
"De toute façon, vous allez vous en prendre plein la gueule toute votre vie, donc autant vous y habituer bande de morveux" ?
Face aux classes surchargées, aux plafonds qui fuient, aux profs en burn-out et aux établissements qui ressemblent parfois à des escape games sur le thème de l’amiante, le ministre de l’Éducation aurait enfin trouvé une solution : habituer les élèves à souffrir en leur tirant du LBD dans la gueule.
« De toute façon, vous allez vous en prendre plein la gueule toute votre vie, donc autant vous y habituer bande de morveux », aurait-il expliqué devant 38 élèves entassés dans une boite à sardine, dont trois assis sur un radiateur tiède et un quatrième officiellement scolarisé dans le couloir avec les rats.
Selon le ministère, améliorer les conditions d’apprentissage risquerait en effet de donner aux jeunes une vision complètement irréaliste de leur avenir. « Travailler dans un endroit plaisant ? Et pourquoi pas un salaire permettant de se loger pendant qu’on y est ? »
La nouvelle doctrine pédagogique serait donc très simple : préparer directement les enfants à la vie d’adulte française. Cantine dégueulasse pour s’habituer au sandwich industriel mangé devant Excel. Toilettes sans papier pour préparer aux gares SNCF. Prof absent pendant trois semaines pour comprendre le fonctionnement d’un service public en sous-effectif. Et température de 12°C en janvier afin de simuler leur futur appartement classé G à 1450 € par mois. Et en bonus, du LBD dans tes yeux pour ressembler à une gargouille de Notre-Dame quand tu seras adulte.
Une nouvelle matière devrait même apparaître au programme : « Résilience et ta gueule ». Les élèves y apprendront à travailler dans le bruit, accepter qu’on leur demande toujours plus avec toujours moins d’argent et répondre « merci monsieur » quand on leur explique que le problème vient surtout de leur manque d’efforts.
Le gouvernement se veut toutefois rassurant : ceux qui travaillent très dur pourront un jour sortir de cette galère, finir dans un bureau chauffé, avoir leur propre chauffeur et expliquer à leur tour aux gamins qui grelottent à 12°C que la précarité forge le caractère.
Source : La croûte