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Sachant que la SLA n’a, à ce jour, aucun traitement permettant d’en guérir et que cette maladie entraîne progressivement une détérioration de l’état de santé jusqu’à la mort, je me pose une question profondément douloureuse : lorsqu’une personne atteinte d’une maladie aussi cruelle demande le droit de mourir pour mettre fin à des souffrances devenues insupportables, est-ce réellement considéré comme un suicide ?
Contrairement à certaines maladies comme le cancer ou le diabète, pour lesquelles il existe des traitements, des possibilités de rémission ou au moins des moyens de lutter contre la maladie, la SLA peut donner le sentiment que le corps se dégrade inexorablement, sans possibilité de guérison. La personne voit peu à peu ses capacités disparaître et peut avoir peur de ce que seront les derniers moments de sa vie.
En tant que croyant, cette question est encore plus difficile. La vie est sacrée et nous croyons qu’elle est un don de Dieu. Mais Dieu est aussi miséricordieux et connaît la souffrance, la peur et les limites de chacun. Alors, lorsqu’une personne demande à pouvoir mourir parce qu’elle ne supporte plus les conséquences d’une maladie incurable et qu’elle souhaite simplement éviter une fin de vie vécue dans une souffrance extrême, peut-on vraiment mettre cela sur le même plan qu’un suicide ?
Je ne cherche pas à banaliser le suicide ni à dire que mourir est une solution à la souffrance. Je me demande simplement s’il faut faire une distinction entre vouloir mourir par désespoir et demander, face à une maladie incurable et cruelle, à pouvoir partir avec dignité, sans subir des souffrances que l’on sait inévitables.
Cette réflexion est difficile, surtout lorsque l’on est croyant. Elle oppose la volonté de préserver la vie à la compassion envers une personne qui souffre profondément. Peut-être que la véritable question n’est pas seulement de savoir si demander le droit de mourir est un suicide, mais aussi de savoir comment accompagner une personne malade avec amour, dignité, compassion et respect de sa foi jusqu’à la fin de sa vie.