qu'après la cataclysmique
tempête, nous irons ensemble cueillir des marguerites dans ce champ si grand.
Le cœur empli d'amour, les mômes nous courront dans les pattes en criant : « Papa ! Maman ! »
Je ris en imaginant le vent soulever leurs cheveux blonds. Je pleure en pensant à eux. À toi, Jeanne. À Marie. À Pierre.
Car je sais que le sanglier que nous chassons, mes copains et moi, nous emmènera loin, et qu'une fois à la lisière de la forêt, nous serons bien trop fatigués pour faire demi-tour.
Alors, ma femme, j'arrive comme l'été débarque l'hiver pour te dire que mon cœur, même éteint, ne cessera jamais de battre pour vous.