40 % des recrutements servent à absorber un pic d’activité : le CDI est-il un luxe pour les PME ?
Salut le sub,
40,7 % des projets de recrutement en 2026 sont liés à un surcroît ponctuel d’activité. À l'inverse, seulement 22,2 % sont liés au développement d'une nouvelle activité.
Vous pouvez avoir besoin de quelqu'un immédiatement parce que votre carnet de commandes explose, mais aucune garantie d'avoir suffisamment de travail pour cette personne dans 6 ou 12 mois. Embaucher transforme alors une hausse ponctuelle du chiffre d'affaires en coût fixe qui, lui, peut rester pendant des années.
Aujourd'hui, les entreprises peuvent utiliser l'intérim, des freelances via Malt, sous-traiter une partie de leur activité ou, de plus en plus, automatiser certaines tâches avec des logiciels et de l'IA. Ça coûte parfois plus cher à court terme, mais ça permet aussi d'adapter beaucoup plus facilement ses coûts à son activité.
Et c'est là qu'il y a un paradoxe : on voudrait que les entreprises embauchent davantage en CDI pour sécuriser les salariés, mais on demande en même temps aux entrepreneurs d'être de plus en plus agiles et capables d'absorber les crises**.** Pour une petite boîte qui ne possède pas plusieurs millions d'euros de trésorerie, les deux objectifs ne sont pas toujours faciles à concilier.
Ça ne veut évidemment pas dire que le CDI va disparaître. Quand une entreprise sait qu'elle aura durablement besoin d'une compétence, recruter permet de former quelqu'un, conserver son savoir-faire et construire une équipe. Mais pour absorber une augmentation temporaire de la demande, le CDI est peut-être progressivement en train de devenir la solution la plus engageante parmi énormément d'autres.
Et le marché du travail commence déjà à évoluer dans ce sens. En 2025, 13,5 % des personnes en emploi en France travaillaient comme indépendants, soit la proportion la plus élevée depuis 1998. Fin 2024, la France comptait 4,3 millions de travailleurs non salariés, dont plus de 2 millions de micro-entrepreneurs, un nombre en hausse de 8,2 % sur un an.
Et la dynamique continue : en 2025, 758 600 micro-entreprises ont été créées, un nouveau record et plus du double du niveau de 2017. Rien que sur Malt, plus de 624 000 freelances sont aujourd'hui référencés en France.
On pourrait donc progressivement arriver à un marché où les entreprises veulent de plus en plus acheter une compétence pendant quelques semaines ou quelques mois plutôt que recruter une personne pour plusieurs années.
Et ça pose une question aux demandeurs d'emploi : est-ce que chercher uniquement un CDI est encore la meilleure stratégie, ou faut-il apprendre à vendre ses compétences en freelance, en passant d'une entreprise à l'autre au gré de leurs pics d'activité pour travailler toute l'année ?
Et côté entrepreneurs : quand votre activité augmente, vous préférez recruter en CDI, prendre un freelance ou sous-traiter ?