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« Ah donc maintenant on va s’en prendre à une femme parce que c’est la femme de… ? »
C’est exactement le genre de réflexions qu'on peut observer chez certaines personnes de gauche et qui évite le débat de fond.
Le sujet n’est pas que Léa Salamé soit une femme. Le sujet est qu’elle est journaliste sur le service public, qu’elle est la compagne d’un responsable politique engagé dans une campagne présidentielle, et que son exercice du métier fait déjà l’objet de nombreuses critiques déontologiques.
Le CJDM (avis 21-159) a déjà estimé qu’elle avait manqué au principe d’exactitude et de véracité dans une interview de Jean-Luc Mélenchon.
Acrimed a également consacré plusieurs articles à sa pratique journalistique, notamment :
- « Gauche inaudible : pour Léa Salamé, la fin justifie les moyens », qui critique une manière d’interviewer les responsables de gauche en privilégiant la mise en accusation et la recherche du clash et de la petite phrase plutôt que l’analyse des positions défendues.
- « Léa Salamé, archange médiatique des grands patrons », qui pointe un contraste entre la sévérité de ses interviews avec certaines personnalités de gauche et un traitement beaucoup plus accommodant envers les "représentants" du monde économique.
- « Salamé, Demorand, Duhamel & Cie : le grand braquage du service public », critique la concentration du pouvoir médiatique entre quelques figures devenues incontournables, dont Léa Salamé.
- « Le 20h de Salamé : l’info en mode zapping » et « Le 20h de France 2 en passe de gagner le concours Lépine des micro-trottoirs », qui critiquent un traitement de l’information davantage tourné vers le spectacle et la réaction immédiate que vers l’explication (notamment sous l'angle du maintient de l'ordre lors du mouvement Bloquons tout).
Ces critiques existent et elles portent sur sa manière d’exercer son métier. Donc réduire toute critique de Salamé à « vous attaquez une femme parce qu’elle est la femme de quelqu’un » est une manière de déplacer le débat. La question n’est pas son identité, mais son rôle de journaliste, son traitement de l’information et les exigences liées au service public.
C’est le même réflexe qu’on a pu observer dans d’autres polémiques récentes comme celle autour de Barbara Butch. Avant même de discuter les faits ou les arguments, le débat est directement ramené à l’identité de la personne concernée.
Une identité ne devrait pas être un argument d’autorité qui protège de toute critique politique.