Les vélos fantômes?
Avez-vous déjà aperçu un de ces vélos blancs sur votre route?
Ma première fois remonte seulement à l’année passée. J’étais à Saint-Michel-de-Bellechasse avec mon père et nous comptions aller faire du vélo sur la route 132. Je me rappelle que, durant notre excursion, nous avions aperçu un vélo blanc sur le bord du chemin.
Le vélo était là, placé en évidence aux abords de la route, seul dans un silence lourd. Rapidement, nous avons compris qu’il s’agissait d’un mémorial rendant hommage à une cycliste décédée à cet emplacement en 2024.
L’origine de ce concept remonte aux années 2000 et provient directement des États-Unis. En anglais, on appelle ça un Ghost Bike ou White Cycle. Essentiellement, le concept vise à sensibiliser la population aux accidents de la route que subissent trop souvent les cyclistes. En plus, l’objectif est d’honorer la mémoire des défunts.
Justement, jeudi dernier (21 mai), un autre cycliste est décédé en Outaouais sur la route 105 en direction du pont Alonzo. Ceci survient alors que le Tour du silence avait eu lieu la veille.
Bien entendu, j’offre mes sincères condoléances à la famille du défunt, qui était seulement dans la trentaine. En parlant avec la gang d’Action Vélo Outaouais, j’apprends rapidement qu’il s’agit du troisième décès à ce coin précis sur nos routes.
Si vous voyagez au Canada et aux États-Unis, vous avez la possibilité de croiser l’un de ces vélos blancs sur le bord des grandes routes. On estime qu’il y en aurait environ de 1000 à 1500 dans les deux pays. Il est important de garder à l’esprit que ceux-ci ne représentent qu’une petite portion des décès sur la route, étant donné qu’avant d’installer un vélo blanc, il faut obtenir l’accord de la famille du défunt.
Si vous regardez au Québec, vous remarquerez que beaucoup de ces vélos fantômes se retrouvent dans les grands centres urbains ou sur les routes rapides en périphérie.
On parle ici d’un mémorial, mais aussi d’un avertissement. Il est important que notre communauté se mobilise et revendique des routes plus sécuritaires. Il faut le faire constamment.
Au cours des dernières années, j’ai rencontré des centaines de cyclistes qui travaillent bénévolement pour la cause. Ces mêmes bénévoles vont patrouiller les pistes cyclables, participer à des tables de concertation, consulter le public, créer des rapports, faire de la sensibilisation, etc.
Ils font… d’une certaine manière… le travail que nos députés font trop rarement.
Rappelez-vous qu’il y a une élection en octobre prochain. Si on veut que ça bouge, il va falloir demander des engagements clairs.
En attendant, soyez vigilants sur la route… Ultreïa!