


La Bourse de Commerce à Paris et comment l’art devient un packaging de luxe. C’est triste.
Je suis allé voir ce qui se passe à la Bourse de Commerce je voulais voir comment ils avaient construit l’exposition autour de la photographie.
J’avais vu passer des trucs sur insta et en fait je suis hyper déçu par rapport à ce qui était annoncé. J’ai l’impression que les expos s’industrialisent dans la façon de se présenter. Je vais plus loin, il y a un manque de radicalité dans le choix des œuvres et un manque de philosophie en général.
Je m’explique:
Les portraits d’Irving Penn ont quelque chose d’assez fort. On est face à des visages, des expressions. Mais il y en a tellement que j’ai parfois eu l’impression de voir une succession d’images sans forcément comprendre ce qui justifiait leur présence ensemble.
Irving Penn occupe une place démesurée, avec près de 450 photographies. À ce stade, ce n’est plus seulement une question de qualité des images, mais de choix curatoriaux : pourquoi autant de place pour un seul photographe quand le sujet est censé raconter deux siècles d’histoire de la photographie ?
Y’a aucun fil conducteur dans la façon de présenter l’exposition. Franchement j’ai eu l’impression d’assister à de l’affichage pour l’affichage. De l’art présenté sous packaging « Macdonald » … c’est comme si ChatGPT était à l’œuvre.
Le contraste entre Irving Penn et Raymond Depardon aurait pourtant de quoi nourrir une vraie réflexion. D’un côté, des portraits de studio extrêmement maîtrisés et de l’autre, les paysages, les commerces et les lieux ordinaires d’une France en train de disparaître. Il y a matière à parler du regard, de la représentation sociale, du temps , de la mémoire.
Bon à part ça , l’architecte en chef de la bourse de commerce a fait un boulot monstre. C’est beau, très beau.