How do I learn swedish ?

Hello Sweddit !

I'm unfortunately, for now, not fluent in your language and I'd like to change that. I'm french but english is not an issue so... How should I proceed ?

I stumbled on Duolingo but it's heavy on the AI and I'd prefer to avoid that, are there local solutions I'm not aware of for a complete beginner ?

Thanks !

reddit.com
u/ordinary-thelemist — 5 days ago

Le meilleur des (deux) mondes - 5mn de réflexions anthropologiques entre deux engueulades -

Salut le sub !

Je viens de commettre ce texte qui va sortir dans quelques jours et comme certaines des réflexions qui y sont viennent d'ici, il était juste naturel que je vous le passe en exclu. Nulle pub ici, j'ai viré toutes les mentions d'où il sera publié parce que c'est pas le sujet. J'espère que ça vous plaira !

(sauf à toi là au fond, tu vas détester et tant pis !)

— l'impasse de l'humanité entre un passé fantasmé et un futur funeste

Alors que passe la cinquième canicule d'un été qui a déjà explosé tous les records et que se profile doucement le retour de la rentrée et du brouhaha constant, permettez-moi de clore cette séquence estivale avec une perspective plus anthropologique que d'habitude sur le moment que nous vivons.

Dis-moi qui est ton épouvantail, je te dirais qui tu es !

Lorsque l'on traverse une période troublée et qu'aucune solution ne fait d'emblée consensus, il est assez commun de chercher un coupable tout comme il est assez commun pour celles et ceux qui ont le coupable livré avec la réflexion de le réappliquer en suivant la logique éternelle de :

"Pour qui n'a qu'un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous"

Au banc des accusés, nous avons donc tout un tas de usual suspects dont aucun ne semble pourtant cocher toutes les cases. Des suspects comme

  • Le capitalisme : grand classique qui a donné à certains courants écologistes des phrases comme "l'écologie sans la lutte des classes, c'est du jardinage" en oubliant un peu vite que les doctrines Marxistes ont absolument toutes donné lieu à des mises en production industrialisées des terres qu'elles avaient conquis, créant en bout de course les même problèmes et les même dégâts que les grands méchants capitalistes...
  • La société de consommation : version un peu plus moderne et moins sophistiquée du premier, qui déploie des trésors d'agilité intellectuelle pour d'un côté dénoncer les ravages du consumérisme sur l'environnement mais de l'autre s'opposer à l'encadrement des pires abus de ce consumérisme Fin du monde, fin du mois... même combat ?
  • Le (néo) colonialisme : qui pointe très justement que lorsqu'un groupe humain en domine un autre sur un territoire donné, il se comporte régulièrement comme l'invasion ordinaire de sauterelles qui ne laisse rien derrière elle.
  • Et bien évidemment, selon le processus rhétorique minable de "blâmons le messager", les forces écologistes qui ont crié au loup pendant des années contre les dégâts faits sur un environnement qui le supporte de moins en moins deviendrait magiquement les responsables des désastres contre lesquels ils ont alerté... Vous me pardonnerez de ne pas aller plus loin dans "l'analyse" de ce discours, je me suis fixé comme règle de ne pas être vulgaire sur ce blog et là la limite est proche.

Nous avons tous besoin de schémas mentaux, de biais pour nous faire gagner du temps dans un monde qui nous bombarde de plus en plus d'informations pas toujours objectives ou fiables.

Mon propos ici n'est pas de critiquer un camp ou l'autre. Les biais sont des raccourcis nécessaires à notre fonctionnement et absolument tout le monde les utilise. Comme beaucoup de choses "quantity makes poison" mais ce n'est pas le sujet.

Si le coupable n'est pas une idée, pourrait-il être un (ou des) peuple(s) ?

Le sujet est de se demander qui est donc notre coupable puisqu'aucun des suspects classiques ne semble convenir. On pourrait être tenté de se dire que c'est la nature humaine comme l'a postulé Sébastien Bohler dans "Le bug humain" mais ce serait insatisfaisant. Déjà parce que ça omet les peuples qui ne réagissent pas comme ça, ensuite parce que ça ferme la porte à toute possibilité d'évoluer.

Évacuons tout de suite une idée nauséabonde : la destruction de l'environnement à notre profit de court terme n'a ni couleur de peau, ni religion, ni culture... Il existe des exemples de peuples détruisant tout sur leur passage comme de peuples prenant soin de l'endroit qu'ils occupent dans toutes les variantes de l'arc en ciel, avec tous les livres de chevets possibles et imaginables. Les personnes qui suggèrent que tel taux de mélanine, ou telle idéologie ou telle religion sont responsables ne sont pas seulement des ignares. Ce sont des ignares dangereux. (Pas de vulgarité on a dit !)

Évacuons aussi toute tentation de revenir à un état de nature fantasmé par les philosophes libéraux qui peut sembler séduisant dans le monde merveilleux de la théorie, mais n'est pas très actionnable si l'on veut en tirer des conclusions. Désolé si vous aviez des tentations de conversion au mode de vie Amish, ce n'est pas ici que vous trouverez des justifications.

Pour autant, un faisceau d'indices commence à apparaître : si les comportements qui ont mené à un environnement dégradé ont toujours eu lieu, quelque soit la culture, l'époque, les paradigmes politiques ou religieux... Et que les seules exceptions sont culturelles, c'est peut-être que c'est à ce niveau là que ça se joue.

Alors remontons au tout début de la culture de notre espèce. Parce que c'est à ce moment-là que certains événements ont eu lieu qui n'ont jamais été questionnés depuis.

Le fait divers le plus célèbre de l'histoire

Nous sommes quelque part à la fin du Néolithique. Un groupe de bergers nomades passe à proximité d'une de ces nouveautés modernes que sont les premières communautés agricoles.

Un mouton, probablement, se prend dans un piquet en voulant accéder à son déjeuner. Il embarque le piquet avec lui et la moitié de la maigre récolte que celui-ci protégeait. Le paysan, furieux et c'est bien normal, s'énerve contre l'animal et son berger et finit par tuer ce dernier.

Et on peut présumer que le guérisseur local, gonflé d'avoir à soigner des blessures qui auraient pu être évitées avec une discussion courtoise et un méchoui, en fait une histoire à diffuser pour que cela ne se reproduise pas.

Caïn et Abel. Le nomade contre le paysan. L'éloge de la liberté contre l'éloge du travail. L'incertitude prédatrice contre l'accumulation patiente... Tout y est. 

Une dizaine de millénaires plus tard, nous nous voyons présentés la facture de cette trajectoire sans que l'on comprenne bien d'où elle vienne, puisque la grande lessiveuse culturelle a fait son travail et que l'on a oublié ces vieux machins, occupés que nous sommes à regarder les specs du dernier gadget ou notre prochaine destination de vacances.

Note : si cette histoire vous intéresse, elle est infiniment mieux racontée par Clair Michalon dans "De la diversité culturelle à l'état de droit" qui s'écoute très bien en voiture, dans le métro ou ailleurs. Vraiment, foncez sans hésitations !

Donc si deux idiots se sont entretués il y a 10000 ans, on détruit le monde ?

Quasiment !

Puisque ces deux idiots représentent symboliquement deux moments de l'histoire de l'humanité. Deux façons de s'adapter à des contraintes changeantes et qui pour un temps ont coexisté.

Présentons nos deux camps comme si nous étions à Hollywood.

D'un côté, nous avons les gentils nomades. Chasseurs cueilleurs, puis bergers. Ils ont un mode de vie en accord avec leur milieu naturel (forcément, ce sont les gentils !), ils passent d'un point de collecte ou de pâturage au prochain, en suivant une route à peu près calée tous les ans. Lorsqu'une nouvelle famille se crée elle prend des chemins sensiblement différents parce que c'est la liberté qui est importante et tout le monde vit heureux et a beaucoup d'enfants.

Maintenant on retire les lunettes roses : nous parlons de groupes humains qui épuisent les capacités d'un milieu naturel avant de passer au suivant et opèrent un contrôle strict sur leur démographie puisqu'ils ont bien conscience des limites de l'environnement dans lequel ils évoluent.

De l'autre côté, nous avons les méchants paysans. Qui triment dur, suent et transpirent pour une ration de nourriture inférieure à celle des nomades qui ont plus de viande et plus de variété de nourriture. Mais qui d'un autre côté sont moins soumis aux aléas du monde qui les entourent, puisque nourrissant et s'occupant de la terre qu'ils occupent, ils se rajoutent assez de sécurité alimentaire pour nourrir beaucoup plus de personnes par unité de surface. 

Finalement, ils l'emportent (désolé si je vous spoile !) dans la quasi-totalité de leurs frictions avec les nomades. Nous laissant simplement des récits où les vaincus sont décrits comme des monstres horribles. 

La (pré)histoire aussi était écrite par les vainqueurs semble-t-il.

L'humanité, à ce moment-là et poussée par un changement climatique rapide (déjà, décidément !) a fait le choix radical de renoncer à un peu de liberté (de mouvement) pour un peu de sécurité (alimentaire). Quelques millénaires plus tard, Benjamin Franklin avait une opinion très tranchée sur ce type de choix.

L’ennui, c’est qu’en tant qu’espèce, nous n’avons jamais fait la paix avec ce choix.
Et ça, c'est à mon avis le nœud du problème que nous vivons aujourd'hui.

Traumas d'enfance, version espèce humaine

Reprenons. Les nomades sont des "groupes humains qui épuisent les capacités d'un milieu naturel avant de passer au suivant"

Ça ne vous rappelle rien ? Les méchants capitalistes ? Les méchants colonisateurs ? Les productivistes aveugles ? Tous sont des groupes humains qui se comportent avec la conscience environnementale d'une nuée de sauterelles. Et qu'ils le fassent pour la gloire de la révolution ouvrière ou la gloire du progrès financier ne change pas grand chose.

Dans les deux cas, les conséquences pour l'environnement sont les mêmes : à être traité comme quantité négligeable, il finit par ne plus subvenir à nos besoins voire devient carrément hostile.

Et tout ça, parce que nous n'avons fait que la moitié du chemin il y a 10000 ans : nous sommes devenus sédentaires, en conservant des réflexes de nomades. Pendant un temps, ça a tenu. Sauf qu'en dix millénaires, deux ou trois détails ont tout changé.

Si l'on observe le cerveau de nos lointains ancêtres qui courraient avec un succès relatif derrière des mammouths et le nôtre on constatera avec plus ou moins de surprise qu'il n’est pas très différent du nôtre, n’en déplaise à tous les apprentis Ubermenschs. Au niveau évolutif, l'espèce humaine est très jeune sur la planète. On a coutume de le résumer en une formule : si la terre avait 24 heures, l'humanité ne serait là que depuis quelques minutes. Pourtant, on en a fait des choses !

Comme le résume le biologiste Edward O. Wilson

« Le véritable problème de l'humanité est le suivant : nous avons des émotions paléolithiques, des institutions médiévales et des technologies dignes des dieux. »

La seule différence entre les nomades qui épuisent un lieu avant de passer au suivant et nous ce sont...

Les moyens de nos ambitions.

L'avantage de cette prise de conscience, c'est qu'elle rend le problème très simple à résoudre : si nous voulons corriger la trajectoire funeste sur laquelle nous sommes, nous devons prendre conscience du fait que nous ne pouvons plus avoir "le meilleur des deux mondes".

Le besoin de pillage (que l'on nomme "liberté" avec beaucoup de mansuétude) du nomade et le besoin de sécurité du sédentaire ne sont pas compatibles à grande échelle. Ni à un niveau individuel où il crée des dissonances mentales, des psychoses et des envies pressantes d’avoir des toilettes en or... Ni à un niveau collectif où ils engendrent des comportements prédateurs qui finissent par embraser le monde. Que ce soit à coup de carbone ou de missiles.

L'avantage que nous avons sur nos glorieux ancêtres cependant est la connaissance. Nous savons les conséquences de nos actions, nous savons ce que nous risquons, nous savons vers quoi nous allons.

Si nous parvenions à utiliser cette connaissance pour ne pas passer de "nous savons" à "nous savions", nos successeurs nous remercieraient. 

Déjà d'exister, au train où vont les choses...

Nous avons été des nomades, nous avons été des paysans, maintenant quoi ?

Je n'ai jamais écrit pour être prescriptif. J'essaie de décrire des phénomènes et proposer des explications de schémas systémiques que le quotidien rendent souvent incompréhensibles.

Aussi, pour conserver la casquette de l'observateur et pas celle de l'haruspice lisant dans les entrailles des sondages d'opinion, je ne peux vous proposer que des pistes qui essaient d'être cohérentes.

  • Peut-être la piste du paysan qui aurait gardé la mémoire du nomade : celui qui sait qu'il ne repartira pas et a fait la paix avec ça, mais qui n'oublie pas que tout est mobile, que les sols vivent, que les saisons changent, et que la sécurité n'est jamais acquise. Ce nouveau jardinier qui penserait son entreprise comme un espace à faire vivre et à rendre robuste contre les chocs qu'il ne peut pas maîtriser.
  • Ou peut-être la piste du nomade qui aurait appris à planter : celui qui migre en laissant des traces fertiles derrière lui, comme les peuples itinérants qui ensemençaient en passant ou ces consultants qui passent d'un projet à l'autre en n'oubliant jamais de cultiver les relations pour y revenir plus tard. Personne n'a dit que les nomades ne pouvaient pas être digitaux !
  • Ou peut-être quelque chose de radicalement différent et qui ne serait pas une synthèse du chemin parcouru jusqu'ici (mais vu l'histoire de notre espèce, ce serait une première !)

Ce que je peux faire en revanche, c'est tenter de vous proposer le schéma de ce à quoi cette nouvelle direction pourrait ressembler. Une façon, avant de trouver des règles forcément artificielles, de définir le terrain de jeu :

  • Lâcher prise : prévoir ce que l'on peut, se sécuriser sur le reste. Faire des réserves et des plans de secours au cas où on n'a pas fixé la limite entre ce que l’on maîtrise et le reste au bon endroit.
  • Équilibrer : considérer au même niveau d'importance les personnes, l'espace et les ressources qu'elles utilisent, le capital qu'elles génèrent. Il parait même qu'il existerait des outils pour ça !
  • Se limiter : fixer consciemment des limites pour ne pas aggraver notre sécurité future. C'est là que notre connaissance peut nous aider, ces limites, nous les connaissons.
  • Faire durer : ce dont on a besoin comme ce que l'on produit (comme quoi le bon sens paysan n'a pas que des mauvais côtés !)

Et au moins aussi important, pour ne pas répéter nos erreurs :

  • Faire une place aux nouveaux nomades, qui se sont remis à migrer portés par leurs estomacs, comme nos lointains ancêtres à tous.
  • Restaurer tout ce que l'on peut parce qu'on ne sait jamais quand on en aura besoin. Pas plus que de qui.
  • Accueillir la divergence, qu'elle soit d'opinion ou de conscience. Aucun humain n'est une île fortifiée et aucune organisation un bunker isolé en vase clos.
u/ordinary-thelemist — 7 days ago

La SNBC3 vient de sortir. C'est quoi ce machin et qu'est-ce que ça vaut ?

Hasard du calendrier ou petite filouterie tactique du ministère de l'écologie, la 3eme version de la Stratégie Nationale Bas Carbone est sortie hier, entre les 3ème et 4ème canicules de l'été. (communiqué de presse, doc de présentation)

Et je vais faire un truc inhabituel sur ce sub et inhabituel pour moi : je vais le défendre.

Ce plan est bon.

Il pointe les divers trucs dont on doit s'occuper, en mettant des chiffres et des volumes en face. Il ne cherche à épargner personne et ne fait pas de techno-solutionnisme délirant (la capture de carbone par exemple, n'est citée qu'en sortie de cheminée d'industries lourdes, le seul endroit où il ait été démontré que ça a un sens économique et environnemental).

Il ne ménage personne, ni l'économie ni le grand public et met juste des chiffres en face des consos des uns et des autres. On pourra trouver chiant qu'un camp soit pas plus épargné et un autre plus ciblé... Mais en partant juste des consos, on a au moins une base factuelle sur laquelle râler.

Mais pour le moment, ce plan n'est qu'un plan. On attend les décrets d'application qui expliqueront d'où sont sensés venir les 80 milliards supplémentaires par an d'ici 2030 (😅)

Mais ce plan est bon, et il faut le défendre. Voici comment :

Pourquoi ça sort maintenant ?

Les plus vieux se souviennent du "Notre maison brule bla bla" de Chirac ou du "We are the first generation to feel the effect of climate change and the last generation who can do something about it." d'Obama (Ou Villepin qui a essayé de sortir la même entourloupe dans sa déclaration de campagne). Les deux ont eu lieu au même moment politique pour chaque pays et au même moment politique que l'on vit maintenant :

Un camp se barre du pouvoir, et lâche une grappe de bombes pour les suivants en les mettant face à des chiffres indiscutables.

C'est cynique, c'est critiquable (ils ont branlé quoi jusqu'ici ?) et c'est bien évidemment tout à fait réfléchi pour être un emmerdement au camp qui gagnera l'an prochain en leur mettant dans les dents des chiffres factuels et un moyen difficile à assumer politiquement de sortir de la merde.

Et vous devriez quand même le défendre.

Quelque soit votre camp, quelles que soient vos idées, quelles que soient vos priorités... Vous devriez harceler votre camp pour qu'il prenne position par rapport à ce plan et nous explique comment ils vont le mettre en place.

Parce que quelque soit votre camp, quelles que soient vos idées, si on continue à saloper le seul monde qu'on ait à dispo on aura plus rien à débattre si on passe notre temps à éteindre un feu ou un autre et si on passe toute notre énergie à répondre à une crise puis une autre (quoique gérer des crises, c'est mon job IRL, donc faites rien ça me fera plus de taf 🤣)

On attend encore les décrets d'application. Pour le moment, le discours est cohérent et sourcé mais... ce n'est qu'un discours. Si vous voulez cogner le gouvernement (et je serais 100% avec vous), attendez les décrets d'application pour gueuler sur le manque d'ambition du réel par rapport aux discours.

Mais dans le même temps, parlez-en dans vos camps et poussez à ce que ces chiffres soient pris en compte.

Parce que pour avoir l'espace de débattre démocratiquement, il faut commencer par le faire sur des bases factuelles sourcées.

u/ordinary-thelemist — 1 month ago
▲ 51 r/opinionnonpopulaire+1 crossposts

La pensée écolo des pays riches n’est pas au niveau.

Salut r/ecologie, j’ai hésité à mettre ça dans r/besoinderaler ou r/opinionnonpopulaire mais autant laver notre linge sale en famille, ça me fera moins de downvotes ! (🤞)

Mesdames, messieurs, indéterminé.e.s et entre deux, chers copains écolos,

On est pas au niveau. 

En plein milieu de la troisième canicule de l’année, le point gotcha des discussions ici et ailleurs depuis une semaine c’est “t’as une clim = caca boudin” ou “t’as pas de clim = sale pauvre”

Déjà le point est idiot. Dépendant du coin où on est, de sa propre résistance, de ses activités, de son âge, de son état de santé… Le besoin n’est pas le même partout et tout le temps. Donc même si on voulait être sur un débat de moyens, ça serait au raz des pâquerettes.

Mais pire, rentrer dans le sujet des événements climatiques extrêmes par le plus microscopique bout de la lorgnette comme ça pose, à mon avis, au moins deux problèmes : 

D’une part, ça sature l’espace médiatique et par corollaire le temps de cerveau des gens au point qu’on aurait des fois envie de créer un #Brandolini parce que la flemme. Mais ça, c’est un problème de confort, c’est loin d’être le plus grave.

Le plus grave, c’est qu’en prenant cette phase d’inconfort passager comme métrique de notre conscience de ce que le monde est en train de vivre, on part forcément dans des directions qui ne nous mèneront nulle part et nous feront passer pour des jouisseurs privilégiés dans le reste du monde. 

Prenons deux exemples des discussions ici de ces dernières semaines 

Exemple n°1 : réduction de 30% de la production mondiale d’engrais cette année à cause de la guerre en Iran + super El Nino qui commence : l’an prochain -et le suivant- verront très probablement des émeutes de la faim un peu partout dans le monde. Pour rappel, la dernière fois qu’on a eu une conjonction un peu pareille mais beaucoup moins étendue et grave, ça a donné les printemps Arabes avec les conséquences terroristo-sécuritaires qu’on a connu depuis.

Certains me répondront probablement qu’ils sont pas maitres des politiques agricoles… Mais des politiques d’installation de clim non plus à ce compte là ! Et oui, c’est humain de prendre un problème par un bout que l’on peut maîtriser. Mais c’est avec ce type de comportement relativiste que l’on se retrouve en bout de course avec des vies ultra carbonées et l’intégralité des programmes politiques qui proposent de continuer dans cette voie...

Exemple n°2 : la bagnole électrique. Depuis le début de la guerre en Iran, le marché du transport individuel est en train de basculer violemment et rapidement vers l’électrique. C’est compréhensible et souhaitable… Mais ça soulève des questions qui sont le plus souvent révélatrices : est-ce que ça va me coûter autant de pas pourrir la planète que de continuer à pourrir la planète ? Est-ce que ce machin qui ne consomme pas de carburant va aussi vite et loin que d’autres machins utilisant un carburant qui se raréfie ? 

Comme si, pour qu’une solution soit considérée favorablement, il fallait qu’elle soit positive toutes choses égales par ailleurs et comme si arrêter de détruire le monde pouvait se faire de façon 100% indolore et sans aucun sacrifice.

Et ça, chers copain.e.s écolos, c’est pas au niveau.

C’est pas au niveau de ce qu’on sait de la science climatique & environnementale qui nous dit que même si on voulait on ne pourrait plus continuer à vivre comme avant. Pas avec les raréfactions de ressources ni avec les chocs de production qui se multiplient.

C’est pas au niveau de râler pour une clim quand le paysan du coin a perdu la moitié de ses revenus annuels en 10 jours. Ni quand le paysan dans un autre coin du monde aura perdu juste… la vie… à essayer de sauver sa récolte.

C’est pas au niveau quand dans d’autres coins du monde, ce sont des millions de personnes qui voient leur mode de vie détruit (quand c’est pas leur vie tout court) chaque année depuis 10 ans.

C’est pas au niveau quand on se vautre dans la pensée magique disant qu’avec “solution machin” ou “yaka élire truc” tout ira bien. Tandis que le reste du monde va, déjà aujourd’hui, objectivement plus mal que nous.

Je rêve d’un monde où on se regarderait le nombril AUSSI quand ça nous arrange pas. Un monde où toute discussion commençant par “yaka faire” déclencherait une paire de baffes automatique. Un monde où toute promesse industrielle, économique, politique, sociale serait chiffrée avec tous les impacts mis sur la table clairement. Un monde où on ne prendrait pas les gens pour des crétins incapables de comprendre qu’on aura pas le beurre et l’argent du beurre… Parce qu’on est en train de tuer la crémière.

Pour paraphraser quelqu’un qui aurait dû s’écouter quand il a sorti cette phrase :

“Faisons mieux”.

u/ordinary-thelemist — 1 month ago
▲ 39 r/litrpg

The Wandering Rant

Hello fellow stat nerds and bizarre world lovers, I'm here to rant and I'm sorry in advance.

I'll try to stay out of the purgatory of spoilers.

So... My dear PirateAba... WHAT THE ACTUAL F...?

I just finished your 18th book and I don't know what to think. On one hand, you're one of the most talented recent writers when it comes to human emotions and down to earth, comfy atmospheres but on the other hand the story goes nowhere ! 90% of a book is spent on everyday situations which while nicely written feel like unconnected episodes of an old sitcom. And suddenly the plot comes back, usually in a dramatic and violent way only to... disappear 2 chapters later for the next 500 pages.

It feels to me as if you're writing the daily journal of your characters and once in a while remember there's supposed to be a storyline around them.

And while we're on the topic of the characters. It's okay -in my book- to have flawed, stubborn, desperately normal characters, it's a breath of fresh air from all the ever conquering heroes lurking in all those other series. But... Isn't a character supposed to evolve somehow ? It's even worse than that, the antagonists evolve, grow, change... while>!Erin!<is still the same half nerdy half frightened half prude (yeah I know, that's a half too many) a million words in. I get the thrill to want to punch your main character, I do.

But man it never cost her anything to be the annoying point of immobilism in a violent, rapidly changing world. And I don't speak about >!sad scenes where she remembers for 2 pages and decide to exactly do... NOTHING for the situation not to repeat itself.!<

I swear I have never been so frustrated with a series. Because on one hand it's a great piece of craft, one with all your heart on it and it's felt. But on the other, I swear to god, where the hell does it go ?

Oh. Let me end with an absolute positive (of sorts). I'm 45 years old, hundreds of fantasy and dozens of LitRPG books in and I've never, ever, ever >!WANTED THE DEATH OF A FIRST CIRCLE CHARACTER SO MUCH. OMG Ryoka just off yourself and let us follow actually interesting people. 18 books in and you've gone from "toxic bitch" to "self aware toxic bitch" ? I would read political commentary if I wanted to follow such stories !!<

There.

Sorry for the rant.

Downvote me to oblivion if you must. I hear there's a >!not-so-dead God!< there.

reddit.com
u/ordinary-thelemist — 2 months ago

Il n'y aura jamais de transition écologique démocratique en France (ni dans aucun pays riche)

Contexte : après avoir vu passer ce papier du Monde dans plusieurs subs (TL;DR : la mobilisation climat recule avec l'aggravation de la situation internationale) et étant professionnellement investi dans la durabilité et la transition, je me permets de venir poser mon caca sur les raisons pour lesquelles l'idée d'une transition menée démocratiquement dans un pays riche est un fantasme qui ne se réalisera jamais.

  1. La démocratie est fondamentalement démagogue et croissantiste : pour être élu en démocratie, il faut convaincre (ou faire moins peur à) la majorité. Dans un système où aucun candidat n'est engagé sur la réalisation de ses promesses, on peut se permettre de viser la lune et d'accuser l'ennemi naturel de son camp quand la lune aura été loupée. C'est pas une histoire de riche et de pauvre, de gauche et de droite... C'est la caractéristique fondamentale du système déjà dénoncée par Tocqueville il y a 2 siècles. Et pour la partie "croissantiste" la seule façon que les gouvernants aient trouvé de faire reculer l'insatisfaction croissante, c'est... en augmentant la part du gateau. Ca s'est appelé "American Dream" ou encore "30 glorieuses" mais on a martelé aux populations des pays riches que quoiqu'il arrive elles auraient plus que leurs parents parce que bananes (ou exceptionnalisme, ce qui revient au même)
  2. La transition paillettes où tout le monde est gagnant est un fantasme dangereux : si on a choisi les énergies fossiles et le jetable pour maximiser notre confort et notre satisfaction, c'est pas parce qu'on est des monstres sans cœur. C'est qu'on a fait le choix conscient de maximiser notre confort et notre satisfaction. Que ce soit dans nos capacités de nous déplacer, notre alimentation, notre logement... Tous les arbitrages que nous faisons sont faits pour nous rendre la vie plus facile (et avoir plus que nos parents, voir point précédent). Penser qu'on aura le beurre du confort maximisé et l'argent du beurre d'une conscience (et d'une planète) propre, c'est fumer la moquette. Et les responsables politiques, écolos en premier, sont criminels à continuer d'entretenir ce fantasme. Ils le savent, mais dès qu'ils commencent à le dire, leur carrière s'arrête parce que point 1)

Donc bilan, oui quand tout le reste se met à yoyotter, le climat et la bonne conscience passent au second, troisième, dernier plan parce qu'on n'a pas intégré que l'on vivait dans un monde ayant des limites quand toute notre vie on nous a dit de privilégier notre intérêt, notre confort et notre satisfaction.

Ca ne veut pas dire que la transition n'aura pas lieu hein. Ca veut juste dire qu'à refuser de la maitriser, on la subira. Comme on le voit depuis le début de cette année.

Voilà.

Downvotez moi si vous le devez 😄

u/ordinary-thelemist — 3 months ago