les combats ont repris dans la localité stratégique de Anéfis
▲ 7 r/LeMali

les combats ont repris dans la localité stratégique de Anéfis

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260705-mali-les-combats-ont-repris-dans-la-localit%C3%A9-strat%C3%A9gique-de-an%C3%A9fis

Au Mali, après les attaques coordonnées du samedi 4 juillet contre plusieurs localités maliennes, les combats ont repris, ce dimanche 5 juillet, dans la localité de Anéfis, dans le nord, entre l’armée malienne – soutenue par les mercenaires russes – et la coalition jihadiste affiliée à al-Qaïda et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). 

Avec notre correspondant régional, Serge Daniel

À la mi-journée de ce dimanche 5 juillet, les rebelles contrôlaient toujours la ville de Anéfis, localité stratégique située dans le grand nord, et ils tiennent toujours des prisonniers de l’armée régulière.

Entre-temps, les troupes régulières et leurs alliés russes sont retranchés dans le camp militaire de cette localité stratégique. D’après nos informations, des hélicoptères de l’armée, venus secourir les blessés dans le camp militaire et probablement apporter du ravitaillement, n’ont pas pu atterrir.

On entendait toujours des coups de feu à Anéfis dans la mi-journée de ce dimanche.

Une source au sein de l’armée régulière nous a confié que « tout est mis en œuvre pour contrôler la situation sur place ».

Les rebelles, de leur côté, affirment que l’objectif est le même : « prendre le contrôle du territoire et chasser la junte du pouvoir. »

Tension autour de Gao

À Gao, principale ville du nord du Mali, les habitants ont été réveillés, ce dimanche, par des détonations. Les restes d’un drone d’attaque ont été retrouvés, peu après, dans un champ. Il y aurait eu au moins un blessé civil. Il n’y a pas de revendications. La tension autour de ville est tout de même palpable, d’après les témoins.

Au centre et au sud du Mali, ce dimanche, il n’y a pas eu de combats, d’après nos informations. Cependant, à Bamako, la capitale, dans la nuit de samedi à ce dimanche, des témoins ont vu quand même arriver un convoi de matériel militaire, venant probablement d’un pays voisin.

u/typofil — 23 hours ago

Android trackers not updating location after a battery change?

(sry wrong title, rewrote the post)

I recently changed the batteries on a few of my Android trackers and I ran into a frustrating issue: the trackers would beep with the reset button and report their location exactly once right after putting the new battery in, but then they would completely stop updating and go radio silent.

Should I Perform a Hard Factory Reset and re-pair ?

reddit.com
u/typofil — 2 days ago
▲ 17 r/LeMali

Des attaques djihadistes sont en cours 0 Gao, Anéfis, Aguelhok et Sévaré

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/04/au-mali-des-attaques-menees-par-des-djihadistes-et-leurs-allies-dans-plusieurs-localites-et-contre-une-prison_6720644_3212.html

Des attaques menées par des djihadistes et leurs alliés indépendantistes touareg sont en cours dans les villes de Gao, Anéfis, Aguelhok et Sévaré, dans le nord et le centre du pays, et contre la prison de Kéniéroba, située à 70 kilomètres de Bamako, selon l’armée, des habitants joints par l’Agence France-Presse (AFP) et des sources sécuritaires.

Les combats sont en cours depuis environ 5 heures du matin (7 heures à Paris) et surviennent plus de deux mois après des attaques d’ampleur menées par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaida) et les indépendantistes du FLA (Front de libération de l’Azawad), les 25 et 26 avril. Celles-ci avaient considérablement affaibli la junte au pouvoir à Bamako et tué le ministre de la défense.

A Anéfis, les indépendantistes du FLA ont pris « plusieurs postes » et « le combat est toujours en cours à l’intérieur de la ville », selon un porte-parole des rebelles, Mohamed Elmaouloud Ramadane. « Les groupes armés sont dans la ville, mais l’armée y résiste toujours. Le camp n’est pas encore tombé », a, par ailleurs, affirmé un habitant joint par l’AFP.

Une prison où sont détenus des djihadistes

Anéfis et Aguelhok sont les derniers lieux où l’armée malienne est présente dans la région de Kidal, depuis les attaques du 25 et 26 avril. Véritable camouflet pour les militaires au pouvoir, Kidal, ville stratégique du nord du Mali, est passée sous le contrôle des Touareg du FLA lors de ces offensives.

A Gao, dans le nord du pays, plusieurs tirs et des « fortes détonations » ont été signalés à l’AFP par des habitants à proximité d’un camp de l’armée. Dans le centre du pays, à Sévaré, « des explosions ont retenti (…) vers 5 heures du matin, sans que leur origine soit encore connue. Peu après, plusieurs appareils aériens ont été repérés survolant le secteur », a affirmé une source sécuritaire à l’AFP.

A quelques dizaines de kilomètres de la capitale, Bamako, l’important centre pénitentiaire de Kéniéroba, où sont notamment détenus des djihadistes, est également attaqué. « Nous sommes sous nos lits, les tirs continuent », a rapporté à l’AFP un prisonnier joint par téléphone.

u/typofil — 2 days ago
▲ 31 r/LeMali+1 crossposts

le Mali et le Burkina Faso rompent à leur tour avec la Cour pénale internationale

les russes ne seront jamais poursuivis..

ni les crimes des terroristes, mais la priorité est de protéger les russes (et les dictateurs) ...

>Des trois pays, le Mali est celui où la question des conséquences de ces retraits sur les procédures en cours et sur d'éventuelles autres à venir se pose avec le plus d'acuité, plusieurs enquêtes sur les crimes commis en 2012 et 2013 dans le pays, lors de l’occupation du nord et de Tombouctou par des groupes jihadistes liés à al-Qaïda, n’étant pas close. 

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260702-apr%C3%A8s-le-niger-le-mali-et-le-burkina-faso-rompent-%C3%A0-leur-tour-avec-la-cour-p%C3%A9nale-internationale

u/typofil — 4 days ago
▲ 39 r/LeMali

« Mali : un an d’Africa Corps » (2/2).

Africa Corps, les militaires russes qui ont remplacé Wagner au Mali, multiplient atrocités et mises en scène morbides

« Mali : un an d’Africa Corps » (2/2). Pourtant placés sous la tutelle directe du ministère de la défense russe, les militaires d’Africa Corps ont déjà à leur actif de nombreuses exécutions.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/27/ils-ont-la-meme-mentalite-criminelle-un-an-apres-avoir-remplace-wagner-les-russes-d-africa-corps-multiplient-les-exactions-au-mali_6716331_3212.html

L’image est abominable. On y voit la tête décapitée d’un jeune homme, portant toujours ses lunettes de soleil, posée sur le sable. Autour, ses bras et ses jambes coupés ont été disposés de manière à former une croix gammée. Ousmane Ag Sidi avait la trentaine. Il était berger dans les environs de Zahro, un village au bord du fleuve Niger, entre Tombouctou et Gao, dans le nord du Mali.

Le 23 juin, selon le récit livré par plusieurs sources, il se trouvait à la sortie de la localité avec l’un de ses camarades, Abdoulwahab Ag Mahamad, lorsqu’il a croisé une patrouille de l’armée malienne et de ses supplétifs russes de l’Africa Corps. Les deux Touareg ont été arrêtés puis tués par balles. Puis Ousmane Ag Sidi a été démembré. Ce sont des habitants qui, une fois les soldats partis, ont découvert cette mise en scène nazie macabre.

S’ils n’étaient, jusque-là, jamais allés aussi loin dans l’horreur, les militaires russes d’Africa Corps ont multiplié les exactions contre les civils depuis qu’ils ont officiellement remplacé les mercenaires du groupe Wagner au Mali, en juin 2025.

Après avoir longuement renâclé à ce changement, la junte du général Assimi Goïta, au pouvoir à Bamako, avait fini par céder à la pression du Kremlin et accepter le déploiement de ce nouveau dispositif militaire mis sur pied par le ministère de la défense russe pour remplacer Wagner après la mort de son fondateur, Evgueni Prigojine, tué dans l’explosion de son avion en août 2023, deux mois après sa mutinerie contre le président Vladimir Poutine.

Durant leurs près de quatre ans de présence au Mali, entre décembre 2021 et juin 2025, les « musiciens », comme se surnommaient les combattants de Wagner, ont commis d’innombrables massacres de civils. Difficile à établir précisément, le nombre de leurs victimes se chiffre au minimum en centaines.

Certaines ont été brûlées vives, d’autres torturées avant d’être exécutées. Plusieurs femmes ont aussi été violées. Moura, dans le centre du pays, restera dans l’histoire comme un village martyr : entre le 27 et le 31 mars 2022, au moins 500 personnes, dont des enfants et des vieillards, y ont été méthodiquement tuées par les mercenaires russes et les forces armées maliennes (FAMa).

Les atrocités restent comparables

En un an de présence au Mali, les militaires d’Africa Corps, pourtant sous tutelle directe du ministère de la défense russe, ont déjà commis de nombreux crimes contre les populations locales. Davantage cantonnés dans leurs bases et moins autonomes que les mercenaires de Wagner, ils effectuent néanmoins, eux aussi, des patrouilles conjointes avec les FAMa sur le terrain, pendant lesquelles ils descendent dans des villages ou des campements nomades.

C’est essentiellement durant ces opérations hors de leurs emprises qu’ils s’attaquent aux civils, comme cela est arrivé à Ousmane Ag Sidi et à son camarade près de Zahro. Les Peuls et les Touareg, souvent amalgamés aux djihadistes et indépendantistes par les soldats russes, sont facilement considérés comme « terroristes » et donc ciblés.

« Il n’y a aucune différence entre Africa Corps et Wagner. Ils ont le même comportement, les mêmes méthodes et la même mentalité criminelle. Ils ont juste changé de casquette. Ce ne sont pas des militaires formés au droit de la guerre, juste des mercenaires que le ministère russe de la défense a régularisés », dénonce Mohamed Elmaouloud Ramadane, le porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA), groupe indépendantiste à dominante touareg qui se bat contre l’armée malienne et ses supplétifs russes dans le nord du pays.

De fait, de nombreux « wagnériens » ont prolongé leur engagement en signant des contrats avec l’armée russe. La chaîne de commandement, elle, est assurée par des membres du GRU, le renseignement militaire russe.

La nature des atrocités reste comparable. « Nous avons recensé plusieurs décapitations, avec des têtes parfois laissées en évidence sur le tronc des victimes. Les Russes peuvent aussi piéger des cadavres qu’ils laissent derrière eux, afin de tuer ceux qui viennent les récupérer », explique Tilla Ag Zeini, le secrétaire général du Collectif pour la défense des droits du peuple de l’Azawad (CD-DPA), qui recense les crimes commis contre les civils dans le nord du Mali.

En toute impunité

Le 8 juillet 2025, près de Ber, un garçon d’une dizaine d’années a eu la main arrachée par un jouet piégé, « volontairement laissé » derrière eux par des membres d’Africa Corps, selon cette organisation proche des réseaux indépendantistes. Le 26 novembre de la même année, les restes d’au moins trois corps calcinés ont été retrouvés dans la zone du lac Faguibine, à l’ouest de Tombouctou, après le passage d’un convoi russe.

« Par le passé, l’armée malienne a perpétré plusieurs massacres de civils. Mais c’est la première fois que nous voyons des têtes coupées et des corps démembrés. Les Russes ont importé au Mali leurs méthodes barbares, sur ordre de la junte », dénonce un ancien élu de la région de Tombouctou, sous le couvert de l’anonymat. Selon le rapport annuel du CD-DPA, au moins 278 civils ont été tués par Africa Corps et les FAMa dans le nord du pays entre juin et décembre 2025.

Le centre du Mali, où sont également déployées les troupes d’Africa Corps, n’est pas épargné. Le 29 mars, à environ 2 kilomètres de Yangasso, petite ville du district de Bla, des habitants ont découvert les corps de sept hommes arrêtés la veille et l’avant-veille par l’armée et Africa Corps. « Deux d’entre eux avaient la gorge tranchée et les autres présentaient des blessures par balle », d’après l’ONG Human Rights Watch. Le 14 mai, au moins une quinzaine de personnes d’une même famille peule, dont des femmes et des enfants en bas âge, ont été exécutées sommairement près de Sarakala, dans la région de Ségou.

Les militaires d’Africa Corps ne se contentent pas de massacrer les personnes. Ils tuent aussi régulièrement du bétail, moyen de subsistance essentiel aux communautés semi-nomades. Mi-juin, dans les environs de la ville d’Aguelhok, environ 300 moutons ont été retrouvés criblés de balles après le passage d’une patrouille russo-malienne. « Cette stratégie de la terre brûlée n’a qu’un objectif : terroriser les populations et les pousser à l’exil dans les pays voisins. C’est du terrorisme d’Etat », estime Mohamed Elmaouloud Ramadane.

Sur le plan opérationnel, Africa Corps n’a pas obtenu de meilleurs résultats que Wagner. Lors de l’offensive conjointe des djihadistes et des indépendantistes, fin avril, les Russes ont même fait la démonstration de leur impuissance et ont été obligés d’abandonner plusieurs de leurs positions.

Malgré l’ampleur des crimes commis par les mercenaires puis militaires russes au Mali, difficile d’envisager que justice soit un jour rendue. Leurs auteurs agissent en toute impunité, dans l’anonymat et à l’abri des regards, avec l’assentiment de la junte du général Goïta. La Russie n’est pas membre de la Cour pénale internationale et le Mali a annoncé, en septembre 2025, son souhait d’en sortir – bien que ce retrait ne soit pas encore effectif.

« Africa Corps relève du ministère de la défense russe. La responsabilité de l’Etat russe est donc théoriquement engagée. Mais personne ne rendra aucun compte car la justice internationale est morte, se désole l’ancien élu de la région de Tombouctou. Dans le Mali d’aujourd’hui, seule la loi du plus fort prévaut. Avec pour unique conséquence d’accentuer le désir de vengeance et donc le niveau général de violence. »

Benjamin Roger

u/typofil — 9 days ago
▲ 0 r/LeMali

La France et les rebelles indépendantistes au Mali, une histoire faite d’alliances et d’intérêts

La junte au pouvoir à Bamako accuse Paris de soutenir le Front de libération de l’Azawad, qui a lancé une offensive dans le nord du Mali fin avril. Des déclarations qui s’appuient sur les liens historiques entre les autorités françaises et ces indépendantistes, même si leurs relations se sont distendues.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/25/la-france-et-les-rebelles-independantistes-au-mali-une-histoire-faite-d-alliances-et-d-interets_6693606_3212.html

Durant la semaine qui a suivi la prise de Kidal, le 26 avril, par les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), ce n’est pas depuis cette petite ville du nord-est désertique du Mali que leur porte-parole s’est félicité de cette conquête, mais depuis Paris. Dans des interviews successives, Mohamed Elmaouloud Ramadane a estimé que la junte du général Assimi Goïta, au pouvoir à Bamako depuis 2020, allait tomber, et assumé l’« alliance de circonstance » du FLA avec les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la filiale sahélienne d’Al-Qaida.

Les partisans du général Goïta ont rapidement vu dans ces interventions sur des médias français, quelques jours après une offensive sans précédent de ces deux groupes contre son régime, la preuve d’une collusion entre les rebelles à dominante touareg et Paris. Lui s’en défend. « La France est un pays d’où nous pouvons librement nous exprimer et faire passer notre message au plus grand nombre, donc nous en profitons. Mais je n’ai eu aucun contact avec les autorités françaises », assure Mohamed Elmaouloud Ramadane.

C’est ce qu’affirme aussi un haut responsable au Quai d’Orsay, qui disait alors ignorer la présence dans la capitale de cet indépendantiste – arrivé sur le territoire national avec un visa Schengen obtenu auprès d’un autre pays de l’Union européenne.

Des échanges ponctuels

Depuis qu’elle en a été congédiée au profit de la Russie, en 2022, la France fait preuve de prudence et de discrétion dès qu’il s’agit du Mali. Bien qu’ils aient la junte pour ennemi commun, les responsables français veillent donc à ne pas paraître trop proches des rebelles touareg – surtout depuis que ceux-ci collaborent ouvertement avec les djihadistes du GSIM. En coulisses, pourtant, certains services ont bien des échanges ponctuels avec des dirigeants du FLA. Des contacts informels mais sans aide opérationnelle, regrettent les chefs du groupe indépendantiste.

D’autres pays, comme l’Ukraine, ont coopéré de façon plus directe ces dernières années. En 2024, les services de renseignement ukrainiens, désireux de frapper les forces russes d’Africa Corps déployées au Mali, ont ainsi formé, lors de missions en Ukraine puis au Mali, des rebelles touareg à la conception et au maniement de petits drones équipés de charges explosives.

Un rapprochement inédit, qui a suscité des interrogations sur une éventuelle entremise de la France. Mais les cadres indépendantistes réfutent toute implication de Paris lors du rapprochement avec Kiev. « Nous sommes en contact avec les services de renseignement de différents pays. Ce qu’ils font ou se disent entre eux, ce n’est pas notre souci. Quant à la France, elle ne nous fournit aucun soutien matériel ni financier », affirme un cadre du FLA.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Entre l’ancienne puissance coloniale et les Touareg maliens, les relations sont anciennes. Au début des années 1990, à l’époque de la rébellion menée par Iyad Ag Ghali, aujourd’hui chef du GSIM, cette communauté historiquement nomade vivant dans le nord du pays et délaissée par les gouvernements successifs bénéficiait d’une forme de sympathie en France. La Fondation Danielle Mitterrand – France Libertés, créée par l’épouse de l’ancien président François Mitterrand, et qui s’est donné pour mission de défendre les droits humains et les peuples opprimés, y contribue.

Mais les réseaux français avec les Touareg dépassent le cadre civil. Dans la seconde moitié des années 2000, la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) s’appuie sur certains cadres de cette communauté – et notamment au sein de la tribu des Ifoghas, dont est issu Iyad Ag Ghali – pour recueillir des informations sur le nord du Mali, où des djihadistes algériens ont implanté Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). « Ils avaient des agents sur le terrain, auprès des Touareg, pour faire du renseignement sur les réseaux terroristes naissants », relate un officier malien longtemps déployé dans la zone.

Ces liens tissés sont utiles à des moments-clés pour Paris dans la région, comme en 2011, lorsque Nicolas Sarkozy intervient en Libye contre le régime de Mouammar Kadhafi, qui compte dans ses rangs des centaines de combattants touareg maliens. « Les Français nous avaient alors fait passer le message que si nous lâchions Kadhafi, ils nous aideraient dans notre combat pour l’indépendance [de l’]Azawad [terme avec lequel les indépendantistes désignent le nord du Mali], confie un ancien rebelle. Pour eux, c’était coup double : cela leur permettait d’affaiblir leur ennemi, tout en gardant un futur levier chez nous. »

Soutien au MNLA

Le retour de ces hommes dans leur pays – avec armes et munitions – précipite l’éclatement d’une nouvelle rébellion. Certains rejoignent le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui, en 2012, s’allie à AQMI et à différents groupes djihadistes pour conquérir le nord du Mali. Mais ces derniers se retournent rapidement contre eux pour en devenir les seuls maîtres et imposer la charia aux populations.

En janvier 2013, François Hollande déclenche l’opération « Serval » pour empêcher leur avancée vers le sud du pays et la capitale, Bamako. L’armée française reprend le contrôle du Nord et fait entrer les soldats maliens dans les villes libérées à ses côtés. Sauf à Kidal, fief du MNLA et des Ifoghas. Cette décision, perçue à Bamako comme un affront à la souveraineté nationale et un service rendu par Paris à ses vieux partenaires touareg, constitue une blessure toujours prégnante dans l’opinion publique malienne.

De fait, même si cela suscitait l’irritation du gouvernement, qu’elle soutenait officiellement, la France a continué à s’appuyer sur le MNLA pour combattre les groupes djihadistes dans le nord du pays. Selon des sources militaires et sécuritaires maliennes comme françaises, des agents de la DGSE sont alors présents au sein d’unités du mouvement rebelle touareg. « C’étaient des équipes réduites de quelques hommes, qui faisaient du renseignement de terrain et de l’assistance technique », confie une source française.

De leur côté, les Touareg « se servaient des Français autant que ceux-ci se servaient d’eux, pour régler des vieux comptes, pour avancer leurs pions ou encore pour faire fructifier leurs différents business », explique un bon connaisseur du nord du Mali. Malgré les rivalités internes et des alliances qui se font et se défont au gré des intérêts du moment, les autorités françaises veillent à garder le contact avec les figures des différentes tribus. « Nous parlions à tout le monde. Et notamment à des proxys d’Iyad Ag Ghali, qui servaient de canaux de discussion », confie une source militaire française.

Regarder le Mali de loin

L’arrivée de la junte d’Assimi Goïta au pouvoir, en 2020, change la donne. L’armée française est chassée du Mali deux ans plus tard. Paris perd alors de nombreuses sources d’information dans le nord du pays. En dépit des fortes tensions avec Bamako, une coopération antiterroriste se poursuit entre la DGSE et les services de renseignement maliens.

Mais ce lien est brutalement rompu en août 2025, lorsqu’un des agents des services de renseignement français, dûment accrédité auprès des autorités maliennes, est arrêté et poursuivi dans une affaire de tentative de déstabilisation.

A Paris, militaires et diplomates sont désormais contraints de regarder le Mali de loin. Pourtant, derrière leurs discours détachés, une réalité s’impose : difficile pour la France de se couper totalement de ce pays de son ancien pré carré africain, où elle s’est tant investie ces dernières années, au cœur d’un Sahel devenu l’un des épicentres du djihad mondial. En cela, les liens tissés de longue date avec les indépendantistes du FLA lui sont indispensables.

Benjamin Roger

u/typofil — 26 days ago
▲ 10 r/LeMali+1 crossposts

« Loin de moi la colère » : après la guerre civile, en Côte d’Ivoire, une magnifique tentative de réconciliation

Il faut aussi penser qu'à l'avenir il faudra que les maliens se réconcilient

youtu.be
u/typofil — 1 month ago
▲ 0 r/LeMali+1 crossposts

https://www.lemonde.fr/videos/video/2026/05/30/en-images-aya-nakamura-brule-les-injures-racistes-d-un-groupuscule-d-extreme-droite-a-son-concert-au-stade-de-france_6695268_1669088.html

Première chanteuse française à remplir le Stade de France trois soirs de suite, Aya Nakamura a surpris le public parisien en « brûlant » une banderole où l’on peut lire : « Y a pas moyen Aya. Ici c’est Paris, pas le marché de Bamako » en référence à ses origines maliennes. Cette bannière avait été déployée le 9 mars 2024 par le groupuscule d’extrême droite Les Natifs en réaction à la participation d’Aya Nakamura à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques.

La chanteuse a également projeté derrière elle plusieurs articles de presse reprenant les critiques racistes et sexistes diffusées à son égard par certains médias.

lemonde.fr
u/typofil — 1 month ago
▲ 17 r/LeMali+1 crossposts

frappes de drones de l’armée malienne : plus de 10 morts

Des frappes de drones conduites par l’armée malienne, dimanche 17 mai, ont tué au moins dix civils, notamment des jeunes, qui s’apprêtaient à célébrer un mariage collectif traditionnel à Téné, située dans la région de San, dans le centre du pays.

Au Mali, de nombreux civils, accusés d’avoir collaboré avec le camp adverse, sont régulièrement victimes de représailles et d’exactions de l’armée et de ses alliés russes, comme des djihadistes.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/18/au-mali-dix-civils-tues-dans-des-frappes-de-l-armee_6690277_3212.html

https://www.africaradio.com/actualite-114453-mali-au-moins-dix-civils-tues-dans-des-frappes-de-drone-lors-d-un-mariage-collectif

https://www.blick.ch/fr/monde/mali-des-frappes-lors-dun-mariage-font-dix-morts-id21956920.html

u/typofil — 2 months ago
▲ 30 r/LeMali+2 crossposts

les rebelles du FLA revendiquent détenir plus de 200 militaires maliens à Kidal

>Au Mali, les rebelles indépendantistes du Front de libération de l'Azawad (FLA) affirment détenir plus de 200 militaires maliens, considérés comme des « prisonniers de guerre », à Kidal. Cette ville du nord du pays a été reprise à l'armée malienne et ses partenaires russes de l'Africa Corps le 25 avril, lors d'une offensive menée conjointement avec les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), liés à al-Qaïda. Selon le FLA, « plusieurs dizaines » de militaires ont été tués lors de ces combats. Les autorités maliennes de transition n'ont communiqué ni sur le bilan des attaques du 25 avril, ni sur le cas des militaires maliens capturés.

Ces militaires maliens ont été abandonnés sur place par les russes

>Après leur défaite, les Russes de l'Africa Corps ont négocié leur sortie de Kidal, sains et saufs, laissant derrière eux plus de 200 militaires maliens, selon le chiffre revendiqué par le FLA.

>« Il y a des officiers supérieurs, des sous-officiers, nous ferons une liste précise avec les noms et les grades », assure le porte-parole des rebelles indépendantistes, Mohamed Elmaouloud Ramadane. Un responsable militaire du FLA en poste à Kidal précise avoir déjà recensé « deux colonels de gendarmerie, quatre commandants de police, un capitaine de l'armée de terre, des adjudants, des sergents-chefs, des caporaux, des lieutenants ».

>Ces différentes sources expliquent que les soldats maliens ont été capturés en plusieurs temps : lors des combats du 25 avril, mais aussi dans les jours qui ont suivi. Certains ont été débusqués alors qu'ils se cachaient en ville parmi les civils, d'autres ont été rattrapés dans le désert alors qu'ils tentaient de s'enfuir à pied.

>« Ce sont des prisonniers de guerre, pas des otages », considère Mohamed Elmaouloud Ramadane, assurant que les militaires sont bien traités et que le FLA ne réclame aucune rançon. « Ils finiront par être libérés, dans le cadre de négociations, mais quand et à quelles conditions, on ne sait pas encore », déclare le porte-parole

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260514-mali-les-rebelles-du-fla-revendiquent-d%C3%A9tenir-plus-de-200-militaires-maliens-%C3%A0-kidal

u/typofil — 2 months ago
▲ 24 r/LeMali+1 crossposts

L'officier de la DGSE détenu au Mali n'a toujours pas vu d'avocat

Cela fait sept mois que Yann Vézilier, officier français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), est prisonnier au Mali. Arrêté le 14 août 2025 en même temps qu'une dizaine de militaires maliens, cet agent des services français, accrédité comme tel auprès des autorités maliennes, est accusé d'avoir participé à un complot pour renverser les autorités de transition. Bamako et Paris restent parfaitement silencieuses sur son sort, mais un article publié ce 11 mars par nos confrères de Jeune Afrique révèle quelques informations sur ses conditions de détention.

rfi.fr
u/typofil — 2 months ago
▲ 62 r/francophonie+1 crossposts

Au Burkina Faso, près de 700 associations et ONG suspendues ou dissoutes par la junte au pouvoir

En l’espace de trois semaines, des centaines d’organisations apolitiques en tous genres ont été ciblées par des arrêtés. Si les autorités invoquent des raisons de non-conformité administrative, les défenseurs des droits humains y voient un énième signe de répression de la société civile.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/08/au-burkina-faso-pres-de-700-associations-et-ong-suspendues-ou-dissoutes-par-la-junte-au-pouvoir_6687072_3212.html

Pour la troisième fois en moins d’un mois, des associations sont dans le viseur du gouvernement burkinabé. Mardi 5 mai, 205 structures agissant dans les domaines du développement, de la santé ou de la défense des droits des femmes ont été suspendues pour « non-renouvellement de leurs instances conformément à leurs statuts et règlement intérieur et à la loi en vigueur », selon un arrêté du ministère de l’administration territoriale et de la mobilité. Cette dernière décision porte à 682 le nombre d’associations ciblées par les autorités.

Le 21 avril, un arrêté similaire avait épinglé 359 associations. Quelques jours plus tôt encore, 118 autres structures étaient dissoutes et « interdites d’activités sur toute l’étendue du territoire national », sans que le communiqué n’évoque de motif précis. Parmi elles figurent des collectifs citoyens, dont certains engagés en faveur de la démocratie, un régime politique que le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2022, a récemment balayé d’un revers de la main : « La démocratie, c’est pas pour nous », a-t-il déclaré, le 2 avril, dans une interview diffusée à la télévision nationale.

Dans un contexte de répression des voix dissidentes, ces suspensions et dissolutions pèsent sur un espace civique déjà réduit à peau de chagrin par la junte au pouvoir. Parmi les associations visées se trouvent des clubs de sport ou encore des collectifs de producteurs agricoles. D’autres semblent inactives. Aucune n’affiche d’orientation politique. Plusieurs responsables des structures concernées, contactés par Le Monde, ont assuré qu’il leur suffit de remédier au non-renouvellement des instances pour pouvoir, ensuite, poursuivre leurs activités.

Difficile toutefois de ne pas voir, dans cette série de mesures, une continuité de la détérioration du climat politique, trois mois après la dissolution de tous les partis du pays. « Il faudra du temps pour savoir comment les récentes décisions seront mises en pratique, explique Ben Saul, rapporteur spécial auprès des Nations unies sur les droits de l’homme et la lutte antiterroriste. Mais vu le caractère arbitraire du système juridique au Burkina Faso sous les autorités actuelles, on peut s’attendre à ce que cela soit utilisé comme un outil de répression politique. »

Une « législation abusive »

M. Saul avait déjà fait part, aux côtés de deux autres rapporteuses, de son inquiétude quant aux précédentes mesures adoptées dans le pays, comme l’obligation, décrétée par le président en novembre 2025, pour toutes les associations et ONG de domicilier leurs comptes bancaires à la Banque des dépôts du Trésor, une institution publique.

Si les autorités invoquent des objectifs de traçabilité et de lutte contre le blanchiment ou le détournement de fonds, les rapporteurs ont estimé que la mesure pourrait s’avérer dissuasive et « porter atteinte au droit fondamental à la liberté d’association ». « Nous rappelons que toutes les mesures de lutte contre le terrorisme doivent respecter les droits humains », ont-ils aussi écrit dans une lettre datée du 17 mars, en référence à la menace djihadiste qui persiste au Burkina Faso.

De son côté, Ousmane Diallo, chercheur pour Amnesty International sur le Sahel, avait dénoncé, le 16 avril, dans un communiqué de l’ONG, une « atteinte flagrante au droit à la liberté d’association », au lendemain de l’annonce des premières dissolutions, pointant notamment une « législation abusive ».

Depuis le 17 juillet 2025, la loi portant sur la liberté d’association exclut les organisations poursuivant « des objectifs politiques ou commerciaux », dans le but de lutter contre des « collusions réelles ou parfois déguisées entre organisations associatives et partis politiques », d’après les explications qu’avait livrées Jean-Pierre Vogna, le directeur général de l’administration du territoire.

Les autorités avaient pourtant déjà révoqué l’autorisation d’exercer d’une dizaine d’ONG auparavant. Huit membres d’une ONG, dont deux Français, avaient aussi été arrêtés début octobre 2025 – puis relâchés à la fin du mois – après la suspension des activités de leur organisation, accusée de fournir des informations sensibles à des « puissances étrangères ».

Au-delà du secteur associatif, les traces de l’étouffement de toute voix critique s’accumulent : mercredi, l’organisation Reporters sans frontières a révélé que Atiana Serge Oulon, journaliste et ancien directeur de publication à LEvénement, un titre de référence du pays, a été « détenu, séquestré et violenté au sein d’une villa » de la capitale, Ouagadougou, depuis son enlèvement, en juin 2024, jusqu’à au moins la fin de 2025.

u/typofil — 2 months ago
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Le vacillement de l’armée malienne face aux djihadistes révèle un impensé de l’opération « Barkhane », à savoir l’inefficacité des coopérations militaires de la France avec des armées africaines, estime, dans une tribune au « Monde », le politiste Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste de la région.

Tribune de Marc-Antoine Pérouse de Montclos

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/04/le-drame-du-mali-interroge-directement-les-echecs-de-l-armee-francaise-au-sahel_6685406_3232.html

La perte de la ville de Kidal et l’assassinat du numéro deux de la junte militaire marquent une étape importante dans les nombreux conflits qui déchirent le Mali. En effet, les djihadistes, autrefois combattus par la France, ont franchi un saut qualitatif en s’alliant aux séparatistes touareg et en se disant prêts à monter une coalition avec l’opposition malienne. Beaucoup d’analystes s’inquiètent donc d’une éventuelle chute de Bamako, même si, contrairement au cas syrien, les insurgés n’ont pas encore fait la preuve de leur capacité à se substituer à un Etat défaillant et à proposer une véritable alternative de gouvernement dans les zones rurales qu’ils prétendent administrer.

L’échec, en l’occurrence, est russe et pas seulement malien. Le départ humiliant des mercenaires de l’Africa Corps [l’organisation paramilitaire qui a succédé au groupe Wagner], escortés par les djihadistes pour fuir Kidal, a marqué les esprits. Il constitue une belle revanche pour les rebelles touareg qui avaient dû évacuer ce fief séparatiste en 2023, lorsque les hommes de Wagner s’étaient emparés de la localité. Mais comment en aurait-il pu être autrement ?

Dès le départ, il était en effet inconcevable qu’une poignée de mercenaires russes puisse réellement prendre le relais d’une dizaine de milliers de casques bleus et de 5 000 soldats français déployés dans le cadre de l’opération « Barkhane » (2014-2022). Gangrenée par la corruption et l’indiscipline, l’armée malienne, elle, n’a jamais été professionnelle. Structurellement, elle s’est toujours caractérisée par une grande impunité lorsqu’il s’agissait de sanctionner des coups d’Etat, des mutineries, des détournements de fonds ou des violations massives des droits de l’homme qui ont eu pour résultat d’exacerber les conflits et de pousser des jeunes dans les rangs des rebelles pour échapper à l’arrestation arbitraire et à l’exécution extrajudiciaire.

La poursuite de l’opération « Barkhane » et de la coopération internationale aurait-elle alors pu enrayer la poussée des djihadistes vers Bamako ? Rien n’est moins sûr tant les défis de l’Etat malien sont immenses. Aujourd’hui, les revers de Bamako interrogent notamment un impensé de l’opération « Barkhane », à savoir l’échec des coopérations militaires de la France avec des armées africaines qui, à terme, sont censées assumer seules la défense de leurs pays. La question est d’autant plus brûlante que la situation du Mali donne le sentiment d’un énorme gâchis, avec, au final, un constat des plus amers : tout ça pour ça ?

« Barkhane », rappelons-le, fut la plus grosse opération outre-mer de l’armée française depuis la guerre d’Algérie. Elle s’est terminée abruptement lorsque les juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont demandé à Paris de retirer des troupes accusées d’être incapables de contenir la menace djihadiste. Pour autant, la France n’a jamais entrepris de tirer sérieusement les leçons des échecs de « Barkhane » pour repenser l’ensemble de ses coopérations militaires en Afrique. Le bilan officiel et public de son intervention au Sahel tient en 38 pages, annexes comprises. C’est bien peu quand on sait que les parlementaires britanniques et américains ont produit des milliers de pages d’enquêtes pour analyser les erreurs de diagnostic et de mise en œuvre de leurs opérations en Afghanistan, en Irak ou en Libye.

A Paris, des sénateurs se sont en l’occurrence contentés d’écrire en 2023 un « rapport d’information » qui vante les « succès significatifs » des troupes tricolores. A les croire, il aurait fallu saluer la performance des armes françaises sur un théâtre d’opération « abrasif », le « travail exceptionnel » de soldats « irréprochables » et l’« efficacité » de la direction du renseignement militaire alors même que celle-ci n’a pas été en mesure d’avertir et de prévenir les coups d’Etat en série qui ont conduit à l’éviction des troupes tricolores déployées au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Déni de réalité et platitudes

Au-delà du déni de réalité, ce rapport timoré témoigne en fait d’une certaine indifférence de l’électorat et d’une classe politique qui n’a nullement envie de revenir sur ses impérities africaines. Sorti en catimini à la veille des vacances d’été, il ensevelit le lecteur sous une avalanche de platitudes et d’acronymes techniques que ses auteurs n’ont pas pris la peine d’expliciter en annexe. Visiblement bâclé, il est, à tout le moins, peu informé puisqu’on y confond la katiba Macina au Mali et le groupe Ansaroul Islam au Burkina Faso.

Il est vrai que ledit rapport se nourrit surtout d’entretiens menés avec des militaires et des diplomates tenus par le devoir de réserve. Les journalistes les plus critiques n’ont pas été entendus et seulement trois chercheurs ont participé à l’exercice, dont un est cité dans le texte sans être mentionné dans la liste des personnes auditionnées. Au détour d’une phrase lors des discussions qui ont suivi la présentation du rapport, on apprend certes qu’il faudrait « profondément s’interroger » sur les formations que l’armée française propose en Afrique. Mais c’est la coopération militaire de l’Union européenne qui est nommément incriminée, pas celle de la France.

En guise de bilan, le mot de la fin revient à cet égard à l’un des corapporteurs, le sénateur Les Républicains Pascal Allizard [Calvados], lorsqu’il « conseille la lecture du manuel de la contre-insurrection du lieutenant-colonel David Galula ». Ce théoricien français de la guerre en Algérie, dont les écrits ont été redécouverts tardivement, a beaucoup inspiré les opérations de l’armée américaine en Afghanistan et en Irak. Lesquelles, on le sait, se sont piteusement terminées.

En réalité, le drame du Mali interroge directement les échecs de l’armée française au Sahel. La question reste posée d’une manière générale : comment donc professionnaliser des armées dans des Etats faibles ? Elle mérite à tout le moins d’engager un vrai débat public sur les coopérations militaires de la France en Afrique.

u/typofil — 2 months ago
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L’offensive conjointe menée dans le nord du pays par une alliance d’indépendantistes et de djihadistes signe l’échec catastrophique des militaires putschistes au pouvoir à Bamako, qui ont financé des mercenaires russes et alimenté une dérive guerrière sanglante et sans issue.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/05/au-mali-un-nouveau-degre-dans-la-descente-aux-enfers_6685573_3232.html

En janvier 2013, François Hollande avait envoyé au Mali les soldats français de l’opération « Serval » à la demande du gouvernement de ce pays, menacé par l’avancée des djihadistes sur Bamako. La prise du pouvoir par les islamistes fut alors empêchée. Mais le gouvernement déconsidéré de ce pays immense et pauvre, en proie aux assauts conjoints des combattants affiliés à Al-Qaida et, à partir de 2015, au groupe Etat islamique, succomba au coup d’Etat militaire de 2020.

Depuis lors, la prétention d’Assimi Goïta, actuel chef de l’Etat autoproclamé, de restaurer la sécurité avec l’aide de supplétifs russes de Groupe Wagner puis d’Africa Corps après l’expulsion des Français en 2022, s’est heurtée à l’enracinement des djihadistes et au renforcement de leurs capacités militaires.

Treize ans après « Serval », le Mali vit à nouveau dans les affres d’une avancée des djihadistes vers le pouvoir depuis que, le 25 avril, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, affilié à Al-Qaida, et les indépendantistes du Nord du Front de libération de l’Azawad mènent une offensive conjointe qui leur a permis de s’emparer de Kidal et de menacer Bamako. La fuite humiliante des mercenaires russes de Kidal marque l’échec de Moscou.

(photo) Une réfugiée malienne à l’extérieur d’une tente dans un camp de fortune à Doueinkara (Mali), près de la frontière avec la Mauritanie, le 18 avril 2026. PATRICK MEINHARDT/AFP

Jamais le risque de l’établissement d’un califat, au moins dans le nord du pays n’a été aussi fort. Jamais l’impression de gâchis n’a été aussi pesante. Pour les Maliens d’abord, dont les traditions d’ouverture et de tolérance sont menacées par l’imposition de la charia avec son cortège d’insupportables régressions pour les femmes – longtemps très actives sur les plans politique, social et économique – et la société tout entière. Mais aussi pour les amis de ce pays, proche de la France par son histoire et par les innombrables liens tissés au travers de l’immigration, qui assistent impuissants à ce nouveau pas dans sa descente aux enfers.

Les événements actuels résultent de l’accord formellement conclu voici un peu plus d’un an entre les tenants de deux causes : l’indépendance du nord du Mali, largement désertique et historiquement dominé par les Touareg, et la volonté violente de soumettre l’Etat à une version radicale de l’islam. Ces deux tendances, consolidées par l’afflux de combattants rendus oisifs par la chute, en 2011, du dictateur libyen Kadhafi qui les avait mis à son service, alternent entre connivence et affrontement. Imprévisible, la durée de leur alliance actuelle va peser sur le sort du Mali.

La cause profonde de ces déchirements, que des milliers de civils maliens ont déjà payés de leur vie, réside dans l’impéritie de l’Etat malien et de son armée dont le haut degré de corruption fait le jeu des rebelles. L’impuissance de l’Etat, de longue date, à assurer la sécurité, la santé et à rendre la justice, son incapacité à associer pleinement les communautés du Nord au pouvoir, apparaissent comme les premiers facteurs de la prise de contrôle progressive des djihadistes. Il est plus que temps pour la France et pour la communauté internationale, qui ont longtemps fermé les yeux sur ces réalités, de tirer un bilan honnête de leur échec.

Mais les derniers responsables en date de la catastrophe sont les militaires putschistes maliens. Non contents de supprimer ou d’emprisonner les opposants, d’interdire les partis politiques et le travail des journalistes, ils ont financé des mercenaires russes et alimenté une dérive guerrière sanglante et sans issue, alors que seule une solution politique peut permettre de sortir le Mali de l’impasse.

u/typofil — 2 months ago
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La comparaison entre la Mauritanie et le Mali en ce mois d'avril 2026 est brutale. D'un côté, une Mauritanie qui s'impose comme le pôle de stabilité du Sahel, illustrant ce que France 24 décrit (15/04/2026) comme une « relation apaisée » et pragmatique avec ses partenaires internationaux, dont la France. De l'autre, un Mali qui paie le prix fort de la rupture totale et du pari sécuritaire russe, avec un État aujourd'hui fragmenté après la chute de Kidal et la déstabilisation du cœur du pouvoir à Bamako.

https://www.france24.com/fr/afrique/20260415-france-mauritanie-mod%C3%A8le-relation-apais%C3%A9e-entre-paris-ancienne-colonie

Qu'en pensez-vous ?

  • Le Mali dispose-t-il encore d'un appareil d'État assez cohérent pour opérer un virage vers le "renseignement et la prévention", piliers du succès mauritanien, après des années de stratégie de force brute ?
  • Une normalisation des rapports avec Paris, les pays de la région, notamment la CI et les instances internationales est-elle acceptable pour une population malienne nourrie pendant cinq ans à la propagande russe de la rupture totale ?
  • Le "modèle mauritanien", qui concilie identité islamique affirmée et partenariats sécuritaires occidentaux, est-il une alternative viable face au projet de gouvernance des groupes issus de la rébellion et du JNIM ? Le JNIM notamment essaie d'acquérir de la respectabilité (évacuation pacifique des russes de Kidal), mais reste fondamentalement terroriste
  • La Russie laissera-t-elle le Mali pivoter vers ce modèle de stabilité ou cherchera-t-elle à maintenir une zone de chaos pour protéger ses derniers hubs logistiques et sa mainmise sur les mines ?
u/typofil — 2 months ago