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Dans le cadre de l’Eurorégion Nouvelle-Aquitaine – Euskadi – Navarre, un projet de séjours linguistiques de part et d’autre de la Bidasoa est proposé pour les familles pour vivre une immersion totale en basque. L'objectif est de transformer les familles francophones en familles bascophones.
Le français domine si complètement le paysage linguistique de la France que les Basques qui ont émigré en Amérique du Nord au milieu ou à la fin du XXe siècle parlent souvent un basque moins influencé par le français que ceux qui sont restés au Pays Basque.
Ces personnes sont celles qui, même quand elles parlent français, pensent d’abord et avant tout en basque, rêvent en basque, parlent dans leur sommeil en basque, et quand l'Alzheimer les frappera, la langue qu’elles oublieront en premier sera celle qu’elles ont apprise à l’école, alors que la langue qui les enveloppera dans les bras de la mort sera leur langue première et principale. Il en reste extrêmement peu au Pays Basque Nord, de ce type de locuteurs. Et tant que nous n'aurons pas renversé la domination du français dans le paysage linguistique, nous ne reviendrons jamais à l'époque où au Pays Basque, on parlait basque.
Occitan vs Arpitan
Estelle est italienne, Gabrièu est français. Estelle parle une langue (le franco-provençal ou l'arpitan) qui est parlée dans trois pays, y compris dans le pays de Gabrièu, et Gabrièu parle une langue (l'occitan) qui est parlée dans trois pays, y compris dans le pays d'Estelle.
Au fait, je trouve bête de les qualifier de langues "régionales", c'est des langues internationales.
Pour moi, c'est ça, l'Europe telle qu'elle devrait être.
Gabrièu mentionne qu'ils sont là a participer à un événement organisé dans la ville de Gasteiz, au Pays Basque, appelé HIGA. Il s'agit du Hizkuntza Gutxituetako Hiztun Gazteen Topaketa, ou en français "rencontre des jeunes locuteurs de langues minorisées". Le gouvernement basque finance en partie ce programme qui permet à de locuteurs âgés de 18 à 35 ans de langues minorisées (langues traitées comme inférieures, reléguées à un statut inférieur par d'autres, ce qui n'est pas la même chose que langue minoritaire) du monde entier de venir au Pays Basque pour discuter, échanger des conseils et des stratégies, et promouvoir le militantisme et l'activisme linguistiques. J'aime blaguer que, tout comme dans les années 60/70, l'APL en Palestine accueillait des militants et des terroristes du monde entier, le Pays Basque acueille, aide à former et radicaliser des militants et des "terroristes linguistiques" (c'est comme ça que Blanquer nous perçoit, non ?).
Si ce projet t'intéresse et que tu parles une langue minorisée, je t'encourage vivement à t'inscrire.
La langue normande n’est officiellement reconnue que dans une seule partie du monde : les Îles Anglo-Normandes (dépendantes de la Couronne britannique). Anne parle la langue des conquérants normands du duché de Normandie et l’ancienne langue de la cour d’Angleterre.
AJA qu'il y avait (il y a encore ?) des étudiants en médecine qui s'entraînaient à pratiquer des attouchements vaginaux sans consentement
L'État français et les défenseurs des langues et cultures dites régionales s'affrontent régulièrement sur le rôle de l'Éducation nationale, parce qu'ils ont une conception très divergente de ce que doit être l'école. L'État français a en effet renoncé (ou refusé) de faire de l'Éducation nationale le principal vecteur de transmission de ces langues, cultures et histoires, au profit de la langue, culture et histoire françaises.
Jusqu’à très récemment, la France ne laissait qu’une place extreemement restreinte à la transmission des langues et cultures autres que la langue et la culture françaises dans le cadre d’écoles privées associatives. Ces écoles associatives constituent une minorité au sein d'une minorité, et dans le contexte actuel où l'on ferme autant d'écoles qu'on en ouvre tous les deux ans (voir la situation des Calandretas et des Diwans, où chaque année une école ferme en raison de sa situation financière), elles ne toucheront jamais qu'une minorité au sein d'une minorité. La grande majorité des élèves passe par le système public, où ils n'auront aucun contact, ou un contact minime, avec une langue "régionale", et s'ils y sont exposés, c'est généralement inefficace et ça ne leur apprend pas grand-chose.
Dans ces conditions, on m’a demandé ce que la France pouvait faire, en partant de l’hypothèse que la France dispose d’une quelconque bonne volonté et qu’elle est disposée à réparer les dommages irréparables qu’elle a causés à des générations de citoyens français. Pas pour mener les derniers locuteurs vers une mort paisible en soins palliatifs, mais dans le véritable désir de changer les choses grâce à une politique linguistique résolue, une démarche de volontarisme, pour créer des dizaines, voire des centaines de milliers de nouveaux locuteurs.
Nous savons que la transmission intergénérationnelle de toutes les langues "régionales" s'est effondrée. Ça veut dire que la plupart des parents en âge d'avoir des enfants ne pourraient même pas transmettre leur langue s'ils le voulaient (parce qu'ils ne la connaissent pas). Et comme je l'ai dit, le système scolaire public étant largement fermé aux langues "régionales" (alors même qu'il s'agit là du seul outil vraiment efficace pour toucher et enseigner une langue à des centaines de milliers d'enfants en même temps), il faut donc tenir cette corde par l’autre bout, en enseignant en dehors de l’école.
Comment, par exemple, enseigner une langue à un adult en dehors du cadre scolaire ? Beaucoup d'adultes n’ont ni le temps, ni les moyens, ni l'envie pour aller à des cours du soir, et de toute façon, il n’y a pas assez d’enseignants (parce que la France ne les forme pas…) pour enseigner à toutes ces personnes. La télévision publique, la radio, les podcasts, les livres, les jeux, tous dûment digitalisés et disponibles sur Internet, font partie de la solution. C'est ce qui se fait au Pays Basque Sud et en Catalogne Sud.
Si tu es alsacien et que tu t'intéresses à la langue de tes parents ou de tes grands-parents, tu auras sans doute, comme moi (qui m'intéresse à toutes les langues), fait l'expérience de taper "comment apprendre l'alsacien" sur Internet, pour être ensuite déçu par les résultats. Parce qu'il existe, en fait, très peu de ressources qui te prennent par la main et te mènent à la maîtrise de cette langue.
Il existe un livre Assimil datant de 2001 (épuisé), quelques listes de vocabulaire général (principalement destinées aux enfants, et qui constituent l’essentiel de ce qui est disponible sur le site de l’OLCA). Ce qui se rapproche le plus d’un cours d’alsacien est en fait proposé par une (1) Alsacienne sur YT, et bien sûr, elle le fait bénévolement, avec des moyens extrêmement limités. Le tout premier ouvrage que l’on puisse raisonnablement qualifier de grammaire de l’alsacien a été publié en 2025 (Elsassisch vu A bis Z), ce qui donne une idée du retard pris par l’alsacien par rapport aux autres langues comme le breton.
En fait, j’irais jusqu’à dire qu’il est extrêmement difficile d’apprendre l’alsacien en autodidacte, compte tenu de la rareté des supports, surtout si l’on ne dispose pas d’une certaine base linguistique en allemand pour servir de tremplin (langue qui, pour la plupart des jeunes Alsaciens, est une véritable langue étrangère et qu'ils apprennent mal de toute façon) ou si l’on n’a pas de locuteurs alsaciens à proximité. Ça peut surprendre pour un Français de l'intérieur, mais en dehors de certaines zones, principalement dans les petits villages ruraux, il peut en réalité être difficile de trouver des locuteurs alsaciens en Alsace. Imagines donc que tu aies 15 ans, que tes parents ne parlent pas alsacien et que tu n'aies pas envie d'aller apprendre une langue auprès de personnes âgées de 60 à 70 ans, aussi sympathiques soient-elles.
Dans une telle situation, le moins que la France puisse faire serait d’utiliser l’argent des contribuables français pour financer des ressources d’apprentissage facilement accessibles, qu’il s’agisse d’apps, de livres ou d’émissions de télévision, capables de faire passer un adulte du niveau A1 au niveau C2, et qui, par la même occasion, enseignent et font découvrir la culture et l’histoire alsaciennes, ce qui sont autant de choses qui ne sont de toute façon jamais enseignées dans l’Éducation nationale et qu'il faut apprendre en autodidacte.
Mais si on est obligé d'apprendre en autodidacte, la France a elle aussi le devoir de rendre ce parcours aussi aisé et facile que possible, non ?
Cette édition de La Passem s'achèvera à Angelu (en basque)/Anglet (en occitan), au Pays Basque Nord. C'est un fait peu connu en France, mais les stations balnéaires très bourgeoises et très françaises d'Angelu et de Miarritze (Biàrritz, en occitan) étaient, du moins du XVIIème siècle (possiblement même du Moyen Âge) jusqu'au XIXe siècle, de très modestes villages gascophones, habités majoritairement par des agriculteurs et des pêcheurs gascons. Pour cette raison, les locuteurs du gascon revendiquent très légitimement Anglet et Biàrritz pour la Gascogne (aussi). En effet, pourquoi discuter sur si "Baiona, Angelu et Miarritze, c'est basque !" ou "Non, Baiona, Anglet et Biàrritz, c'est gascon !", quand on peut partager le même bout de terre ?
Les représentants basques de Korrika, la soeur aînée de toutes ces courses linguistiques à travers le monde, ont déjà acheté leurs kilomètres (100 euros par kilomètre) pour courir en soutien, comme ils le font depuis les tout débuts de La Passem en 2018. En fait, La Passem est née littéralement dans les pas de la Korrika basque. Le cofondateur de La Passem, après avoir couru dans la Korrika, a décidé qu'il aimerait qu'il y ait quelque chose de similaire pour l'occitan...et voilà. Vive la solidarité entre les nations et les peuples du monde !
Top line in Dutch, faded: Levensgevaar. Mortal danger.
Second line, in Indonesian: Awas elestrik. Beware, electricity.
Bottom line, in the most colloquial register of Javanese: ꧁꧋ꦱꦶꦁꦔꦩꦺꦏ꧀ꦩꦠꦶ꧉꧂. You touch, you die.
La mélodie est vannetaise, de date incertaine, parce qu'il est extrêmement difficile de déterminer quand une mélodie est "créée", mais les paroles qui l'accompagnent ont été écrites par l'abbé Yann Vadezour Olieroù (Jean-Baptiste Olero, 1856-1930) en 1908, et sa version est bien plus longue, et centrée sur un amour séparé par la vocation religieuse. L’amant qu’elle aime, lui, part en mission aux terres sauvages pour "gagner des âmes pour le Ciel", alors que les versions plus récentes que tu écouteras changent systématiquement cela (si tant est qu’elles connaissent l’original) en "pour gagner son pain", ce qui permet de relier la chanson à un problème socio-économique plus proche de nous.
Les habitants du Sarrois ont voté à une écrasante majorité en faveur du rattachement à l'Allemagne… pour se jeter dans les bras des Nazis. Si la France s'était montrée plus ouverte, plus souple je suis persuadé que plus de Sarrois (plus que les 2124 courageux qui avaient voté oui) auraient voulu devenir Français.
Je trouve tellement triste que les gens fondent leur identité "régionale" (sérieusement ou à la blague) sur quelques mots en français. Mais si l'on veut jouer à ce jeu, autant le faire avec quelque chose de substance ?!
Fondez votre identité régionale sur quelque chose d'important, de vraiment diversifié, quelque chose qui exprime clairement que ce que je suis est assez radicalement différent de ce que vous êtes. Sur une langue par exemple.
Je suis assez certain que n'importe quelle langue "régionale", entre deux villages distants de 40 km, présente déjà une plus grande diversité dialectale que TOUT le français dans TOUTE la France. Je regarde les cartes que publie le linguiste suisse Mathiu Avanzi, j'avoue, je les trouve intéressantes mais je me dis aussi : qu'est-ce que c'est plat !
Le français a été tellement uniformisé (en Europe du moins) que la diversité linguistique et donc la richesse fait pâle figure face à celle du basque, qui est parlé dans une zone bien plus petite.
Même en ne parlant que le dialecte standard du basque (inventé à la fin du XXe siècle, dans les années 60-70), il est encore possible de déterminer de manière générale d’où vient quelqu’un, un peu comme dans le monde germanophone où l’on peut deviner d’où vient une personne en fonction de sa façon de parler l’allemand standard, alors qu’il est de plus en plus difficile de faire de même pour les francophones en Europe, EN PARTICULIER pour les jeunes générations (je trouve que les jeunes parlent de manière beaucoup plus similaire les uns aux autres que leurs ainés de 70 ans chez eux). Et si l’on parle un dialecte naturel du basque, il est impossible de ne pas cerner d’où vient quelqu’un en quelques phrases, parfois jusqu’à la ville précise.
Il en va de même pour l'occitan, l'alsacien, le breton, le corse… et les langues d'Oïl également (autre que le français). Au lieu de célébrer toute cette richesse, on doit se contenter de quelques mots comme serpillière, wassingue ? Sac, poche ?