La culture de la plainte permanente m'épuise de plus en plus
Je vais pousser un petit coup de gueule parce que ça commence à me fatiguer.
Tous les midis, je mange avec des collègues à la pause. Et tous les jours ou presque, c’est le même rituel : la plainte sur la nourriture. "C’est pas assez cuit", "c’est fade", "les carottes sont dures", "y a rien de bon"… alors qu’on parle d’un repas complet, subventionné par l’entreprise, avec entrée, plat et dessert pour un prix franchement dérisoire.
On ne parle pas de gastronomie étoilée, ok. Mais on parle de repas parfaitement corrects, accessibles, et surtout disponibles sans effort. Et malgré ça, ça râle comme si on servait de la nourriture de prison. Franchement, à force, ça donne l’impression d’entendre des enfants gâtés plutôt que des adultes.
Ce qui me dérange le plus, ce n’est même pas la critique en soi. C’est l’absence totale de recul. Le fait de considérer comme normal d’avoir mieux, toujours mieux, sans jamais se dire que ce qu’on a déjà est objectivement une chance énorme.
J’ai voyagé dans des endroits où certaines personnes n’ont même pas un repas par jour assuré. Parfois un seul repas, pas bon, pas équilibré, mais mangé avec soulagement parce que l’objectif c’est juste de ne pas avoir le ventre vide. Et quand on a vu ça, difficile de ne pas relativiser.
En France, on oublie vite à quel point le simple fait de manger correctement deux ou trois fois par jour est déjà un confort immense. Et je trouve qu’on glisse de plus en plus dans une culture de la plainte permanente, même pour des détails.
Tout n’est pas parfait, évidemment. On peut toujours critiquer la qualité, demander mieux, améliorer les choses. Mais il y a une différence entre vouloir mieux et ne plus savoir apprécier ce qu’on a déjà.
Et à force d’entendre râler en continu pour des broutilles, j’en arrive juste à une chose : je préfère manger seul dans mon coin.