Histoire : le canton des Grisons est resté sans voiture jusqu'en 1925

Un des cantons suisses, les Grisons, a résisté à l'invasion bagnolarde jusqu'en 1925, soit un quart de siècle en comparaison de ses voisins.
Extraits :
"Tout commença le 17 août 1900, lorsque le gouvernement cantonal, faisant suite à de nombreuses plaintes concernant ces "monstres puants et bruyants", décida d’interdire les voitures sur toutes les routes. Initialement conçue comme une mesure de sécurité, cette mesure prit rapidement la forme d'une véritable guerre culturelle."
"Les préoccupations sécuritaires cachaient aussi un conflit social. À l'époque, la voiture était considérée comme un simple "véhicule d’apparat" et un jouet pour la classe supérieure aisée des villes.
Les paysans locaux ne voyaient pas pourquoi ils devraient payer l'entretien coûteux des routes, uniquement pour que de riches touristes puissent les ensevelir sous des nuages de poussière.
Les charretiers locaux craignaient quant à eux pour leur gagne-pain. Les Chemins de fer rhétiques, dans lesquels le canton avait investi beaucoup d'argent et qui étaient en service depuis 1889, ne voulaient pas non plus voir émerger une concurrence routière indésirable."
"Le moment arriva enfin le 21 juin 1925. Lors d'un dixième scrutin sur le sujet, les hommes des Grisons levèrent l'interdiction de circuler en voiture à une courte majorité (près de 52%)."
https://www.rts.ch/info/regions/autres-cantons/2026/article/les-grisons-sans-voiture-jusqu-en-1925-l-interdiction-automobile-insolite-29260239.html

u/skid-- — 28 days ago

Le dangereux recul de la mobilisation pour le climat

Editorial du Monde aujourd'hui (accès libre) - extraits :
"Ces conflits ont, au moins, le mérite de révéler une vérité que personne ne voulait s’avouer : nous n’avons jamais vraiment amorcé la transition. Malgré des décennies de discours solennels, nous consommons toujours davantage d’énergies fossiles. Pire, les guerres exacerbent la peur des pénuries, l’obsession de la sécurisation des approvisionnements et la ruée vers les hydrocarbures. Le charbon, la source d’énergie la plus polluante qui soit, redevient une solution acceptable dans l’urgence. Les investissements pour diversifier les voies d’acheminement du pétrole et du gaz se multiplient, au détriment des choix structurants qui permettraient une transition indispensable mais sans cesse remise à plus tard."
"La logique profonde des Etats va à rebours de l’impératif climatique. La compétition stratégique, les conflits ouverts ou larvés, la captation de territoires et l’accès aux ressources naturelles structurent les relations internationales. Or, lutter sérieusement contre le changement climatique suppose précisément l’inverse : ralentir, partager, coopérer, accepter une forme de sobriété collective. Il y a là une incompatibilité profonde entre l’exacerbation des rapports de force et l’impératif climatique."
"L’aggravation des dégâts ne renforce pas la prise de conscience, elle alimente l’instabilité, les inégalités, la spéculation et les affrontements. Par ailleurs, le spectacle des horreurs infligées en de nombreuses régions de la planète conduit à relativiser une urgence environnementale dont les effets peuvent sembler encore lointains – mais qui ne sont pas moins existentiels pour l’avenir de l’humanité."
https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/12/le-dangereux-recul-de-la-mobilisation-pour-le-climat_6688225_3232.html

u/skid-- — 2 months ago