Dois-je payer 70 € de plus juste parce que mon manager met des semaines à valider 3 jours de congé ?
Je suis chargée de communication en CDI dans un grand groupe de mutuelle. Ma famille vit à l’étranger, donc pour certains événements familiaux je dois réserver mes billets longtemps à l’avance, sinon les prix peuvent très vite doubler ou tripler.
Là, je voudrais simplement poser le jeudi, le vendredi et le lundi en novembre pour aller à l’anniversaire de ma nièce qui fête ses 5 ans. Elle aimerait vraiment que je sois là, et je n’ai pas envie de rater ce genre de moment pour une contrainte professionnelle qui, en plus, n’en est pas vraiment une.
J’ai trouvé un aller-retour à un prix que je n’avais encore jamais vu. Même si je décale mon départ de 48 heures pour arriver seulement le jour de l’anniversaire, le billet devient déjà beaucoup plus cher. Et prendre une option flexible me coûterait 70 € supplémentaires. Franchement, pour trois petits jours de congé, je n’ai pas envie de payer 70 € de plus uniquement parce que mon manager peut mettre des semaines à se décider.
J’ai regardé l’agenda : il y a bien un atelier de coworking à cette période, qui fait partie de mes missions au sens où je participe à son organisation, mais je ne l’anime pas du tout. On paye un prestataire pour l’animer et, concrètement, pendant l’atelier, je ne serai même pas présente dans la pièce. Donc ma présence ce jour-là n’apporte strictement rien.
Et pourtant, je le connais : il va voir quelque chose dans l’agenda et commencer à hésiter en mode « oui mais il faudrait peut-être que tu sois là ». C’est exactement ce qui me fatigue.
Ça m’est déjà arrivé à un autre moment de l’année. Je voulais partir pour un petit week-end prolongé à l’étranger. J’avais prévenu plusieurs mois à l’avance et j’avais choisi mes dates en fonction de deux contraintes très concrètes : le prix des billets d’avion et les vacances scolaires en Norvège, parce que c’est justement à ce moment-là que ma famille est disponible.
Malgré ça, ça avait déjà été compliqué et j’avais accepté de décaler une première fois au week-end suivant. Puis il avait encore voulu que je redécale, alors qu’il n’y avait aucune contrainte professionnelle particulière : c’était surtout son anxiété à l’idée que je ne sois pas là. Là, j’avais fini par dire non. À un moment, je peux m’adapter, mais je ne peux pas décaler indéfiniment alors que j’anticipe trois, quatre ou même six mois à l’avance.
Et quand j’expliquais que je m’adaptais aussi aux vacances scolaires norvégiennes, la réaction était presque : « mais tu peux les voir un autre week-end ». Ben non, pas forcément. Si je veux passer du temps avec ma famille, je dois aussi tenir compte de leur calendrier, pas uniquement du mien. Je ne vais pas traverser l’Europe un week-end où les enfants sont à l’école et où personne n’est vraiment disponible.
Pour cet été, même histoire : j’avais posé mes congés de juillet dès janvier et je n’ai eu une confirmation claire qu’en juin. Entre-temps, il avait essayé de me faire partir en août parce que « tout le monde partait en août », voire de découper mes congés. À un moment je lui avais dit clairement que l’équilibre vie pro / vie perso n’était pas respecté pour moi.
Et la preuve que ce système ne fonctionne pas : je suis déjà partie en vacances cet été et pourtant il me reste encore plus de 20 jours de congés à prendre avant la fin de l’année.
C’est ça qui me fatigue le plus : que je prévienne trois mois, quatre mois ou six mois à l’avance, c’est toujours compliqué. Il y a toujours une hésitation, un « oui mais », une potentielle réunion ou simplement son stress à l’idée que je ne sois pas là.
Du coup, là, je me dis que j’ai appris la leçon. J’ai une opportunité en or sur les billets, je veux simplement poser trois jours, et je n’ai plus envie de payer plus cher ou de bouleverser systématiquement mes projets personnels pour rassurer mon manager.
J’ai donc très envie de prendre mes billets maintenant, de poser mes congés, puis à son retour de lui dire simplement : « Je serai absente à ces dates. » Pas pour le provoquer, mais parce qu’à un moment ma vie personnelle ne peut pas être suspendue en permanence à ses hésitations.
Vous feriez quoi à ma place ?