Un garçon qui perd son père au divorce devrait déclencher une alerte, pas un haussement d'épaules
Opinion impopulaire, cognez.
Chiffre de départ : la résidence principale finit chez la mère dans les trois quarts des divorces. Personne s'en émeut, c'est le paysage par défaut. Sauf que pour un garçon, perdre son père au quotidien c'est pas un détail logistique, c'est le facteur de risque le plus sous-coté de la protection de l'enfance.
Décrochage, délinquance, addictions, reproduction du schéma une génération plus tard. Oui je sais, corrélation, pauvreté monoparentale, tout ça. Sauf que même en contrôlant le revenu, le signal ne disparaît pas complètement. Et surtout : on applique le principe de précaution partout, sur les écrans, sur le sucre, sur les vaccins, mais sur l'absence paternelle, silence radio. Un peu louche, non ?
Deuxième couche, la plus taboue. Le divorce se passe mal, la mère garde le môme, et le môme a le malheur de ressembler à son père. Même tronche, mêmes tics, même voix qui mue. Il devient le portrait vivant du mec qu'elle déteste, et il encaisse. Dénigrement permanent du père, culpabilisation, chantage affectif. Demandez autour de vous, les mecs qui ont vécu ça se reconnaissent en deux secondes, je vous vois. Le juge, lui, ne le verra jamais, parce qu'une audience JAF dure vingt minutes et que l'enfant n'y parle pas.
Donc voilà ce que je propose, et c'est moins radical que ça en a l'air :
Un, garde alternée par défaut, présomption légale, charge de la preuve inversée. Tu veux l'exclusivité, tu démontres pourquoi l'autre parent est un danger. Aujourd'hui c'est l'inverse, le père doit prouver qu'il mérite son propre gosse.
Deux, quand le père est vraiment hors circuit, mort, incarcéré, violent, barré à l'autre bout du monde, le juge devrait poser une question qui ne figure aujourd'hui dans aucun dossier : qui est l'homme référent dans la vie de ce gamin ? Un grand-père, un oncle, un parrain, le prof de judo, peu importe. Pas une obligation, une vérification. On vérifie bien que le logement a le bon nombre de mètres carrés, on pourrait vérifier qu'il y a un adulte masculin stable dans le décor.
On a passé quarante ans à construire des protections contre les pères défaillants, et il le fallait. On n'a pas passé quarante minutes à se demander ce qui protège un garçon quand le défaillant n'est pas celui qu'on croit.
Allez-y, demontez-moi.