La démocratie ou la dictature de la majorité, en France
J'exprime une critique profonde du régime représentatif tel qu’il fonctionne aujourd’hui.
Dans une démocratie purement majoritaire sans garde-fous solides, la majorité, ou celle qui se fait passer pour telle via les urnes, les sondages et les médias dispose d’un pouvoir absolu. Elle peut légiférer, taxer, réglementer et transformer la société sans limite réelle, car "le peuple a parlé !".
C'est le triomphe de l’égalitarisme démocratique. L’opinion moyenne, courte-termiste et émotionnelle, impose sa loi à la minorité compétente, productive ou attachée aux traditions.
J'ai un exemple. Fiscalité confiscatoire et état providence hypertrophié. Une majorité électorale vote pour des politiques de redistribution massive.
Ça décourage l’effort, l’entrepreneuriat et l’épargne. Les contribuables nets subissent cette "dictature" sans recours efficace, hormis quitter le pays. Le système pénalise le succès au nom de l’égalité.
La tyrannie n’est pas seulement électorale ; elle est sociale et culturelle. L’opinion dominante fabriquée par les médias, l'éducation, la culture subventionnée crée un conformisme. Douter de l’idéologie diversité, du green deal ou de certaines évolutions sociétales expose à la censure, au déclassement médiatique ou judiciaire.
Ce qui est présenté comme progrès, comme le wokisme, la cancel culture, les lois mémorielles, est imposé par une majorité morale relayée par l’état et les institutions. Les dissidents comme les libéraux classiques deviennent des extrémistes par définition minoritaire.
Le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, la Cour européenne des droits de l’homme ou les juges servent souvent à entériner ou protéger les choix majoritaires progressistes, même contre des référendums passés (coucou 2005 ! 🤨 sur la Constitution européenne). C'est une dictature qui se pare des habits de la démocratie pour mieux contourner le peuple réel quand il penche du "mauvais" côté...
La dictature de la pensée ignore le peuple. Les élites parisiennes et bruxelloises imposent des normes en s’appuyant sur des majorités parlementaires fragiles ou des scrutins accentués par l’abstention.
Quand le peuple exprime une majorité claire, on active les digues, le cordon sanitaire, les médias, la justice, la dissolution, etc... Donc, ce n’est pas toujours la majorité qui dicte, mais un simulacre qui permet d’imposer un agenda minoritaire tout en accusant les opposants de menacer la "démocratie".
On a le résultat d'une démocratie actuelle en France qui illustre parfaitement un trop gros risque. Une majorité électorale, médiatique ou morale qui, au nom du peuple, nivelle par le bas, dissout l’identité et opprime les minorités créatrices ou traditionnelles.
Ce n’est pas la liberté, mais un despotisme mou qui prépare, si rien ne change, des ruptures plus dures.
Cette réflexion est sans doute une goutte d'eau dans un océan à la fois vif et visqueux. N'empêche que poser la première pierre sur ce sujet, en l'abordant, permet au moins de penser qu'il existe la solution d'une refondation républicaine ou nationale qui se porte au-dessus de la règle du nombre à la permanence du bien commun.