Le chemin de Compostelle : Le Puy en Velay/Figeac seule
Préambule (le 9 mars 2025)
Hier, je suis allée au cinéma à la première édition d'histoires et crapahutes. 4 documentaires étaient projetés et relataient les aventures de randonneurs en Corse, au mont de Burre, au Kirghizistan, en Islande. Ca entretient mon souhait de vivre cela aussi. Je suis admirative des personnes qui vivent différemment de tout un chacun. J'aime l'émission vivre loin du monde par exemple. J'aimerais me lancer. Je m'en fous de ne pas me laver de 10 jours, de manger des aliments lyophilisés, d'être coupé de l'actualité. En revanche, j'appréhende la confrontation à moi même ; phénomène amplifié par la force de la nature, les bruits du vent, la noirceur de la nuit, la fraicheur de l'air... J'ai déjà discuté avec mes collègues notamment du fait de faire une étape de Compostelle, de camper... une d'entre elles m'a proposé de me prêter son matériel. Un encouragement ?
Bonjour,
Je souhaite partager avec vous mon retour d'expérience après ma première grande randonnée en itinérance sans avoir réservé de logement au préalable et en ayant la tente. L'envie d'aller sur le chemin m'a prise très rapidement et cette portion en particulier s'est imposée étant donné qu'elle est considérée comme une des plus belles et qu'elle se situe non loin de chez moi. J'avais envie de vivre une aventure (n'ayant jamais campé), d'être dans et avec la nature et de m'imposer une sorte de défi. Je me suis élancée seule sur le chemin du 18 au 30 juin 2026.
Je n'ai pas eu d'encouragements de la part de ma famille. Mes proches ont même verbalisé leurs craintes diverses et variées : la mauvaise rencontre, la défaillance physique, et pourquoi tu veux camper ? ,etc. Idem concernant les dires de certaines rencontres : pourquoi tu fais ça si près de chez toi ? Mais tu n'as pas envie de rentrer alors que tu es à seulement 15 minutes de chez toi ! J'ai donc du imposer mon choix et leur tenir tête. Au final, je crois qu'ils ont été assez fiers de moi une fois rassurés.
Il n'est pas question ici de décrire les étapes car il existe des guides et des personnes l'ont fait mieux que moi. Certaines m'ont d'ailleurs aidé à me préparer : les vidéos sur You tube de l'instant vagabond ; un chemin, des sentiers et illico rando m'ont été d'une aide précieuse.
Je ne parlerai pas non plus de l'étape qui m'a le plus plu ou le moins plu car je pense que cela est assez personnel et subjectif. Dans tous les cas, les paysages de la Margeride, de l'Aubrac et de la vallée du Lot réservent des merveilles.
C'est en faisant l'inventaire des choses qu'il y avait dans mon sac à dos que je vais vous parler de mon expérience.
Dans mon sac, il y avait [sac à dos Elementerre 50 L : bon rembourrage, bonne tenue, solide, espaces de rangement nombreux ; une ouverture centrale doit être pratique mais hormis ce petit bémol, j'ai été très satisfaite de mon sac] :
- les mules : au départ, je ne voulais pas en prendre car je n'en voyais pas l'intérêt🙂↔️. Elles se sont avérées indispensables s'enfilant facilement et utiles ne serait ce que pour se rendre aux toilettes, à la douche ou en ville par exemple et permettre aux pieds de respirer.
- les chaussures de marche : indispensables évidemment. Ca faisait environ 5 ans que je les avais et là, je songe à les changer car elles sont occies^^.
- les chaussettes de randonnées (3).
- le tee shirt manches longues : je ne m'en suis pas servie mais je pense que j'aurais apprécié l'avoir s'il avait fait frais.
- les tee shirt manches courtes (2) en mérinos.
- les pantalons de randonnée (2) : je suis mieux en pantalons en règle générale et d'autant plus dans la nature car je crains les serpents, les orties, etc.
- le jogging d'intérieur qui m'a servi de bas de pyjama : je l'ai même mis pour sortir en ville le soir après la douche pour aller boire un verre. Je ne me posais pas trop de question et ne m'intéressais pas trop au dress code habituel^^.
- la petite chemisette à bretelle pour dormir.
- les culottes (3) classiques.
- les brassières (2) : je les ai vraiment testé sur cette randonnée là. Je pensais que les brassières étaient pour les jeunes filles d'une douzaine d'années et je trouvais ces vêtements un peu régressifs or, j'ai trouvé qu'elles assuraient un super maintien de la poitrine ; on n'est pas gênée par l'armature ou par les crochets dans le dos. Elle étaient super confortables. Il faut bien sûr se contorsionner un peu pour les mettre et les quitter surtout quand on a transpiré mais j'ai beaucoup apprécié les porter. Un soir, je suis allée dans un camping où il y avait une piscine. Je n'avais pas pris de maillot de bain mais ma culotte noire et ma brassière ont tout à fait fait office de maillot. J'ai pu profiter de la piscine grâce à elle.
- la petite serviette éponge : personnellement, je n'aime pas les serviettes micro fibres.
- l' oreiller gonflable. J'aurais du mal à dormir sans oreiller et ce petit objet a été un élément participant à mon confort. Il ne tient pas de place et est simple d'utilisation.
- la tente Simond mt900 1 place : son montage et son démontage se sont avérés faciles. J'ai essuyé 2 orages la nuit durant mon séjour et la tente a résisté au vent et à la forte pluie.
- la lingette micro fibre : je m'en suis servie par 2 fois pour sécher ma tente quand il a plu. Indispensable et légère.
- le duvet : il a pris pas mal de place dans le sac à dos car c'est un gros duvet mais je n'ai pas eu froid. Marque Millet.
- le matelas autogonflant : il a pris un peu de place dans le sac à dos mais j'y ai bien dormi dessus. Je n'ai pas souffert du dos ou des hanches. Marque Queshua.
- le mouchoir en tissu : je déteste me moucher dans un mouchoir en papier. Pour moi, ce bout de tissu fut donc indispensable 🤧.
- le rouleau de papier toilette : utile car il y a plein d'endroits comme les WC publics ou présents dans les campings où il n'y a plus de papiers ; chose que je comprends car on a tous vu du papier gaspillé au sol par exemple.
Je fais ici une parenthèse : sur cette portion du chemin, il y a beaucoup de toilettes publiques, sèches, etc. Il est donc probable que vous n'ayez pas à faire vos besoins dans la nature mais si tel est le cas, vous me feriez plaisir si vous ramassiez votre papier une fois vos besoins faits. Je sais que ce n'est pas dans nos habitudes et que ça peut paraître sale de faire cela mais c'est vraiment très désagréable voire dégoutant de voir du papier toilette dans la nature (biodégradable ou pas).
- les serviettes hygiéniques et les tampons : j'ai eu les règles durant la randonnée 🥴 ce n'est pas très confortable car j'avais peur de tacher le duvet par exemple mais elles n'ont duré que 2 jours donc ça a été^^.
- les lingettes : j'ai bivouaqué 4 fois et elles m'ont bien servi pour me "laver" au minimum. Bien sûr, il y a toujours plus écolo mais elles m'ont bien dépanné ; y compris à l'occasion de mes règles pour me nettoyer et me rafraichir.
- une petite fiole de solution hydro alcoolique : pratique pour se "laver" les mains à la sortie des toilettes par exemple.
- le dentifrice en pastille : c'est la première fois que j'utilisais ce système. J'aurais pu tout aussi bien prendre un tube de dentifrice classique. Il faut bien se rincer la bouche car j'ai trouvé qu'il pouvait rester des petits bouts de pastille entre les dents.
- la brosse à dents.
- la petite brosse à cheveux : même si la coiffure n'était pas au top niveau entre le vent, la transpiration, le port du bob, etc.
- les carrés de coton : indispensables pour moi pour passer mon eau micellaire ou pour se désinfecter une ampoule avec l'antiseptique par exemple.
- le petit flacon d'eau micellaire pour nettoyer la peau de mon visage en profondeur et me rafraichir réellement.
- la solution antiseptique : pour passer sur une ampoule et une dermabrasion.
- les pansements et comfeel : je m'en suis servie par 2 fois car j'ai eu 2 ampoules mais franchement, rien de méchant. Pourtant, je n'avais pas particulièrement préparé mes pieds. Je n'avais pas pris d'aiguille. Je suis tout de même parvenu à les percer.
- le paracetamol : par chance, je n'ai pas eu à m'en servir même si j'ai souffert de quelques courbatures et douleurs aux pieds ou aux genoux.
- la pince tire tique : je n'ai pas eu à m'en servir par chance mais je pense que cet objet est bien utile d'autant que l'on est immergé dans la nature et qu'il y a des tiques toute l'année.
- la pince à épiler.
- les cotons tiges : je sais qu'il ne faut pas se nettoyer les oreilles avec ça mais moi, je ne peux pas m'en passer^^c'est vraiment l'objet que j'emporterai en premier sur une île déserte 😂.
- le coupe ongle : 2ème objet que je prendrais sur une île déserte car j'aime avoir les ongles courts et pas sales.
- le déodorant : dans tous les cas, j'ai transpiré (et heureusement je pense) notamment au niveau de la brassière et du dos mais ça permet de limiter les odeurs.
- le petit pain de savon : très utile pour prendre la douche, se laver les mains, faire une lessive.
- la crème hydratante : je n'avais pas pris de crème apaisante contre les piqures d'insectes car je trouve que ce n'est pas d'une forte efficacité. Mais j'avais opté pour une crème classique et je m'en passais aux endroits qui me démangeaient. Il y a beaucoup d'insectes sur le chemin notamment des moustiques. J'ai été pas mal piquée 🦟.
- la crème solaire : je n'en mets pourtant jamais mais elle a été indispensable d'autant que nous étions en période de canicule ! pour mon bout du nez, ma nuque et les avant-bras.
- le bob (récupéré sur le tour de France 😋) : je n'en porte pourtant jamais mais il a été indispensable ! pour éviter l'insolation et les coups de soleil sur les oreilles ; pour se protéger des poussières, du pollen et des insectes.
- le pantalon de pluie = imperméable : par chance, pour moi, je n'ai pas eu à l'utiliser car il n'a pas plu en journée. Je pense que s'il avait plu, j'aurais été bien contente de l'avoir.
- le parapluie : je ne m'en suis pas servie. Je suppose que j'en aurais été contente s'il avait fait une grosse averse et pas de vent.
- le poncho : je ne m'en suis pas servie mais je pense que j'aurais été contente de l'avoir s'il avait plu.
- la veste : je ne m'en suis pas servie. J'ai eu l'occasion de la redonner à ma famille en cours de randonnée.
- la popote : je m'en suis servie malgré les fortes chaleurs. Il est vrai que j'aurais aussi bien pu manger froid. J'ai beaucoup apprécié boire des soupes déshydratées bien chaudes car elles m'ont hydraté tout en me désaltérant. J'ai aimé préparer mes petits plats de riz ou de semoule. J'avais un peu l'impression de jouer à la dinette😄et ça contribuait à mon envie d'aventure^^.
- la petite cartouche de gaz : je ne suis pas du tout à l'aise avec ce genre d'objet ; j'ai peur que ça explose, que ça prenne feu, etc. J'ai donc été très précautionneuse mais ça s'est bien passé 😮💨.
- le réchaud Optimus crux lite : léger et robuste.
- le briquet (2) : indispensable pour allumer le réchaud.
- le couteau Opinel pliable : utile pour peler sa pomme, couper un pansement, etc.
- la gourde Befree 500 ml : que j'accrochais à la ceinture de mon sac à dos ; je l'avais ainsi à portée de main. Souvent, j'ai réservé l'eau qu'il y avait dedans pour vider dans ma popote pour cuisiner.
- la poche à eau waterbladder Decathlon 2 L : très pratique de pouvoir boire directement au tuyau qui sort du sac. Cette contenance est à la fois nécessaire et raisonnable. Pensez à la remplir et à la rentrer en premier dans votre sac à dos sinon, vous aurez du mal à l'insérer dans son espace de rangement s'il y a le matelas, et le duvet, et vos autres affaires, etc. Préparez vous à boire de l'eau chaude tôt ou tard car ni la Befree ni la poche à eau étaient isothermes.
- la ricorée soluble : je l'avais mis en vrac dans un sac de congélation... le sac s'est ouvert une fois et de la ricorée est tombée dans le sac à dos, s'est insérée dans les orifices des batteries externes... La prochaine fois, j'en reprendrai mais en unidose ou dans un contenant bien fermé.
- les soupes déshydratées.
- la semoule et le riz.
- les pommes.
- le chocolat : avant de partir, j'avais vraiment envie de petits écoliers 😋 or, il a fait très chaud ; le chocolat a fondu et s'est répandu un peu dans mon sac à dos et sur quelques vêtements. Un soir, j'ai du faire du nettoyage. Soyez donc raisonnables et passez votre envie de chocolat soit de manière instantannée soit une fois rentrés^^.
- les amandes et les noix : très utiles car ça rebooste réellement. Quelques éléments suffisent à donner du tonus.
- le batteries externes (2) : elles m'ont permis de tenir les 11 jours sans recharger mon portable que j'avais laissé en mode avion le maximum du temps pour économiser la batterie. En revanche, je les avais mis en vrac dans le sac à dos or, j'aurais du davantage les protéger car si quelque chose se renverse (la ricorée) et bien, ça risque de les rendre HS.
- le chargeur de téléphone.
- la lampe frontale avec des piles de rechange : je ne m'en suis pas servie car je n'ai jamais eu à monter ma tente la nuit ou à la déplacer. Je pense que c'est malgré tout un objet indispensable. Bien sur, il y a la lampe du téléphone, je m'en suis d'ailleurs servie mais si on a les 2 mains prises, la frontale doit être utile.
- la crédential : je l'ai faite tamponner quand j'étais dans les campings. Les jours où j'ai bivouaqué, je ne l'ai pas faite tamponner alors que j'aurais pu le faire dans certains commerces par exemple. J'avoue que je n'ai pas bien compris l'utilité réelle de la crédential ; pour moi, elle sera comme un souvenir mais elle n'a pas eu une utilité particulière. Il y a un gérant de camping qui au dessus du tampon a rajouté un mot sympa. Cette petite attention m'a fait très plaisir.
- les livres : j'avais pris l'usage du monde de Nicolas Bouvier et 2 livres de Ella Maillart (la voie cruelle et oasis interdites). J'avais choisi des auteurs aventuriers pour m'accompagner dans mon aventure et me donner du courage mais en réalité, j'ai très peu lu. Une fois la tente installée, je me reposais, je somnolais, je contemplais^^je regardais aussi le topoguide : l'étape que je venais de faire et m'imprégnais de celle du lendemain.
Je m'étais arrêtée à une boîte à livres et avais récupéré 2 livres d'Henry Troyat pour compléter une collection. J'ai eu l'occasion de boire un verre avec mes parents et je leurs ai fait reprendre certains livres : je n'ai gardé que celui de Nicolas Bouvier.
- la petite lampe de poche qui se fixe sur le livre : je ne m'en suis servie qu'une fois étant donné que j'ai peu lu.
- le topoguide de la FFR Le Puy en Velay-Figeac/Compostelle : j'ai pris plaisir à le regarder et à lire les indications culturelles. Le sentier est très bien balisé. Je n'est que très peu sortie le topoguide en marchant. Une seule fois, j'ai eu un doute car la croix blanche et rouge était un peu effacée. Je ne me suis trompée qu'une fois et par ma faute uniquement : je revassais et n'ai pas vu la croix et le chemin sur la droite. J'ai fait un tour supplémentaire d'une vingtaine de minutes et j'ai réussi à retrouver le chemin grâce à google maps. Des locaux m'ont donné des renseignements de façon spontannée sur le chemin. Par exemple, il y a un endroit où l'on peut monter dans les bois jusqu'à un point de vue ; du fait de la canicule, 2 personnes m'ont conseillé de rester sur la route le long du Lot qui était ombragée. J'ai suivi leur conseil qui m'a semblé sage.
- le porte monnaie : avec ma CB, ma carte vitale, ma carte de mutuelle et ma CNI. J'avais pris un peu de liquide car il y a quelques points de vente de nourriture ou de boisson et même certains lieux d'hébergement où ils n'acceptent que les espèces. Comme on traverse des villages et des villes sur cette portion, il y a quelques DAB mais il est plus sage de prévoir un peu de monnaie.
- les sacs poubelles : indispensables.
Quelques petites choses m'ont peut être manqué comme une petite corde pour faire office de fil à linge. Il y a peu d'étendage en camping. Je me suis toujours débrouillée pour faire sécher mon linge après une petite lessive en le disposant sur une haie, une table en bois, la tente, une barrière. Un petit marteau m'aurait également été utile pour planter les sardines. Je les enfoncais avec mon pied dans la chaussure de marche mais avec un marteau, les sardines auraient davantage étaient ancrées. Mais bon, quand le sol est rocailleux ou très sec, marteau ou pas, l'ancrage des sardines n'est pas parfait.
J'avais réservé les services de la malle postale pour aller de Aumont Aubrac au Puy à l'aller et de Figeac à Aumont au retour. J'ai été contente de leur service. Je n'avais réservé le retour que 2 jours avant.
J'ai couché dans 2 gîtes : à l'accueil Saint François au Puy et au carmel à Figeac. J'ai été satisfaite de leur accueil et de leurs services. J'avais bénéficié du souper, de la nuitée et du petit déjeuner. Je n'avais réservé au carmel que le matin de mon arrivée.
J'ai fait 4 bivouacs. Je ne dirai pas qu'il est facile de trouver des lieux de bivouac sur le chemin car il y a des pierres, la végétation peut être dense, les prés sont souvent cloturés, etc. mais j'ai toujours trouvé en n'ayant pas des critères d'exigence élévés^^. En préambule, je disais que prendre la douche m'importait peu or, c'est ce qui m'a le plus manqué en bivouac^^car il faisait chaud, je souffais de quelques démangeaisons liées aux piqûres d'insectes.
Le reste du temps, j'ai planté la tente en camping. C'était la première fois que j'allais en camping et que je plantais la tente. J'ai bien aimé l'expérience.
Je n'ai jamais réservé à l'avance dans les campings et j'ai trouvé que ma manière de faire (pas de réservation et prendre la tente) offrait une flexibilité et une liberté très appréciables. Je referai comme ça si je repars en grande randonnée car c'est vraiment confortable. Apparemment, la période qui est celle de fin juin serait une période creuse au niveau de la fréquentation du chemin. Je précise que je ne suis pas forcément attirée par l'accueil en gîte car je ne suis pas forcément à l'aise en présence d'inconnus. Je ne suis pas sauvage mais je ne suis pas non plus à la recherche de relations humaines à tous prix. Pourtant, les 2 fois où je suis allée en gîte, c'était super : les connaissances faites, les échanges et la bienveillance.
Concernant le profil des étapes, certains passages peuvent être plus difficiles que d'autres. Certaines montées et descentes peuvent être raides d'autant qu'il y a beaucoup de cailloux, ça peut glisser, ça peut rouler mais TOUT SE FAIT A SON RYTHME. C'est pour cela que je pense que faire le chemin seule peut permettre d'être davantage à son écoute alors que dans un groupe, on peut avoir peur de ralentir les autres ; on peut avoir tendance à rattraper un tel, etc. Il peut être intéressant d'être en groupe pour le partage et l'échange mais il faut être alors en confiance avec les membres qui le composent et il faut qu'il règne de l'empathie, de la tolérance et de la bienveillance.
J'ai trouvé appréciable et indispensable d'écouter mon corps. Je respectais donc mon rythme de marche et je mangeais quand j'avais faim sans respecter les conventions habituelles. Comparé à la maison, j'ai moins mangé, j'ai beaucoup plus bu. Le matin, je me levais à 6 heures ; le temps de tout ranger et de faire un brin de toilette, je partais à 7 heures sans déjeuner ; Je ne mangeais qu'en milieu de matinée puis en milieu d'après midi et le soir souvent de façon assez frugale. Je me suis tout de même payée 3 restaurants. J'ai trouvé confortable également d'être coupé de l'actualité et centré sur le moment présent. Se couper du quotidien a vraiment été une bouffée d'oxygène comme à chaque fois que je pars en vacances^^.
Personnellement, j'ai été très lente mais très endurante et au final, à la fin de la journée, je retrouvais mes acolytes de marche qui étaient plus sportifs et avalaient les kilomètres.
Je suis croyante mais pas pratiquante régulière. Toutefois, assister à la messe au Puy avant de partir marcher est quand même quelque chose : j'ai beaucoup aimé le prêche du prêtre et certains passages des textes lus. J'ai été très émotionnée par ce qu'il se passe à la fin de la messe et notre sortie (vous verrez^^). Comme m'a dit un randonneur/pélerin, c'est comme un accouchement ; comme si la cathédrale nous enfantait.
Sur le chemin, il y a une relation particulière entre les randonneurs/pélerins. Il y a toujours un regard, un hochement de tête, un sourire, un signe de la main, une parole voire carrément une discussion. On rencontre tout profil de personne ; des français et des étrangers. Si vous parlez un peu anglais, ce sera un plus pour communiquer. On sent qu'il y a une solidarité, que nous faisons partie d'un même groupe ce qui est vraiment porteur, encourageant et apaisant.
J'ai trouvé sur le parcours beaucoup de personnes qui marchaient seules et beaucoup de femmes. Un randonneur m'a dit qu'il y avait 70 % de femmes et 30 % d'hommes. Je ne me suis jamais sentie en insécurité. Je n'ai jamais eu peur même en bivouac. On est seul mais tout en étant dans un environnement sécurisant et doux. La nature peut se montrer un peu hostile comme quand il tonne, quand il fait du vent mais finalement, si on arrive à être ami avec elle, à avoir confiance en elle, on s'y sent bien et elle peut être protectrice plutôt que faire peur.
Concernant les animaux, j'ai vu une biche, un faon, une grenouille et 2 écureuils. Ainsi que beaucoup de papillons, oiseaux, insectes et libellules. Dans la vallée du Lot, j'ai vraiment été dérangée par le bruit que faisait les cigales^^ J'ai trouvé qu'elles étaient vraiment assourdissantes^^. J'ai aussi été surprise car je ne pensais pas qu'il y en avait dans cette région et me les imaginais surtout sur la côte d'azur.
On peut sentir dans les yeux de certains locaux une forme d'admiration : il est arrivé que des personnes me félicitent, me montre leur pouce en l'air ; d'autres, se sont arrêtés pour discuter et proposer leur aide.
Sur cette portion du chemin, il y a pas mal de points d'eau mais n'attendez jamais le dernier moment pour remplir votre gourde ; ne vous dîtes pas il y a une fontaine mais je remplirai ma gourde au prochain robinet parce que il est important de ne pas manquer d'eau surtout en période de canicule comme je l'ai vécu. Il est terrible d'avoir soif et de ne pas avoir d'eau.
Il y a également beaucoup de points de vente pour acheter à boire et à manger. La cuisine des restaurateurs ouvre régulièrement sur une large amplitude horaire. Il m'est arrivée de manger à 15 H par exemple.
Je remercie ici toutes les collectivités, la FFR, les locaux et les artisans commerçants qui oeuvrent à nous faciliter la vie sur le chemin. Il y a des toilettes, des points d'eau, des bancs, etc. partout sur le chemin. C'est très appréciable.
Je remercie aussi la nature qui nous offre un tronc d'arbre, une pierre pour s'asseoir et toute cette beauté. Faites attention s'il fait chaud et que vous voulez vous asseoir sur une souche : la sève fond et c'est mortel pour les habits. Il vaut mieux s'asseoir sur une pierre^^. Je n'ai vu qu'un seul serpent malgré la chaleur qui était en contre bas du chemin dans une rivière.
Voilà, j'espère que mon retour d'expérience vous éclairera sur votre propre projet et vous aidera à vous lancer. J'aimerais bien repartir en randonnée en itinérance sur le GR 34 pour découvrir le finistère et faire le chemin de Stevenson.
Belles découvertes à vous !