
Désistements, malaises: Charles Milliard et les montagnes russes libérales
« Le seul point fort de la précampagne de Charles Milliard avec le PLQ tourne en eau de boudin. S’il avait réussi à attirer de fortes candidatures dans le giron des rouges, une séquence de malaises et de désistements ramène le chariot libéral vers le bas.
Le plus gros coup de filet de Milliard, l’ex-procureur de la couronne René Verret, a choisi de retirer sa candidature, quelques semaines après qu’elle eut été annoncée sous les confettis.
Cette grande pointure d’expérience – il a mené le procès du cardiologue Guy Turcotte - était exactement ce dont les libéraux avaient besoin dans la grande région de Québec.
Son retrait fait mal, alors que la déception à l’égard des caquistes rend prenables les circonscriptions de la Capitale-Nationale.
Ensuite, dans les Laurentides, c’est le maire de Lachute Bernard Bigras-Denis qui a fait marche arrière, alors que sa candidature pour le PLQ avait été confirmée.
De tels revirements sont spectaculaires.
Le principal intéressé a soutenu qu’il avait flanché après avoir reçu des témoignages de citoyens inquiets de perdre leur premier magistrat.
La bataille électorale s’annonce serrée.
Rien n’est acquis, pour personne, quand plus d’un citoyen sur deux au Québec est encore incertain de son choix pour l’élection.
On comprend que plusieurs sont nerveux, et pensent à ce qu’ils ont à perdre en faisant le grand saut.
Les libs avaient aussi annulé eux-mêmes la candidature de l’ancien policier Laurier Michaud, dans Côte-du-Sud, en raison d’allégations à son sujet.
Et à cela s’ajoute le malaise à l’interne causé par le candidat Farnell Morriset, présenté comme une coqueluche des réseaux sociaux.
L’influenceur, représentant le PLQ dans Taschereau, a accordé une entrevue au podcast souverainiste de Génération Oui.
Il y fait une admission qui ne passera pas chez les députés libéraux de l’ouest de Montréal.
Selon lui, « inévitablement », on se dirige vers une renégociation de « l’ensemble de comment fonctionne la fédération canadienne », en faisant notamment référence au mouvement souverainiste albertain.
« Est-ce qu’il faut rentrer en disant voici ce qu’on veut, et si on ne l’obtient pas, on peut considérer la souveraineté du Québec ? », demande l’animateur.
Ce à quoi Morriset répond avec honnêteté : « Je suis confortable avec ça. »
Le candidat pourrait avoir un tête-à-tête avec son chef Milliard, qui découvre à vitesse grand V les montagnes russes d’une précampagne. »